Coronavirus : échange musclé entre le sénateur LR de l’Oise Jérôme Bascher et Laurent Nuñez
Un échange très tendu a opposé le sénateur LR de l’Oise, l’un des principaux foyers de développement du Covid-19 en France, au secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le premier a dénoncé une forme d’ «impréparation», le second lui a reproché des «propos indignes».

Coronavirus : échange musclé entre le sénateur LR de l’Oise Jérôme Bascher et Laurent Nuñez

Un échange très tendu a opposé le sénateur LR de l’Oise, l’un des principaux foyers de développement du Covid-19 en France, au secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le premier a dénoncé une forme d’ «impréparation», le second lui a reproché des «propos indignes».
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La fièvre est montée pendant les Questions d’actualité au gouvernement. Dès le début de son intervention, le sénateur LR de l’Oise Jérôme Bascher a ironisé sur l’absence du ministre de la Santé sur les bancs du gouvernement. « Ma question s’adresse à M. Véran, il doit être confiné… » L’Oise est le foyer le plus important en France de personnes atteintes du coronavirus Covid-19. Dans neuf communes, les déplacements sont limités.

Très remonté contre ce qu’il nomme une « désorganisation » à l’œuvre dans les communes de l’Oise, le sénateur LR a dénoncé une « impréparation » de la part des autorités face à cette crise sanitaire. « On improvise », s’est exclamé Jérôme Bascher au sujet des fermetures d’écoles, ou encore de la distribution des masques à destination des professionnels de santé. Dix millions de masques, issus des stocks stratégiques de l’État, ont commencé à être envoyés dans les pharmacies, a annoncé hier le ministre de la Santé. Une décision tardive selon le sénateur. « Vous avez oublié les premiers de cordée : ce sont les médecins libéraux, les hospitaliers, les infirmiers, les pompiers, les visiteurs d’Ehpad, les visiteurs à domicile ! »

« Vous portez la responsabilité, Monsieur le sénateur, d’avoir rompu ce consensus »

C’est Laurent Nuñez, qui a pris la parole pour la réponse du gouvernement. Rabattant le micro brutalement, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur a été échauffé par les « propos indignes » du sénateur, selon ses mots. « Je crois qu’il ne faut pas rompre un consensus […] Vous portez la responsabilité, Monsieur le sénateur, d’avoir rompu ce consensus », a répliqué sèchement le ministre. « Je ne peux évidemment pas vous laisser parler d’une impréparation de la crise que nous vivons, de l’épidémie que nous vivons ! »

Après la réunion d’un Conseil de défense à l’Élysée ce matin, le secrétaire d’État a indiqué qu’il avait appelé les élus du département pour leur « expliquer les mesures », « dans la plus grande transparence ».

« On ne va pas parler d’indignité, nous sommes sur le terrain comme vous », a réagi le sénateur dans sa réplique. « Le préfet fait le travail. Il est d’ailleurs contaminé, preuve qu’on n’a pas fait assez pour les premiers de cordée ! » En réalité, le représentant de l’État ne fait l’objet que d’une mesure de précaution. Il est à l’isolement depuis dimanche, après avoir côtoyé le maire de Crépy-en-Valois, testé positif au coronavirus.

Jérôme Bascher évoque une commission d’enquête

Le sénateur a également prévenu le gouvernement que le Parlement contrôlerait la gestion de la crise, « via une mission d’enquête ». Un quart d’heure avant, sa collègue socialiste du même département, Laurence Rossignol, interrogeait le ministère des Armées sur le rôle de la base militaire de Creil, dans la diffusion départementale du virus.

Interrogé sur l’éventualité de reporter les élections municipales des 15 et 22 mars, et sur les risques encourus par les bénévoles des bureaux de vote, Laurent Nuñez a répété, comme la porte-parole du gouvernement à l’issue du Conseil des ministres, que ce n’était « absolument pas à l’ordre du jour aujourd’hui ». « Il n’y a pas de risque sanitaire identifié à ce stade », a-t-il insisté. « Il n’y a pas de risque à se rendre dans un bureau de vote, où les personnes votent de manière très espacée. Il y a un généralement un mètre d’espacement dans une file ». Des échanges doivent s’ouvrir dans les prochains jours avec les associations d’élus, dont l’Association des maires de France (AMF), pour décider d’éventuelles mesures prophylactiques.

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