Crise des prisons : Belloubet auditionnée au Sénat ce jeudi
Après une visite à la prison de Fresnes, l’audition des syndicats de surveillants et des chefs d’établissements pénitentiaires, la commission des lois du Sénat auditionne la ministre de la Justice, Nicole Belloubet cet après-midi (à suivre en direct sur Public Sénat à partir de 16H15).

Crise des prisons : Belloubet auditionnée au Sénat ce jeudi

Après une visite à la prison de Fresnes, l’audition des syndicats de surveillants et des chefs d’établissements pénitentiaires, la commission des lois du Sénat auditionne la ministre de la Justice, Nicole Belloubet cet après-midi (à suivre en direct sur Public Sénat à partir de 16H15).
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’accord passé la semaine dernière entre le syndicat de surveillants majoritaire Ufap-Unsa et la chancellerie, a donné un peu de répit à l’exécutif. Mais les 34 millions d’euros débloqués pour les indemnités des surveillants, la création de 1.100 postes (pour 40 millions d'euros) et l'aménagement de 1.500 places (dont 450 prévus d’ici la fin de l’année) pour les détenus radicalisés dans des quartiers spécifiques étanches ne vont pas suffire à enrayer la surpopulation carcérale ni à assurer la sécurité des personnels.

C’est le message que vont porter cet après-midi, les sénateurs de la commission des lois lors de l’audition de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Mardi, après une visite de plusieurs sénateurs à la prison de Fresnes, ce sont les représentants des syndicats pénitentiaires qui ont été reçus à la Haute assemblée. Emmanuel Baudin, secrétaire général FO pénitentiaire, dont le syndicat n’a pas signé l’accord, a d’ailleurs tenu à préciser qu’il ne s’agissait que « d’un relevé de conclusions ». « Donc, ça n’engage en rien la ministre » estime-t-il.

Emmanuel Baudin FO pénitentiaire déplore l’absence de sens à la peine »
00:36

Mise à part une meilleure reconnaissance, qui passe par un changement de statut en catégorie B, le syndicaliste déplore « l’absence de sens à la peine ». « Dans les prisons, c’est l’oisiveté, c’est le trafic de drogue, c’est le caïdat, c’est le racket. Aujourd’hui, les détenus qui voudraient s’en sortir, sont quasiment contraints de rester enfermer dans leur cellule et de demander à leur famille de ne pas venir les voir au parloir (…) C’est pour ça qu’on demande une classification des établissements. Vous avez des détenus qui pourraient être dans des établissements où la sécurité serait moindre où il y aurait davantage d’activités de formation ».

« Certains surveillants nous disent qu’on forme des récidivistes en prison » confirme le président LR de la commission des lois, Philippe Bas,  avant d’enchaîner : « Nous avons tiré, au Sénat, la sonnette d’alarme, il y a plus d’un an. Nous avons voté une loi de programmation des moyens. Il est plus que temps que l’Assemblée nationale en soit saisie pour que nous puissions inscrire l’effort national pour la justice et les prisons dans une durée de 5 ans ».

En effet, le 24 octobre dernier, une proposition de loi de programmation, prévoyant la construction de 15.000 places supplémentaires de prison en cinq ans, la création de 8.000 emplois de surveillants, et la création de 500 postes dans les services pénitentiaires d’insertion et de probation, a été voté. « par les différents groupes du Sénat » tient à rappeler Philippe Bas.

Ce matin, ce sont les directeurs des établissements pénitentiaires qui ont été auditionnés à la commission des lois. Nicole Belloubet est attendue à 16H15.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Crise des prisons : Belloubet auditionnée au Sénat ce jeudi
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Crise des prisons : Belloubet auditionnée au Sénat ce jeudi
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le