Covid-19 : une commission d’enquête XXL au Sénat
La commission d’enquête sénatoriale sur la gestion des pandémies en France au regard de la crise du covid-19 a officiellement été créée ce mardi. Avec un périmètre très large, elle se veut moins politique que celle de l’Assemblée Nationale.

Covid-19 : une commission d’enquête XXL au Sénat

La commission d’enquête sénatoriale sur la gestion des pandémies en France au regard de la crise du covid-19 a officiellement été créée ce mardi. Avec un périmètre très large, elle se veut moins politique que celle de l’Assemblée Nationale.
Public Sénat

Par Samia Dechir

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Son adoption ne faisait aucun doute. La proposition de résolution de Gérard Larcher créant une commission d’enquête sur la gestion des pandémies en France a été adoptée à l’unanimité ce mardi. C’est Alain Milon qui aurait soufflé l’idée au président du Sénat dès le début de la crise sanitaire. C’est donc lui qui présidera cette commission d’enquête hors normes. Théoriquement, une commission d’enquête est limitée à 21 sénateurs maximum. Celle-ci en comptera 36. Une exception justifiée par l’ampleur des questions à traiter. Car le périmètre des travaux s’annonce très large. Dans sa proposition de résolution, Gérard Larcher lui fixe trois missions principales. 

Il s’agira d’abord de connaître l’état de préparation de la France au moment où la pandémie de covid-19 a frappé son territoire. Les sénateurs vont donc auditionner tous les ministres de la santé des dix dernières années, ainsi que leurs directeurs généraux.

La Commission d’enquête se penchera aussi sur la manière dont le gouvernement actuel a géré cette crise sanitaire depuis janvier. Pénurie de masques, de tests, hydroxychloroquine… les polémiques n’ont pas manqué au plus fort de l’épidémie de covid-19. « Le rôle du Sénat est de déceler ces failles, ces insuffisances, pour les combler, les réparer, et surtout les prévenir » a prévenu Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat.

Commission d'enquête Covid-19: "Le rôle du Sénat est de déceler les failles" affirme Patrick Kanner
00:41

 

Deux semaines plus tôt, une autre commission d’enquête s’est créée à l’Assemblée Nationale. Elle aussi, est chargée de faire la lumière sur la gestion de l’épidémie de coronavirus par l’exécutif. Les députés ont déjà auditionné Jerôme Salomon, Didier Raoult, ou encore Agnès Buzyn. Des noms que l’on retrouvera sans doute au programme des auditions du Sénat. Pendant six mois, les deux chambres du Parlement mèneront donc chacune leur propre enquête sur la même crise. Des travaux parallèles, mais pas similaires, assure Alain Milon. A l’en croire, ceux du Sénat seront moins politiques. « Je ne souhaite pas que ce soit une commission qui entretienne la polémique. Je souhaite qu’elle soit plus orientée vers la science, vers les moyens futurs de lutter contre ce genre de virus ».

 

Commission d'enquête Covid-19: "Je ne souhaite pas qu'elle soit orientée vers la polémique" affirme Alain Milon
01:30

Une façon de se démarquer du travail mené à l’Assemblée nationale par le rapporteur LR Éric Ciotti. La personnalité clivante du député des Alpes-Maritimes donne à sa commission d’enquête une résonance très politique. « On ne va pas s’amuser à compter les masques », prévient le centriste Jean-Marie Vanlerenberghe. « Je ne suis pas juge dans un tribunal », renchérit le socialiste Bernard Jomier, futur corapporteur de la commission d’enquête.

Pas de chasse aux sorcières donc, les sénateurs disent vouloir avant tout proposer des pistes pour que la France soit mieux armée à l’avenir en cas de nouvelle pandémie. Des idées qu’ils iront aussi chercher à l’étranger. C’est le troisième objectif fixé par Gérard Larcher : comparer les choix de la France à ceux d’autres pays européens ou asiatiques en matière de santé. Un travail qui pourrait les mener en Allemagne, bien mieux dotée que la France en lits de réanimation.

 

(EDIT)  Les 36 membres de la comission d'enquête ont été désignés mercredi 1er juillet. Il s'agit de :Philippe Adnot, Éliane Assassi, David Assouline, Arnaud Bazin, Céline Boulay-Espéronnier, Emmanuel Capus, Laurence Cohen, Vincent Delahaye, Annie Delmont‑Koropoulis, Catherine Deroche, Jacky Deromedi, Marie‑Pierre de La Gontrie, Jocelyne Guidez, Annie Guillemot, Véronique Guillotin, Olivier Henno, Jean‑François Husson, Victoire Jasmin, Bernard Jomier, Muriel Jourda, Alain Joyandet, Roger Karoutchi, Martin Lévrier, Claude Malhuret, Michelle Meunier, Alain Milon, Olivier Paccaud, Angèle Préville, Didier Rambaud, Jean‑François Rapin, Damien Regnard, Jean‑Claude Requier, René‑Paul Savary, Jean Sol, Jean‑Marie Vanlerenberghe et Sylvie Vermeillet.

Partager cet article

Dans la même thématique

Emmanuel Macron chairs G7 leaders’ videoconference on economic impact of Iran war
3min

Politique

Guerre en Iran : Emmanuel Macron confirme le déblocage de 400 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques

Le président français s’est entretenu avec les représentants du G7, ce mercredi 11 mars, dans un contexte de guerre inflammable en Iran. A l’issue de cette réunion, il a confirmé le déblocage de 400 millions de barils de pétrole des réserves stratégiques par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en réponse au blocage du détroit stratégique d’Ormuz. Sur la Russie, il a précisé qu’« aucune sanction » ne serait levée à l’encontre du pays agresseur de l’Ukraine.

Le

Capture
5min

Politique

Municipales 2026 : A son tour, le PS accuse LR de « fusion par la base » avec le RN

Après la conférence de presse de Bruno Retailleau, au cours de laquelle il a présenté les « accords de la honte », ces alliances entre le PS et LFI pour les municipales, les socialistes lui ont rendu la pareille. Lors d’un exercice similaire ce matin, ils ont présenté des chiffres démontrant selon eux l’avènement d’une « fusion par la base » entre la droite et l’extrême-droite. Des données réfutées par LR, qui permettent difficilement de conclure à une collusion entre le parti et le RN, mais qui traduisent un glissement vers l’extrême-droite des militants de droite sur le terrain.

Le

Maire et echarpe tricolore
5min

Politique

Municipales 2026 : combien touche un maire dans l’exercice de son mandat ?

Les maires des 35 000 communes de France, ainsi que leurs adjoints, perçoivent une indemnité qui va de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros par mois selon la taille de la commune. L’immense majorité d’entre eux touche une rémunération qui ne dépasse pas les 2 000 euros net par mois. Explication.

Le