"Gadget" pour certains, "bonus com" pour d'autres: Jean-Luc Mélenchon a épaté ses militants avec son hologramme à Aubervilliers quand il était au même moment en meeting à Lyon, symbole pour eux d'un candidat à la présidentielle "à la pointe de la technologie".
Dans l'interminable queue longeant le bâtiment des Docks de Paris, les militants impatients se demandent ce que va être un meeting de forme inédite.
Autour de ses copains de lycée, Philippe, 18 ans, plus opposé encore à "Marine Le Pen et son obscurantisme" qu'à Emmanuel Macron, juge que "l'hologramme, ça peut faire gadget, mais c'est surtout un moyen pour lui d'attiser les curiosités, de faire venir plus de personnes".
Et d'espérer que ce mode de communication "touche les gens, parce qu'on donne souvent l'image d'un Mélenchon archaïque alors que c'est celui qui utilise le plus la technologie".
Des sympathisants de Jean-Luc Mélenchon lors de son meeting, le 5 février 2017 à Chassieu, près de Lyon
AFP
Déjà dans la salle, avec son t-shirt "JLM", Jean-Luc, retraité de 69 ans, "loin de tout ça, car issu de la vieille génération", se pose des tas de questions techniques: "Peut-être qu'on va pouvoir lui serrer la main. Il va peut-être déambuler entre les rangées?" "Je ne sais pas si c'est comme quand on va au cinéma avec les lunettes 3D ou si c'est un ectoplasme qui va se déplacer dans la salle", lance cet ancien professeur d'éducation physique, qui espère que son candidat fera "barrage contre Emmanuel Macron" et sera rejoint par Benoît Hamon.
Désormais, la silhouette en 3D de Jean-Luc Mélenchon se promène sur la scène d'Aubervilliers.
- 'Pas fondamental mais amusant' -
Marc, la trentaine, qui a voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2012 et boit les paroles du candidat de La France insoumise sur l'éducation, espère que ce "gadget" aide à "convaincre chaque électeur". "Sa force, c'est d'utiliser d'autres canaux que les simples médias historiques", comme "sa chaîne Youtube", mais "le plus important, ce sont les idées, peu importe la forme."
Photo prise le 5 février 2017 à La Plaine Saint-Denis, près de Paris, de l'hologramme de Jean-Luc Mélenchon au même moment en meeting près de Lyon
AFP
A 450 km, à Lyon, là où Jean-Luc Mélenchon est lui, bien réel, Helène, intermittente du spectacle de 31 ans, confirme: "son utilisation d'internet est une très bonne méthode, ça lui permet de faire le commentaire de ce que les médias disent sur lui". Sa copine Camille, 27 ans, y voit "un bonus com". "Mais on serait venues quand même!".
Pour Bernard, ingénieur de 52 ans et ancien membre du Parti de gauche, l'hologramme "ça fait plus de monde qui vibre en même temps pour La France insoumise. Pas fondamental mais amusant".
A Aubervilliers, Gérard, 48 ans, qui a déformé une frite de piscine pour en faire un phi grec, logo de campagne de Jean-Luc Mélenchon, a jugé l'expérience "extraordinaire" et y a vu aussi un outil "pour bousculer un peu les autres candidats qui sont dans des méthodes plus traditionnelles".
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