Constitution: Rugy compte sur le Parlement pour « regonfler » la copie gouvernementale
Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy (LREM), a assuré mercredi que le projet de loi constitutionnelle allait...

Constitution: Rugy compte sur le Parlement pour « regonfler » la copie gouvernementale

Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy (LREM), a assuré mercredi que le projet de loi constitutionnelle allait...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy (LREM), a assuré mercredi que le projet de loi constitutionnelle allait être "regonflé" et "renforcé" dans le débat parlementaire, concédant que "la majorité" ne pouvait "s'y retrouver" en l'état.

"Si on disait +le texte est à prendre ou à laisser tel quel+, la majorité de l'Assemblée, qui a travaillé, a fait des propositions, ne s'y retrouverait pas tellement", a admis M. Rugy devant l'Association des journalistes parlementaires.

Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a, lui, dénoncé mardi un "abaissement des pouvoirs du Parlement" en germe, en reprochant à Emmanuel Macron de ne pas respecter leur accord.

Selon le président de l'Assemblée, "il y a, en effet, un certain nombre de choses qui ne sont pas dans ce texte (envoyé au Conseil d’État avant le Conseil des ministres du 9 ou 16 mai, NDLR) alors que c'était des propositions qui étaient faites" lors de la consultation des responsables parlementaires par Édouard Philippe.

Selon une comparaison effectuée par l'AFP, ont notamment disparu "planification indicative chaque trimestre des travaux du Parlement", "possibilité que des services de l’État soient placés auprès du Parlement pour sa mission de contrôle" et "mise à disposition de la Cour des comptes".

Mais "il n'y a pas d'histoire de colère, c'est pas comme ça qu'on avance", a balayé le locataire de l'Hôtel de Lassay, au lendemain d'un article dans Le Parisien titré "François de Rugy en colère contre Edouard Philippe", qui a pu lui valoir des remontrances selon une source dans la majorité.

"Il n’est pas besoin d’élever la voix pour réclamer un +Parlement fort+: il suffit d’exercer le pouvoir constituant qui est le sien", a-t-il ajouté sur son site dans la soirée, dans ce qui peut se lire aussi comme un coup de griffe à l'égard de M. Larcher. "Le coup de collier est à mon sens plus efficace que les coups d’éclat", glisse-t-il encore.

"La balle est dans le camp du Parlement" et "elle sera renforcée, regonflée, pas amoindrie ou chiffonnée", a lancé en conférence de presse cet élu de Loire-Atlantique (issu des rangs écologistes). "Ce qui m'intéresse, c'est l'action", a-t-il martelé.

Et d'ajouter: "Nous ne sommes pas dans une bataille entre l'exécutif et le législatif - à qui prendra quelque chose à l'autre - nous sommes dans l'optique d'enrichir, rajouter, compléter le texte du gouvernement".

Il a estimé que "le président du Sénat ne s'est pas mis en position d'être celui qui bloquerait la réforme institutionnelle, et beaucoup de sénateurs sont dans cet état d'esprit malgré des consignes de parti", allusion au patron de LR Laurent Wauquiez.

A ses yeux, "on a fait beaucoup de chemin", même si c'est "un peu lent", et "il y a une voie de passage vers un texte commun adopté dans les mêmes termes" par les deux chambres, puis aux 3/5e des suffrages exprimés en Congrès.

Dans la révision, M. de Rugy souhaite, pour davantage d'"efficacité" de la procédure législative, un "délai de dépôt des amendements" imposé également au gouvernement, et un temps de parole des ministres "limité".

En outre, il veut réintroduire l'idée que "le gouvernement donne une ou deux fois par session parlementaire son programme législatif", et accroître le nombre de commissions parlementaires de 8 à 12-15.

Interrogé sur une mainmise accrue de l'exécutif sur l'ordre du jour, il a plaidé pour arrêter la "fiction" d'un ordre du jour partagé et suggéré d'inscrire prioritairement dans certaines semaines les initiatives parlementaires.

Un groupe de travail députés-sénateurs sur le numérique, s'appuyant sur une consultation citoyenne, va être créé en mai en vue d'éventuels amendements à la réforme constitutionnelle (protection des données personnelles, égalité d’accès aux réseaux, droit d’accès aux documents publics).

Parmi d'autres pistes d'amendements, M. de Rugy suggère sur son site de "renforcer les garanties de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes".

Partager cet article

Dans la même thématique

Constitution: Rugy compte sur le Parlement pour « regonfler » la copie gouvernementale
3min

Politique

Hausse de TVA sur les abonnements de Canal+ : la ministre de la Culture « vigilante sur les conséquences de cette évolution » pour le financement du cinéma français

Auditionnée dans le cadre du budget 2027, la ministre de la Culture, Catherine Pégard est revenue sur une mesure polémique qui vise à doubler le taux de TVA de 10 % sur les abonnements aux télévisions payantes comme Canal +. Une disposition rejetée par les députés et qui pourrait subir le même sort au Sénat car elle pourrait se répercuter sur le financement du cinéma français, comme avait prévenu le patron de Canal +, Maxime Saada.

Le

2026 Municipal Elections – Vote Counting – Lyon
6min

Politique

Election présidentielle : pourquoi les dates choisies font débat ?

Raphaël Glucksmann s’interroge à son tour sur les dates de l’élection présidentielle, fixées les 18 avril et 2 mai, soit le lendemain du 1er mai, où les syndicats défilent. Il rejoint les critiques déjà formulées par le candidat LR, Bruno Retailleau, et Louis Aliot, vice-président du RN. Mais le gouvernement n’entend pas changer le calendrier.

Le

Rochette
6min

Politique

« Je n’ai jamais signé chez Edouard Philippe » : le sénateur Pierre-Jean Rochette quitte le groupe Les Indépendants, à majorité Horizons

« Je pars en amitié, sans amertume », assure le sénateur de la Loire, Pierre-Jean Rochette, qui ne voulait pas paraître affilié à Edouard Philippe, à l’approche de la présidentielle, en restant dans un groupe à majorité Horizons. Il siège maintenant chez les non-inscrits, aux côtés du seul sénateur LFI.

Le