Coronavirus : les responsables politiques continuent de faire bloc derrière l’exécutif
Réunis une deuxième fois devant le gouvernement, les chefs de parti ou de groupes parlementaires ont fait part de leurs interrogations et de leurs propositions dans la lutte contre la propagation du Covid-19. Le ton de la plupart des oppositions reste mesuré, par esprit de responsabilité.

Coronavirus : les responsables politiques continuent de faire bloc derrière l’exécutif

Réunis une deuxième fois devant le gouvernement, les chefs de parti ou de groupes parlementaires ont fait part de leurs interrogations et de leurs propositions dans la lutte contre la propagation du Covid-19. Le ton de la plupart des oppositions reste mesuré, par esprit de responsabilité.
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À quelques heures de l’allocution présidentielle aux Français et d’un nouveau Conseil de défense, le Premier ministre et le ministre et de la Santé ont une nouvelle fois invité les chefs de parti, les présidents des assemblées et les présidents de groupe parlementaire pour une réunion d’échange sur la gestion de l’épidémie de Covid-19 en France. La dernière entrevue de ce type remontait au 27 février, veille du déclenchement de la phase 2 de la stratégie nationale.

À leur sortie peu avant midi, la plupart des responsables politiques affichaient un relatif état d'esprit d’union derrière le gouvernement. À part à l’extrême droite, les critiques s’énoncent de manière retenue. « La réunion s’est passée dans un bon état d’esprit », a résumé le chef de file de la droite sénatoriale, Bruno Retailleau. Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste ne veut « chercher à aucun moment la polémique. « Dans des circonstances pareilles, il faut qu’il y ait une structure de commandement, une forme d’unité autour de cette parole. On suit, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de doutes. »

« Il y a un pari de confiance qu’il faut faire »

Pour Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, « Il y a un pari de confiance qu’il faut faire. Tâchons de faire passer la polémique politicienne après la sauvegarde commune ». « Il est très facile d’exploiter de manière politicienne et honteuse la peur. J’appelle à la confiance et à la cohésion », déclare, l’air grave, le sénateur PS Jean-Pierre Sueur.

Pour autant, certains partis ont jugé les réponses de la part du gouvernement insuffisantes sur le volet sanitaire. « Il n’y a aucun élément précis sur la disponibilité des masques. On ne peut rien dire aux médecins qui nous interrogent », s’est agacée Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national. « Rassurer oui, mais minimiser non ! » Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan considère que la réunion a été « beaucoup moins productive » que la précédente. Christian Jacob, le président des Républicains estime qu’un « certain nombre de questions sont restées en suspens », comme les capacités dans les services de réanimation. « J’attends plus de précisions dans ce domaine », a résumé le député. Même sentiment sur ce point du secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel. « On a posé beaucoup de questions, on a eu moins de réponses. »

Certains, comme Julien Bayou, à la tête d’Europe Écologie-Les Verts, se demandent si la réponse à la détresse du personnel soignant n’est pas réservée au président de la République dans la soirée. « Il est fondamental que la réponse du pays soit à la hauteur vis-à-vis de nos hôpitaux »

Droite et gauche demandent un collectif budgétaire pour pouvoir intégrer de nouvelles dépenses

En deux semaines, les attentions se sont aussi portées sur la déflagration économique que générera l’épidémie au niveau mondiale, alors que les frontières se ferment et que l’activité des entreprises se grippe. Le ministre Bruno Le Maire appelle le pays à se préparer à un choc « massif, mondial et violent ». La droite tire la sonnette d’alarme : jusqu’à aujourd’hui, les annonces lui apparaissent insuffisantes. « Il y a obligation d’avoir un bouclier anti-crise beaucoup plus défensif », réclame Bruno Retailleau. Le sénateur demande des dégrèvements d’imposition pour les PME, un plan de relance budgétaire et un assouplissement des marchés publics, et un soutien massif pour les salariés victimes du chômage partiel.

« L’impression que donne la France, c’est d’être à la remorque », tacle Retailleau

Coronavirus : « L’impression que donne la France, c’est d’être à la remorque », tacle Retailleau
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Comme d’autres, il demande que 100 % du salaire net leur soit assuré et que ce type de chômage puisse intervenir au-delà de 1,5 Smic. Le ministre de l’Économie s’est dit ouvert au déplafonnement. Droite comme gauche appellent à une loi de finances rectificative très rapidement. « Il faut donner les moyens aux médecins », a insisté Olivier Faure. Beaucoup demandent à pouvoir s’affranchir du Pacte de stabilité et de la limite des 3% de déficit public. « Le président de la République devrait déjà s’être rendu à Berlin, comme Nicolas Sarkozy il y a 10 ans. L’impression que donne la France, c’est d’être à la remorque », a reproché Bruno Retailleau.

Les socialistes, les communistes et la France insoumise demandent un report du dernier volet de la réforme de l’assurance chômage, qui va pénaliser durement selon eux les professions les plus touchées par la crise : métiers du spectacle, de l’évènementiel, de l’hôtellerie-restauration. Sur ce point, tous considèrent que les réponses ont été évasives. « Il y a un état d’urgence sociale qu’il faut décréter immédiatement », a demandé Olivier Faure, appelant à se pencher aussi sur la question de la fin de la trêve hivernale.

Coronavirus : « Il y a un état d’urgence sociale qu’il faut décréter », demande Olivier Faure
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« Les municipales seront maintenues », selon Gilles Le Gendre

Quant au report des municipales, si cette question animait encore les discussions autour de la table il y a encore deux semaines, celle-ci semble désormais plus être un sujet, à trois jours du premier tour. « Les municipales seront maintenues. Aucune raison de différer les opérations municipales », a considéré Gilles Le Gendre, le président du groupe La République en marche, à l’Assemblée nationale.

« On prend peu de risques à aller voter en vérité », a appuyé l’écologiste Julien Bayou. « Les communes sont en situation de prendre les mesures de précaution pour que les élections se déroulent correctement », a assuré Christian Jacob, après les décisions prises par le ministère de l’Intérieur.

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