Déçu par la conférence de presse d’Olivier Véran, le sénateur apparenté au groupe socialiste, ancien rapporteur de la commission d’enquête sénatoriale sur la crise sanitaire, estime que le mode de gestion reste « vertical » et « secret », et qu’il accroît par conséquent la « censure entre le gouvernement et les gens ».
Conseil de défense : Bernard Jomier reproche au gouvernement de se « réfugier derrière le secret »
Déçu par la conférence de presse d’Olivier Véran, le sénateur apparenté au groupe socialiste, ancien rapporteur de la commission d’enquête sénatoriale sur la crise sanitaire, estime que le mode de gestion reste « vertical » et « secret », et qu’il accroît par conséquent la « censure entre le gouvernement et les gens ».
Par Public Sénat (propos recueillis par Q. Calmet et J. Dupriez)
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Les présidents des groupes parlementaires ont été à nouveau reçus par Matignon. « Aucun chiffre n’a été transmis en amont de cette concertation, ce n’est pas de la transparence », regrette le sénateur (apparenté au groupe socialiste) Bernard Jomier. Les groupes socialistes des deux chambres avaient en effet demandé dans la matinée les modèles épidémiologiques au Premier ministre. L’ancien corapporteur de la commission d’enquête covid-19 du Sénat estime que le gouvernement devrait au contraire donner davantage d’éléments. « La transparence serait de dire quels sont les différents scénarios discutés en Conseil de défense […] et sur quoi ils reposent », a estimé le sénateur, médecin de profession, à l’issue de la conférence de presse Olivier Véran.
Le ministre de la Santé, qui répondait à un journaliste, a estimé que ces échanges n’avaient pas vocation à quitter cette enceinte confidentielle, évoquant une « hygiène de fonctionnement ». « Je crois que c’est assez grave car ça révèle quel est le mode de gestion de la crise. Il est toujours vertical, il est toujours secret, il est toujours, relativement au fond, autoritaire, et l’erreur profonde c’est que ça aggrave la césure, la cassure, entre les gens et le gouvernement », alerte Bernard Jomier. « Lutter contre cette fracture, c’est dire les choses et non pas se réfugier derrière le secret. »
Le sénateur ne nie pas que la situation est « compliquée », mais regrette que le gouvernement avance de manière solitaire. « On peut lui reprocher de vouloir faire tout seul […] Le résultat, c’est qu’il se retrouve en difficulté et qu’on en paiera tous, le prix. »
Également interrogée en amont de la rencontre entre le Premier ministre et les parlementaires, la sénatrice RDSE Véronique Guillotin considère elle aussi que les décisions à prendre « ne sont pas simples », mais fait le malheureux constat que le « gouvernement navigue à vue ». Elle juge qu’il sera « inévitable de prendre des mesures ». « Son cœur de médecin » lui fait également dire que le reconfinement sera incontournable. Mais il « faudra l’adhésion de la population », met-elle en garde. Elle appelle également le gouvernement à « accélérer » la campagne de vaccination, en l’ouvrant dès à présent aux soignants.
Les sénateurs du groupe PS du Sénat ont modifié leur règlement intérieur. Patrick Kanner, à la tête du groupe, était menacé en cas d’adoption du principe de non-cumul dans le temps, proposition finalement rejetée. Mais l’ancien ministre, qui pourra se représenter en octobre prochain, après les sénatoriales, se retrouve contesté en interne.
Le ministre de l’économie et des finances Roland Lescure a annoncé ce mercredi 8 avril que le Premier ministre allait détailler dès demain la feuille de route du gouvernement pour lutter contre le vol des données de l’État. Fermeture des sites obsolètes, authentification à double facteur… le ministre a déjà dessiné quelques pistes à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.
Mercredi matin la commission des lois du Sénat a adopté le projet de loi de justice criminelle porté par Gérald Darmanin. Les sénateurs ont toutefois restreint le champ d’application de la nouvelle procédure du « plaider-coupable » pour les crimes, une réforme, contestée par de nombreux barreaux.
Le ministre de l’Intérieur, accusé d’avoir voulu faire la promotion de l’islam après une prise de parole à la Mosquée de Paris, a reconnu avoir eu une formulation inappropriée. Interpellé au Sénat ce mercredi, Laurent Nuñez assure tenir « un discours de fermeté » à l’égard de l’entrisme religieux.