Dans les QG: joie d’En marche, calme plat chez LR, le FN mitigé et les « Insoumis » en « résistance »
Hurlements de joie mais refus de triomphalisme de La République en marche, ambiance morose au siège de LR où les militants n'étaient pas conviés...

Dans les QG: joie d’En marche, calme plat chez LR, le FN mitigé et les « Insoumis » en « résistance »

Hurlements de joie mais refus de triomphalisme de La République en marche, ambiance morose au siège de LR où les militants n'étaient pas conviés...
Public Sénat

Par Marie DHUMIERES avec les journalistes de l'AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Hurlements de joie mais refus de triomphalisme de La République en marche, ambiance morose au siège de LR où les militants n'étaient pas conviés, fierté locale mais déception nationale pour le FN, volonté de "résistance" chez Mélenchon: tour des QG de la soirée électorale dimanche.

Hurlements de joie au siège de La République en marche

Au QG du tout jeune parti d'Emmanuel Macron, La République en marche, donné largement en tête dans les sondages ces derniers jours, la cinquantaine de militants présents sur place étaient plutôt sereins en attendant les résultats, dans une ambiance plutôt studieuse - pas de buffet de prévu.

A 20H00, à l'annonce des résultats donnant REM largement en tête avec environ 33% des voix, des hurlements de joie ont tout de même retenti au siège du parti, dans le XVe arrondissement de Paris, puis de nouveau à l'annonce des projections des sièges que le parti pourrait obtenir à l'issue du second tour.

Devant les caméras ensuite, les militants font pourtant attention, comme leurs dirigeants, à éviter tout triomphalisme vu le fort taux d'abstention. Le défi, disent-ils, est de convaincre les Français d'aller voter dimanche prochain.

Calme plat chez Les Républicains

Aucune soirée électorale prévue chez Les Républicains: le siège du parti, rue de Vaugirard, dans le XVe arrondissement de Paris, était quasiment désert dimanche soir.

Des soutiens du ministre de l'Économie Bruno Le Maire et des journalistes attendent les résultats du premier tour des législatives, le 11 juin 2017 à Evreux
Des soutiens du ministre de l'Économie Bruno Le Maire et des journalistes attendent les résultats du premier tour des législatives, le 11 juin 2017 à Evreux
AFP

Les militants n'avaient pas été conviés et sur place les ténors semblaient résignés. Quand le chef de file LR pour les législatives, François Baroin, a pris la parole vers 20H30, seul sur l'estrade, il a longuement déploré l'abstention record, "jamais vue depuis 1958" et "reflet des fractures de la société".

Face au risque de concentrer les pouvoirs "dans un seul parti", LR, arrivé deuxième avec environ 20% des voix, espère une mobilisation en sa faveur au second tour.

Au QG de Marine Le Pen, applaudissements... puis silence

A Hénin-Beaumont quelque 200 militants, et une centaine de journalistes, sont réunis dans la petite salle Jacques Prévert où a été installé le QG de la cheffe du FN. A 20H00, à l'annonce des premières estimations des résultats nationaux (11% pour le FN) sur les télévisions, les applaudissements retentissent... avant de faire place au silence quand sont annoncées les projections du nombre de députés FN dans la prochaine Assemblée. "Un peu déçue", Marie-Christine Laversin, retraitée, espère qu'au second tour "les gens vont réagir et iront voter au lieu d'aller à la mer".

Quand Marine Le Pen arrive sur scène vers 20H30, ses militants l'accueillent aux cris de "on va gagner, on va gagner". Après avoir annoncé son score dans la circonscription - près de 45% des voix - elle se tait pour savourer l'explosion de joie chez ses militants, qui scandent son prénom. "C'est la récompense du travail qu'elle a accompli pendant plusieurs mois", se réjouit Marcel Plansque, retraité. "Si elle arrive à l'Assemblée elle pourra défendre ses idées et mettre du plomb dans la tête des gens au niveau de la discipline, du respect et de la sécurité", espère-t-il aussi.

Chez Mélenchon, "stress" et "résistance"

Dans la salle à moitié vide d'un vaste bâtiment des Docks du Sud à Marseille, une centaine de journalistes, une vingtaine de militants: malgré un petit orchestre violon-guitare-accordéon, l'ambiance est particulièrement calme, et un peu tendue avant l'annonce des résultats nationaux. "On stresse évidemment, après ce qui s'est passé au premier tour de la présidentielle", avoue une membre de l'équipe du candidat de la 4è circonscription des Bouches-du-Rhône.

Jean-Luc Melenchon (C), le 11 juin 2017 à Marseille
Jean-Luc Melenchon (C), le 11 juin 2017 à Marseille
AFP

"Résistance, résistance", crie un militant quand Jean-Luc Mélenchon, dont le score à Marseille n'est pas encore connu mais dont le parti est crédité de 11% des voix, arrive devant le pupitre de son QG phocéen, un peu après 20H30.

Le score est un peu décevant mais les militants restés sur place jouent l'indifférence, placent leurs espoirs sur le second tour le 18 juin. Certains, comme Baptiste Rixens, 31 ans, enseignant, se désolent: "J'ai l'impression que rien ne va changer".

"Ça reste positif parce qu'on part de zéro", estime Léo, 37 ans, infirmier. "En partant de zéro, tous les sièges qu'on prend sont une victoire".

Partager cet article

Dans la même thématique

Green party leaders attend Stephane Baly campaign rally in Lille
7min

Politique

Municipales 2026 : l’heure est à « l’introspection » chez les écologistes au lendemain de la perte de plusieurs grandes villes  

Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Annecy… les écologistes ont subi de nombreuses pertes aux élections municipales après leur percée de 2020. Le signe d’un parti qui peine, à l’inverse d’il y a six ans, à apparaitre comme une force motrice à gauche, à l’heure où les propositions écologiques locales sont reprises par ses adversaires, y compris à droite.

Le

Gregory Doucet,Municipal and metropolitan elections in Lyon Vote
6min

Politique

Municipales à Lyon : victoire à la Pyrrhus pour les écologistes, qui perdent la Métropole

La victoire de Grégory Doucet à Lyon a médiatiquement éclipsé la défaite des écologistes à la Métropole, alors que celle-ci dispose d’un budget et de compétences bien plus importantes. La droite conduite par Véronique Sarselli dispose d’une majorité confortable, si la coalition formée autour de Jean-Michel Aulas se maintient telle quelle.

Le

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027
7min

Politique

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027

Le parti fondé par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe à l’automne 2021 a remporté 17 villes de plus de 30 000 habitants aux élections municipales. Sa présence dans la France très urbaine est globalement stable, bien que marquée par la perte brutale de Nice, cinquième ville de France. Grâce à son maillage de petites villes, Horizons revendique une progression territoriale.

Le

Paris : Rachida Dati after the results of the first round of France s  2026 municipal elections of Paris
11min

Politique

« On a fait tout ce qu’il fallait faire pour perdre » : Rachida Dati, anatomie d’une cuisante défaite à Paris

ANALYSE – Rachida Dati a perdu son pari électoral dans la capitale, même si elle reste maire du 7e arrondissement. Entre les effets de bord de la loi PLM, qu'elle a elle-même soutenue, et les tensions locales avec Horizons et Renaissance malgré un passage au gouvernement, retour sur une campagne où la cheffe de file de la droite parisienne, réputée pour son franc-parler et sa détermination, semble avoir fini par se couper d’une partie de son électorat.

Le