Covid-19 : « La situation sanitaire est relativement encourageante », estime Karine Lacombe
Sur les chaînes parlementaires, la cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint Antoine (Paris) se montre optimiste sur l’état de l’épidémie actuellement en France. Elle souscrit à la liberté permise sur le port du masque, tout en appelant à ne pas faire preuve de stigmatisation et à garder à l’esprit les situations à risque.

Covid-19 : « La situation sanitaire est relativement encourageante », estime Karine Lacombe

Sur les chaînes parlementaires, la cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint Antoine (Paris) se montre optimiste sur l’état de l’épidémie actuellement en France. Elle souscrit à la liberté permise sur le port du masque, tout en appelant à ne pas faire preuve de stigmatisation et à garder à l’esprit les situations à risque.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La remontée du nombre de contaminations se poursuit, au moment où la France s’engage dans un nouvel allègement de taille des contraintes sanitaire avec la levée du passe vaccinal. Ce lundi, Santé publique France a fait état de 18 853 cas positifs en 24 heures, soit une augmentation de 30 % sur une semaine. Invitée ce lundi d’Audition publique, l’émission hebdomadaire de Public Sénat et LCP-Assemblée nationale en partenariat avec Le Figaro Live, la professeure Karine Lacombe s’est voulue cependant rassurante sur les chiffres actuels de l’épidémie. « On ne peut pas dire maintenant qu’on est au début d’une nouvelle vague », a-t-elle déclaré.

Interrogée sur la levée de certaines mesures sanitaires dès ce 14 mars, comme la fin de l’obligation du port du masque dans une série d’établissements recevant du public, la cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint Antoine (Paris) n’a pas émis d’objection. Elle a considéré que le contexte avait évolué par rapport à l’année dernière et que les mesures du jour ont été décidées avec un « faisceau d’indices » concordants, comme une couverture vaccinale haute dans le pays, des formes plus modérées de covid-19 avec la souche Omicron, ou encore l’apparition de traitements contre la maladie. « À partir du moment où il n’y a pas de formes graves, d’hospitalisations ou réanimations, ce n’est pas extrêmement inquiétant », souligne-t-elle. Et d’ajouter : « Maintenant, la situation sanitaire est quand même relativement encourageante. » Du côté des hospitalisations, elle note que le profil des personnes hospitalisées a changé, avec une majorité de personnes immunodéprimées ou de personnes âgées, avec des symptômes éloignés des signes cliniques de la forme classique du coronavirus.

Ce qui rend possible cette décision sur le masque, selon elle. « Je pense que oui, on peut l’enlever. Ce n’est pas une obligation. Les personnes qui se sentent à risque ont le droit de continuer à le porter. » Cette figure de l’AP-HP relève également que cette évolution permet de montrer que le port du masque n’était pas quelque chose de pérenne. « C’est important de saisir cette liberté, et de montrer que, non, on n’est pas dans une dictature sanitaire. »

« Ce n’est pas parce qu’il n’est plus recommandé de le porter qu’il est obligatoire de l’enlever »

La médecin s’inquiète cependant d’un risque de « stigmatisation » collective pouvant toucher les personnes qui feraient le choix de le conserver. « La liberté de porter le masque, il est très important de la garder […] Ce n’est pas parce qu’il n’est plus recommandé de le porter qu’il est obligatoire de l’enlever. »

Elle souligne au passage que le masque reste obligatoire dans les établissements de santé, mais aussi dans les transports en commun, notamment. « C’est indispensable de continuer […] Ce sont des endroits où cohabitent des personnes qui viennent de différents horizons, où on ne peut pas forcément retrouver les personnes avec qui on a été en contact. »

Karine Lacombe alerte également sur les situations à risque. « Quand on est dans un endroit clos, où l’on reste longtemps, avec des personnes d’horizons divers et où on ne peut pas avoir de renouvellement de l’air, il faudrait porter le masque », recommande-t-elle.

Quant aux soignants suspendus pour non-respect d’une vaccination au covid-19, elle a rappelé que la levée du passe vaccinal n’entraînait pas la fin de l’obligation de vaccin pour les soignants. Ce lundi marque par ailleurs l’ouverture d’une campagne d’une quatrième injection du vaccin pour les plus de 80 ans et les immunodéprimés. Faut-il élargir la quatrième dose de vaccin à l’ensemble de la population ? « En l’état actuel des connaissances, non », tranche la scientifique, qui recommande plutôt de concentrer l’effort sur la vaccination des plus fragiles.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie
6min

Société

 « On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie

Sur le projet de loi relatif à la fin de vie, qui devrait être définitivement adopté le 15 juillet, Gérard Larcher va déposer un recours pour vérifier la constitutionnalité des dispositions. Une procédure rare. Les sénateurs de la majorité sénatoriale de droite et du centre feront eux aussi leur propre saisine.

Le

French L1 football match between Olympique Lyonnais (OL) and Le Havre AC
4min

Société

Droits TV, LFP, rémunération des dirigeants : le Sénat et l’Assemblée tombent d’accord sur le texte encadrant le sport professionnel

La commission mixte paritaire sur la proposition de loi encadrant le sport professionnel qui s’est tenue ce mercredi a été conclusive. Députés et sénateurs se sont mis d’accord sur le plafonnement des rémunérations des dirigeants du foot français, avec des dérogations, ainsi que sur plusieurs mesures de régulation du secteur. L’interdiction de la multipropriété adoptée à l’Assemblée nationale a en revanche été écartée.

Le

Covid-19 : « La situation sanitaire est relativement encourageante », estime Karine Lacombe
9min

Société

Affaire Lyhanna : la commission d’enquête du Sénat se penche sur les défaillances de la procédure qui visait déjà Jérôme Barella

Les auteurs du pré-rapport d’inspection commandé après la mort de Lyhanna ont été auditionnés ce mercredi 8 juillet par la commission d’enquête du Sénat sur la mise en œuvre des politiques pénales. Ils sont revenus en détail sur les défaillances autour du traitement de la plainte pour viol qui visait déjà Jérôme Barella, le meurtrier présumé de la collégienne. Malgré cette procédure, ce dernier ne faisait l’objet d’aucune mesure d’instruction particulière.

Le