Création d’une commission d’enquête covid par l’exécutif : «C’est faire fi de la démocratie» selon Alain Milon
Invité de l’émission « Bonjour chez vous », le sénateur LR du Vaucluse Alain Milon estime que la création d’une commission d’enquête par le gouvernement serait « un geste anti-démocratique de première grandeur ». Le futur président de la commission d’enquête du Sénat sur la gestion du coronavirus ne s’interdit pas d’auditionner le Premier ministre.

Création d’une commission d’enquête covid par l’exécutif : «C’est faire fi de la démocratie» selon Alain Milon

Invité de l’émission « Bonjour chez vous », le sénateur LR du Vaucluse Alain Milon estime que la création d’une commission d’enquête par le gouvernement serait « un geste anti-démocratique de première grandeur ». Le futur président de la commission d’enquête du Sénat sur la gestion du coronavirus ne s’interdit pas d’auditionner le Premier ministre.
Public Sénat

Par Laure-Anne Elkabbach

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Alain Milon était l’invité de la matinale ce matin. Celui qui va présider la commission d’enquête du Sénat sur la gestion du covid-19, est très remonté contre l’exécutif : « Il y a beaucoup de phénomènes bizarres qui sont apparus ces derniers temps. Le premier, c’est la volonté exprimée, semble-t-il, du président de la République de mettre en place une commission d’enquête indépendante. C’est faire fi de l’indépendance du Parlement et c’est faire fi de la démocratie (…)  A priori, elle ne doit pas être mise en place. Le Parlement est libre. L’Assemblée nationale a sa propre commission d’enquête, le Sénat a la sienne. Il me semble que c’est largement suffisant ».

Pour Alain Milon, la liberté des parlementaires serait bafouée si une commission créée par l’exécutif était mise en place. « C’est un geste anti-démocratique de première grandeur et c’est un geste extrêmement surprenant de la part d’un président de la République ».

Le futur président de la commission d’enquête du Sénat sur la gestion du covid-19 ne s’interdit pas d’auditionner le Premier ministre : « Pourquoi pas ? Mais d’abord les ministres de la Santé ». Le professeur Didier Raoult pourrait l’être également : « Il n’est pas inintéressant d’auditionner Monsieur Raoult avec en face de l’Inserm. Ce serait plus intéressant qu’il y ait un vrai débat de scientifiques au niveau du Parlement ».

Un discours « orienté dans un seul sens »

Alain Milon a été choqué de la présence de parlementaires dans des manifestations contre les violences policières qui avaient été interdites : « À partir du moment où l’on est parlementaire, on doit respecter la Constitution, respecter ce que souhaite le gouvernement, respecter le confinement. Et donc ne pas participer à des manifestations interdites ».

Interrogé sur les déclarations de Christophe Castaner qui a promis « une tolérance zéro contre le racisme » au sein de la police et de la gendarmerie, Alain Milon a répondu : « Le discours de Monsieur Castaner, qui n’était pas mal sur la partie éthique de la police, a choqué beaucoup de policiers et beaucoup de nos concitoyens (…) À partir du moment où l’on demande l’éthique pour la police, on demande la même chose pour ceux qui sont en face de la police ». Et d’ajouter : « Le discours de Monsieur Castaner était orienté dans un seul sens ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the  Cour des Comptes in Paris
7min

Politique

Nouvel impôt sur la fortune, taxe sur les holdings, révision du Pacte Dutreil : les pistes de la Cour des comptes accueillies froidement par la majorité sénatoriale

Dans une note destinée à nourrir le débat public, la Cour des comptes préconise une légère hausse de la fiscalité du patrimoine via la création d'un nouvel impôt sur la fortune personnelle, une taxe sur les holdings ou encore la révision du Pacte Dutreil. Ces pistes sont destinées à répondre « au sentiment d'injustice, qui altère le consentement à l'impôt », mais vont à rebours de la position de la majorité sénatoriale pour qui le redressement de l'économie passe au contraire par un allégement de charges et la facilitation des transmissions des biens professionnels.

Le

Création d’une commission d’enquête covid par l’exécutif : «C’est faire fi de la démocratie» selon Alain Milon
2min

Politique

Primaire du PS : Boris Vallaud se dit « peiné et consterné du ton que prend cette campagne »

Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud a regretté les propos de Ségolène Royal concernant Raphaël Glucksmann. En attendant le premier tour le 9 octobre, le dialogue pourrait encore se tendre entre les cinq candidats, parmi lesquels figurent Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann.

Le