Couvre-feu : « En Guyane, les résultats ont été probants » affirme le sénateur Georges Patient
Annoncé par Emmanuel Macron dans 9 grandes villes de métropole, le couvre-feu a déjà eu lieu ou est toujours en cours dans de nombreux territoires d’Outre-mer. Une mesure qui a parfois duré plusieurs jours d’affilée.

Couvre-feu : « En Guyane, les résultats ont été probants » affirme le sénateur Georges Patient

Annoncé par Emmanuel Macron dans 9 grandes villes de métropole, le couvre-feu a déjà eu lieu ou est toujours en cours dans de nombreux territoires d’Outre-mer. Une mesure qui a parfois duré plusieurs jours d’affilée.
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« Un couvre-feu (…) va s'appliquer à la région Ile de France, où le virus circule très activement, et à plusieurs métropoles à 8 métropoles, en plus de la région Île-de-France (…) Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Étienne et Toulouse (…) il se fera entre 21h00 et 6h00 du matin et il commencera à partir de ce samedi 0h00 » a donc annoncé, comme il était pressenti, le chef de l’État mercredi soir. La mesure durera 4 semaines. « Nous irons devant le Parlement pour pouvoir essayer de le prolonger jusqu'au 1er décembre » a-t-il précisé.

En effet, ce couvre-feu est adossé à la mise en place de l'état d'urgence sanitaire, un régime d'exception créé à l'occasion de l'épidémie de coronavirus et appliqué du 23 mars 2020 au 10 juillet 2020 (et jusqu'au 17 septembre pour la Guyane et Mayotte).

Cette disposition juridique exceptionnelle autorise le préfet, « lorsque l'évolution de la situation sanitaire le justifie et aux seules fins de lutter contre la propagation du virus », d'instaurer un confinement local et donc « interdire les déplacements de personnes hors de leur lieu de résidence ».

Au printemps dernier dans la plupart des territoires ultramarins, un couvre-feu a été mis en place. Son non-respect était également sanctionné d’une amende de 135 euros, hors dérogations comme le travail de nuit ou un motif de santé ou de famille impérieux. »

Guyane : « Dans l’ensemble il y a eu une adhésion de la population »

En Guyane, un couvre-feu de 21 heures et 5 heures du matin a été décrété dès le 24 mars. Au pic de l’épidémie, la mesure a même été durcie pendant 15 jours, passant de 17h à 5h du matin. « Le week-end, l’interdiction de circuler allait de 13H le samedi à 5H le lundi » rappelle Georges Patient sénateur LREM de Guyane. « Dans l’ensemble il y a eu une adhésion de la population. Les résultats ont été probants. Il y a actuellement peu de personnes en réanimation » précise-t-il. Depuis le 26 septembre le couvre-feu est allégé de minuit à 5H. Certaines villes en sont exemptées : Iracoubo, Montsinéry, Ouanary, Régina, Saint-Elie et Saül. Mardi 13 octobre, 12 cas positifs ont été enregistrés sur 311 tests réalisés. « Le préfet reste prudent et maintient le couvre-feu à partir de minuit comme à Cayenne, où dans certains quartiers chauds, il y a des personnes alcoolisées » note Georges Patient.

À Mayotte, « le couvre-feu n’a pas été facile à faire respecter »

Autre région durement frappée par le virus, Mayotte a eu également recours au couvre-feu lors du premier état d’urgence sanitaire. « Au début, ces mesures étaient éparpillées sur le territoire et pris dans l’illégalité par des maires » explique le sénateur LREM de Mayotte, Thani Mohamed Soilihi. Un arrêté de la préfecture instaure le couvre-feu le 24 mars jusqu’au 2 juin de 20 à 5h du matin. « Il n’a pas été facile à faire respecter par rapport aux conditions de vie de l’île. Il y a beaucoup de jeunes en déshérence dans une grande précarité. Le couvre-feu a été nécessaire ne serait-ce que pour une raison symbolique. Il fallait signifier à la population que nous ne sommes pas dans une situation normale » estime Thani Mohamed Soilihi. 118 nouveaux cas de Covid-19 ont été détectés entre le 3 et le 9 octobre sur l’île et 4 personnes sont en réanimation.

Guadeloupe : « Le couvre-feu a eu pour effet de réduire le nombre d’accidents de la route et les bagarres »

Dans les Antilles, la Martinique et la Guadeloupe ont eu recours à cette mesure d’exception. En Guadeloupe, le couvre-feu de 20H à 5h du matin avait été généralisé le 1er avril dernier avant d’être suspendu le 12 mai. « Dans un contexte favorable avec une faible circulation du virus et la fin du confinement, le préfet de Guadeloupe a décidé de suspendre le couvre-feu nocturne sur l'ensemble du territoire » avait tweeté la préfecture. Le couvre-feu avait bouleversé le week-end de Pâques, une fête très populaire en Martinique et en Guadeloupe. Du samedi 11 avril au mardi 14 avril, la mesure était valable jour et nuit.

« Le couvre-feu a été bien suivi car il y a eu un déploiement des forces de l’ordre sur les axes routiers ce qui a eu un effet très dissuasif. Dans le même temps, le couvre-feu a eu pour effet de réduire le nombre d’accidents de la route et les bagarres » relate Victoire Jasmin, sénatrice PS de Guadeloupe qui précise toutefois le dépôt par plusieurs organisations professionnelles de requêtes en référé liberté contre la mesure. Depuis l’été, le département est placé en alerte maximale « les élus sont partagées » sur le retour du couvre-feu. « Le préfet est réticent. Lors de la dernière réunion du comité de suivi, les chiffres étaient en améliorations » précise Victoire Jasmin.

Retour du couvre-feu en Martinique

En Martinique, le préfet a annoncé mercredi que les conditions étaient réunies pour que le couvre-feu s'applique sur l’île. Il discute, ce jeudi, avec les élus pour en définir les modalités. En effet, Les derniers chiffres font apparaître une situation considérablement dégradée depuis trois semaines. Auparavant un couvre-feu avait déjà été mis en place du 30 mars au 16 mai.

Enfin, en Polynésie, un couvre-feu avait été instauré du 27 mars au 15 avril de 20 heures à 5 heures.

 

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