Dans le Loir-et-Cher, Glucksmann ne veut pas opposer le rural à l’urbain
La tête de liste Place Publique/PS pour les élections européennes Raphaël Glucksmann a réfuté vendredi avoir un profil trop...

Dans le Loir-et-Cher, Glucksmann ne veut pas opposer le rural à l’urbain

La tête de liste Place Publique/PS pour les élections européennes Raphaël Glucksmann a réfuté vendredi avoir un profil trop...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La tête de liste Place Publique/PS pour les élections européennes Raphaël Glucksmann a réfuté vendredi avoir un profil trop urbain et appelé, lors d'un déplacement dans le Loir-et-Cher, à ne pas "opposer la ferme au Canal Saint-Martin", symbole bobo de Paris.

La réorientation des politiques de l'Union européenne que l'essayiste appelle de ses vœux est symbolisée par les deux lieux visités vendredi en compagnie de l'eurodéputée PS sortante Karine Gloanec Maurin, qui affirme figurer en 8e position sur la liste en l'état actuel des discussions.

D'abord la maison culturelle de Bégon, construite dans un quartier populaire de Blois grâce à 1,2 million d'euros venu des fonds de cohésion européens FEDER, puis une exploitation de cochons bio à autonomie alimentaire et énergétique à Azé, à l'autre bout du département.

"Il n'y a pas une problématique urbaine d'un côté et une problématique rurale de l'autre, il faut faire un territoire commun", a déclaré Raphaël Glucksmann à l'AFP.

Questionné sur son profil davantage urbain, il a expliqué: "Il ne faut pas opposer le canal Saint-Martin à la ferme. Les jeunes urbains qui manifestent contre le réchauffement climatique sont connectés aux agriculteurs bio, qui essaient de faire vivre une agriculture non destructrice de l'environnement et des hommes."

"Si on arrive à diffuser l'agriculture bio, c'est notre alimentation en ville qui va changer. Et si on change nos modes de consommations en ville, on va favoriser les producteurs, tout ça est lié", a insisté l'auteur des "Enfants du vide" (Allary, 2018).

M. Glucksmann a plaidé pour une "politique de ré-enracinement qui ne soit pas xénophobe": "Il faut sortir de l'idéologie hors-sol, qui était aussi la mienne, une vision du monde abstraite, déconnectée du territoire, de l'idée de frontière, de local, qui a abouti à la destruction de la planète et à la dissolution des liens sociaux".

Il a ainsi expliqué qu'élu député européen, il ne votera pas pour la nouvelle mouture de la PAC préparée par la Commission européenne, "renationalisée" et qui contient "une croissance minimale des subventions au bio" selon lui.

A contrario, le matin, il a mis en avant, avec la maison de Bégon, une Europe "girondine", "des territoires". L'"Europe des territoires" est également l'un des thèmes de la liste EELV conduite par Yannick Jadot, avec qui Place Publique a essayé de s'allier, en vain.

La liste pilotée par Raphaël Glucksmann est créditée de 5% à 6,5% dans les sondages récents.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dans le Loir-et-Cher, Glucksmann ne veut pas opposer le rural à l’urbain
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le