Couac au gouvernement sur les mesures annoncées en novembre : « C’est panique à bord ! »
Les sénateurs jugent sévèrement le gouvernement, qui en l’espace d’un après-midi, a annoncé l’annulation des mesures d’accompagnement pour la transition énergétique annoncées mi-novembre, avant de faire marche arrière.

Couac au gouvernement sur les mesures annoncées en novembre : « C’est panique à bord ! »

Les sénateurs jugent sévèrement le gouvernement, qui en l’espace d’un après-midi, a annoncé l’annulation des mesures d’accompagnement pour la transition énergétique annoncées mi-novembre, avant de faire marche arrière.
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C’est un rétropédalage qui fait désordre. Ce mardi, en milieu d’après-midi, Matignon annonçait qu’il revenait sur une partie des mesures qu’il avait annoncées le 14 novembre, avant le début de la mobilisation sur le terrain des Gilets jaunes. Dans son argumentation, il expliquait que l’extension à deux millions de foyers supplémentaires du chèque énergie, le doublement de la prime à conversion et le relèvement du barème kilométrique ne se justifiait plus, après l’abandon des hausses de taxes sur le carburant et le fioul. Une façon pour l’exécutif de réaliser une économie de 130 millions d’euros et de réduire le creusement du déficit, qui devrait s’aggraver de 10 milliards d’euros l’an prochain, en attendant de nouvelles pistes d’économies.

Finalement, trois heures après, le gouvernement est revenu sur sa décision, sous la pression de députés de la majorité. Ce revirement de dernière minute et ce cafouillage dans la communication gouvernementale a été accueilli avec stupéfaction au Sénat.

« Méfions-nous de ces annonces, de ces contre-annonces à un moment où il faut retrouver la confiance avec les citoyens », a réagi son président Gérard Larcher ce matin sur CNews, mettant en perspective le coût de cette décision. « On parle d’un coût de 10 milliards de déficit supplémentaire, le coût de la mesure annoncée est de 130 millions. Essayons de donner un peu de cohérence à tout ça. »

« Un remake du film Y a-t-il un pilote dans l’avion ? »

« C’est de l’amateurisme, c’est panique à bord », a considéré Marc-Philippe Daubresse, sénateur LR, sur notre antenne. L’ancien ministre, membre de deux gouvernements, sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, a expliqué n’avoir jamais rencontré pareille situation. « Les arbitrages étaient quand même très discutés […] C’était préparé, clairement. »

Couac du gouvernement : « C’est de l’amateurisme, c’est panique à bord », réagit Marc-Philippe Daubresse
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« On a le sentiment que le gouvernement joue un remake du film Y a-t-il un pilote dans l’avion ? », enchaîne le sénateur Roger Karoutchi. Son collègue Jean-François Husson, spécialiste du budget consacré à l’environnement et à l’énergie, enfonce le clou : « Aussi désolant qu'attristant. Un pouvoir déboussolé ».

Cité par Alain Houpert sur Twitter, le rapporteur général du Budget au Sénat, Albéric de Montgolfier, n’a pas non plus ménagé ses mots ce matin en réunion de commission des Finances, avant une nouvelle lecture du projet de loi de finances en séance. « La machine à claques est toujours ouverte. »

À gauche, cette séquence a aussi décontenancé les sénateurs. « Amateurisme, mépris ou affolement ? », s’interroge le sénateur socialiste Rachid Temal. Le sénateur de Paris Rémi Féraud, a, lui, encore en mémoire les couacs qui étaient reprochés au quinquennat de François Hollande. « Ils prenaient leurs prédécesseurs pour des incapables. Ils prétendaient gouverner avec compétence et efficacité. En réalité, leur amateurisme est impressionnant. »

« Et sinon on peut redevenir sérieux ? Le ridicule ne tue pas mais quand on en est là, vaut mieux changer de gouvernement », s’indigne la sénatrice communiste Cécile Cukierman.

Ce mercredi, à l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a tenté de rassurer la presse sur ce zig-zag (vidéo de tête), en expliquant qu'une « annulation et une annulation, c'est donc moins plus moins, ça fait plus ». Pas sûr que la démonstration suffise à convaincre et à rassurer les parlementaires.

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