Covid-19 à l’université : « Rien ne dit que les contaminations se fassent au sein des établissements », selon Frédérique Vidal
Invitée de l’émission Audition publique, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a affiché un ton résolument optimiste sur la situation des établissements, tant du point de vue sanitaire que pédagogique, malgré les inquiétudes croissantes des enseignants et des étudiants.

Covid-19 à l’université : « Rien ne dit que les contaminations se fassent au sein des établissements », selon Frédérique Vidal

Invitée de l’émission Audition publique, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a affiché un ton résolument optimiste sur la situation des établissements, tant du point de vue sanitaire que pédagogique, malgré les inquiétudes croissantes des enseignants et des étudiants.
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Les images d’amphithéâtres surchargés et de salles de cours bondées inquiètent les étudiants, à l’heure de la rentrée universitaire. D’autant plus que les données récentes de Santé publique France laissent apparaître que les écoles et les universités sont devenues les principaux lieux où des foyers de contamination à la Covid-19 ont été identifiés, devant les entreprises. Invitée de l’émission Audition publique, sur les chaînes parlementaires, en partenariat avec Le Figaro Live, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, a affirmé que la recrudescence des cas s’expliquait par des rassemblements en dehors du cadre pédagogique.

« Ce que l’on observe en réalité dans un certain nombre d’établissements, c’est que les clusters ne sont pas des clusters par promotion, ce sont des clusters par groupes d’amis. Et donc, en réalité, il y a détection de clusters au sein des établissements supérieurs : rien ne dit que les contaminations se fassent au sein des établissements », a-t-elle déclaré. Frédérique Vidal a assuré qu’il y avait « même probablement moins » de risques pour les étudiants d’être contaminés dans une université que « dans un bar le soir à boire un verre ».

Malgré les critiques des syndicats étudiants comme l’Unef, qui déplore l’impréparation de la rentrée et des disparités au sein de l’enseignement supérieur, l’ancienne présidente de l’université Nice Sophia Antipolis a répondu que les craintes n’avaient pas lieu d’être. « La question sanitaire est réglée par le fait que 100% des étudiants et des personnels ont un masque », a-t-elle martelé face aux interrogations de la présidente des députés PS, Valérie Rabault, sur les contradictions au sein d’un même établissement.

Frédérique Vidal a expliqué que le dédoublement s’organisait suivant une gradation progressive, insistant sur le caractère « extrêmement protecteur » du masque. Le syndicat d’enseignants SNESUP-FSU a épinglé de son côté les problèmes d’organisation dans les établissements « en grande difficulté en termes de locaux » et les inégalités territoriales dans la mise en œuvre des mesures de distanciation physique.

« Quelques dizaines » d’établissements fermés

Interrogée sur l’évolution de l’épidémie dans les établissements au niveau national, la ministre n’a pas pu fournir de statistique précise, précisant que les données étaient « extrêmement variables » d’un jour à l’autre. « C’est quelques dizaines », a-t-elle reconnu. Dans une communication du 13 septembre, le ministère avait recensé « plus d’une dizaine de clusters ».

Quant aux inquiétudes des professeurs sur le niveau de préparation de l’enseignement supérieur pour une dématérialisation des cours, Frédérique Vidal a, là aussi, balayé les critiques et assuré que tout était prêt. Les universités « y ont travaillé tout l’été », selon elle. Elle a rappelé que 5000 ordinateurs ont été achetés pour les étudiants et que 18 millions d’euros ont été mobilisés lors du confinement à cette fin, auxquels se sont ajoutés 21 millions d’euros supplémentaires au cours de l’été pour préparer les différents établissements pour l’enseignement à distance. « Si par hasard il y a des étudiants qui arrivent et qui ne sont pas équipés, il y a la possibilité de faire ce qu’il s’est passé pendant le confinement, c'est-à-dire de les accompagner et de les équiper », a-t-elle répondu.

Au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche, plusieurs syndicats se sont inquiétés des conditions dans lesquelles l’enseignement à distance allait se mettre en œuvre. Son utilisation n’est « pas du tout cadrée », se sont-ils fait l’écho.

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