Crise en Ukraine : « Tout ce qui concourt au dialogue est une bonne chose », affirme Christian Cambon
En déplacement à Moscou ce lundi 7 février pour rencontrer Vladimir Poutine avant une visite à Kiev, Emmanuel Macron est engagé dans une tentative diplomatique pour désamorcer les tensions aux frontières russo-ukrainiennes. Interrogé sur le sujet, le sénateur Christian Cambon salue l’initiative du chef de l’Etat.

Crise en Ukraine : « Tout ce qui concourt au dialogue est une bonne chose », affirme Christian Cambon

En déplacement à Moscou ce lundi 7 février pour rencontrer Vladimir Poutine avant une visite à Kiev, Emmanuel Macron est engagé dans une tentative diplomatique pour désamorcer les tensions aux frontières russo-ukrainiennes. Interrogé sur le sujet, le sénateur Christian Cambon salue l’initiative du chef de l’Etat.
Public Sénat

Par Louis Dubar

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La situation aux frontières de l’Ukraine inquiète l’Occident. L’armée Russe a massé et mobilisé depuis décembre 2021 plus de cent mille soldats en Crimée, dans le Donbass et en Biélorussie. D’après les services de renseignement américains, cette concentration de troupes et de matériels permettrait à la Russie de lancer une « possible » invasion à grande échelle. « Nous ne connaissons pas les intentions du Président Poutine, mais il est clair que la mobilisation des forces militaires russes est très inquiétante », expliquait Mircea Geoană, secrétaire général délégué de l’OTAN dans l’émission « Ici l’Europe ». Moscou dément toute attitude belliqueuse. Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov conditionnait la désescalade par la fin de l’extension de l’OTAN en Europe et la garantie que l’Ukraine n’entrera jamais dans l’alliance atlantique.

A Washington le 2 février, le Pentagone a confirmé le déploiement de 3 000 soldats américains en Europe de l’Est. Ce contingent s’ajoute aux 8 500 militaires placés en état d’alerte par le président Américain, Joe Biden le 24 janvier. Ces troupes de l’armée américaine pourraient être mobilisées et déployées en Europe en cas d’invasion de l’Ukraine dans le cadre de la force de réaction rapide de l’alliance atlantique, force composée de 40 000 soldats.

Dans cette atmosphère de tension, Emmanuel Macron est arrivé à Moscou pour un tête-à-tête avec son homologue russe, Vladimir Poutine. Une rencontre dont l’objectif est de calmer les tensions et négocier une désescalade entre le Kremlin et les pays occidentaux. Le président français s’est dit « déterminé et lucide » quant à la possibilité de parvenir à des résultats concrets. Il est nécessaire selon lui « de réduire le champ des ambiguïtés pour voir où sont les points de désaccord et les points de convergence possibles », en renforçant la « confiance ». Au Sénat, on espère également un dénouement positif « parce qu’une guerre dans cette région du monde aurait des conséquences néfastes pour tout le monde alors que nous sortons à peine de la crise du covid-19 », commente le sénateur Christian Cambon, président de la commission des affaires étrangères, invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous ».

Trouver une porte de sortie diplomatique à la crise

Plus mesurée que certains de ses partenaires et alliés davantage favorables à un renforcement du dispositif de défense de l’OTAN en Europe orientale, la France joue la carte du dialogue et de la diplomatie. « Le président avait créé au début de son quinquennat une forme de dialogue intéressante », souligne le sénateur LR. En mai 2017, Emmanuel Macron avait reçu en grande pompe Vladimir Poutine au château de Versailles pour réchauffer des relations franco-russes dégradées. Une position partagée également par le président de la commission des affaires étrangères, « nous avons pensé ici au Sénat qu’il fallait continuer de dialoguer avec les Russes. Ils ont toujours besoin de reconnaissance, de fantasmer sur la grande puissance mondiale qu’ils ont été, explique Christian Chambon. Tout ce qui concourt au dialogue est une bonne chose. »

Depuis Moscou, Emmanuel Macron rejoindra Kiev mardi, pour rencontrer le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Une visite « astucieuse » selon le sénateur, « l’Ukraine a aussi quelques progrès à faire pour faciliter le dialogue » et permettre la désescalade. Le sénateur Christian Cambon espère que « l’agitation diplomatique » créée par le président générera des résultats. Il ne faut « pas être uniquement dans le coup médiatique, de nombreuses initiatives ont été par le président et toutes n’ont pas abouti ». « Il faut que ce voyage entraîne quelques effets car les bruits de bottes s’intensifient. »

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le