Convoi de la liberté interdit à Paris : la Préfecture de police rajoute de « l’huile sur le feu », alerte Loïc Hervé
« J’ai peur que le ras-le-bol dans le pays recrée les conditions du mouvement des gilets jaunes », met en garde le sénateur centriste Loïc Hervé, au moment où la Préfecture de police de Paris interdit le « convoi de la liberté » dans la capitale. Il demande au « Président de se mettre en mode écoute ».

Convoi de la liberté interdit à Paris : la Préfecture de police rajoute de « l’huile sur le feu », alerte Loïc Hervé

« J’ai peur que le ras-le-bol dans le pays recrée les conditions du mouvement des gilets jaunes », met en garde le sénateur centriste Loïc Hervé, au moment où la Préfecture de police de Paris interdit le « convoi de la liberté » dans la capitale. Il demande au « Président de se mettre en mode écoute ».
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Alors que des milliers d’opposants au passe vaccinal ont annoncé sur les réseaux sociaux vouloir « rouler sur Paris » dans des « convois de la liberté », inspirés par le mouvement des routiers canadiens qui bloquent le centre de la capitale Ottawa, la Préfecture de police de Paris a décidé d’interdire le rassemblement annoncé vendredi à Paris. La préfecture, dirigée par Didier Lallement, a donné « des consignes de fermeté » pour faire respecter l’arrêté d’interdiction, qui court de vendredi à lundi. Un dispositif spécifique empêchera les blocages d’axes routiers.

« Je dis au gouvernement de faire attention »

Interrogé ce jeudi sur Public Sénat sur cette décision, le sénateur UDI Loïc Hervé met en garde le gouvernement. « J’ai peur que le ras-le-bol dans le pays recrée les conditions du mouvement des gilets jaunes. Il y a le prix du carburant, la cherté du coût de la vie. Il y a aussi le ras-le-bol de ces mesures sanitaires qui ne sont plus comprises », estime le sénateur de la Haute-Savoie. « Je respecte la liberté d’expression des personnes. Moi, je n’ai jamais choisi d’aller dans la rue pour me battre contre le passe sanitaire et vaccinal. Mon combat est ici », dit cet opposant de la première heure à ces deux mesures. « Le préfet de police, c’est son travail de faire en sorte qu’il n’y ait pas de débordement », souligne-t-il, mais « attention. Vous vous rappelez à l’époque des gilets jaunes. On a dû envoyer les parlementaires sur le terrain, demander aux maires de mener le grand débat, pour faire descendre la pression », rappelle Loïc Hervé.

Le sénateur continue : « Je dis au gouvernement de faire attention et de bien se mettre en mode écoute, dans ce qui se passe dans le pays, y compris sur ce qui n’est pas du sanitaire, mais aussi l’économique et le social. Car les élections sont dans pas longtemps. Il ne faudrait pas avoir un pays apaisé sur le plan sanitaire pour avoir une forme de Bronx économique et social. Donc le Président doit se mettre en mode écoute. Et l’annonce du préfet de police est de nature à rajouter un peu d’huile sur le feu », alerte le sénateur centriste.

Passe vaccinal : « On va libérer les Français d’une contrainte, comme par hasard, à quelques semaines de la présidentielle »

Loïc Hervé s’étonne aussi des propos, mercredi, devant le Sénat, du « Monsieur vaccin » du gouvernement, Alain Fischer, qui a évoqué la fin du passe vaccinal « d’ici la fin mars » ou « début avril ». « Je me réjouis de cette perspective. Je pense qu’on peut même le lever beaucoup plus tôt, car son annonce était politique. L’annonce de sa suppression est également politique. Tout ça est cousu de fil blanc. On va libérer les Français d’une contrainte, comme par hasard, à quelques semaines de la présidentielle », pointe Loïc Hervé, « il y a une espèce de feuilletonnage en vue de la levée des restrictions avant la présidentielle ».

Alors que certains LR ont aussi pointé des arrière-pensées électorales, Loïc Hervé rappelle au passage que « les LR ont voté le passe vaccinal. Ils peuvent donner des leçons, mais… […] ils pourraient avoir une position beaucoup plus cohérente et beaucoup plus continue depuis le début. C’est dit. C’est important de ne pas refaire le match après qu’il a eu lieu ».

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