Corse : « Il faut définir ce que chacun entend par autonomie », souligne Jacqueline Gourault
La ministre chargée du dossier Corse était l’invitée de Territoires d’Infos, ce mardi. Esquissant les contours des futurs accords consécutifs à la victoire des nationalistes aux élections territoriales, Jacqueline Gourault reste prudente. Les dirigeants corses, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni sont reçus par le président du Sénat aujourd’hui.  

Corse : « Il faut définir ce que chacun entend par autonomie », souligne Jacqueline Gourault

La ministre chargée du dossier Corse était l’invitée de Territoires d’Infos, ce mardi. Esquissant les contours des futurs accords consécutifs à la victoire des nationalistes aux élections territoriales, Jacqueline Gourault reste prudente. Les dirigeants corses, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni sont reçus par le président du Sénat aujourd’hui.  
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Il faut définir que ce chacun entend par autonomie », prévient la ministre en charge du dossier Corse. Invitée de Territoires d’Infos ce mardi, Jacqueline Gourault a précisé les contours des négociations avec les dirigeants nationalistes corses. Fort de leur victoire aux élections territoriales et à quelques mois de la révision constitutionnelle, les nationalistes veulent faire entendre leurs revendications. Cette semaine les dirigeants nationalistes corses, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, enchaînent les rencontres. Ils étaient avec le Premier ministre lundi et s’entretiendront avec le président du Sénat et de l’Assemblée nationale mardi et mercredi. La rencontre la plus attendue reste celle prévue avec le président de la République. Le 6 février prochain, Emmanuel Macron se rendra en Corse pour la commémoration de l’assassinat du préfet Érignac.   

Jacqueline Gourault, surnommée Madame Corse, se veut confiante. Selon elle, les discussions avec l’exécutif corse sont apaisées.  « On a parlé de révision de la Constitution et notamment de l’article 72 qui va permettre le droit à la différenciation, il est possible qu’à travers ce nouveau droit et cette réforme constitutionnelle il y ait beaucoup d’avancées qui puissent se faire à travers cette modification », indique la ministre. La révision constitutionnelle prévue dans les mois à venir, sera un élément déterminant des négociations.

Fin de non-recevoir pour la co-officialisation de la langue corse

Co-officialisation de la langue corse : le gouvernement reste opposé
02:23

Jacqueline Gourault précise par ailleurs que cette même Constitution contrevient à certaines revendications. « Il est écrit dans la Constitution que le français est la langue de la République mais (…) nous sommes tout à fait prêts à répondre aux inquiétudes qui ont été exprimées », explique la ministre. Si les négociations restent ouvertes, quelques points sont d’ores et déjà tranchés. C’est aussi le cas des détenus corses incarcérés en métropole. « La garde des Sceaux a dit qu’elle étudierait au cas par cas la situation de ces détenus qui sont sur le continent. » Une position visiblement inflexible.

La spécificité de la Corse inscrite dans la Constitution : « La porte n’est pas fermée »

Inscription de la spécificité corse dans la constitution : « La porte n'est pas fermée », affirme Jacqueline Gourault
01:15

En ce qui concerne les autres sujets propres à ces négociations, la ministre ne s’est pas avancée. « Je ne peux pas vous donner le résultat aujourd’hui d’une discussion qui n’a pas encore commencé », se justifie-t-elle. De même pour la question de l’inscription de la spécificité corse dans la Constitution. « Peut-être que sous le mot autonomie on parle de la même chose, ce qu’il faut c’est définir ce que chacun entend par autonomie », déclare-t-elle. De façon lapidaire, Jacqueline Gourault indique que « la porte n’est pas fermée » pour ce qui concerne l’inscription de la spécificité corse dans la Constitution.  

Partager cet article

Dans la même thématique

Bruno Retailleau Presents AI Proposal for Presidential Campaign
9min

Politique

Présidentielle 2027 : « Bruno Retailleau propose une révolution copernicienne » dans laquelle « la Constitution ne serait plus le bouclier » qui protège les institutions, relèvent les juristes

Dans les colonnes du Figaro, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau fait de la révision de la Constitution une condition sine qua non pour « rendre la parole » au peuple français, en élargissant le champ du référendum « à toute question législative ». des juristes relèvent une volonté de la part du candidat d’encadrer les thèmes des référendums qu’il compte développer, mais également « un projet qui vise à dégrader l’impératif de protection des droits fondamentaux et des principes républicains ».

Le

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le