Darmanin : le gouvernement se retranche derrière « le droit »
"Une mise en cause n'est pas une mise en examen": face à l'embarras suscité par une nouvelle plainte visant Gérald Darmanin, le...

Darmanin : le gouvernement se retranche derrière « le droit »

"Une mise en cause n'est pas une mise en examen": face à l'embarras suscité par une nouvelle plainte visant Gérald Darmanin, le...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

"Une mise en cause n'est pas une mise en examen": face à l'embarras suscité par une nouvelle plainte visant Gérald Darmanin, le gouvernement se retranche derrière la règle édictée par le Premier ministre voulant qu'un ministre puisse rester au gouvernement tant qu'il n'est pas mis en examen.

"Je suis concentré sur mon travail de ministre et rien ne me fera dévier", a assuré jeudi M. Darmanin à l'AFP, en marge d’une conférence sur la dépense publique organisée par la Fondation Concorde.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, déjà visé par une enquête pour viol, fait désormais l'objet d'une enquête pour abus de faiblesse après la plainte déposée par une femme mardi à Paris. Il a dénoncé "une nouvelle calomnie", assurant dans La Voix du Nord n'avoir "rien à (se) reprocher".

Edouard Philippe a appelé mercredi à respecter "la parole du plaignant comme la présomption d’innocence", réaffirmant "la même" position selon laquelle un ministre peut rester au gouvernement tant qu'il n'est pas mis en examen.

Lors de la révélation de la première plainte visant M. Darmanin, fin janvier, le Premier ministre et Emmanuel Macron avaient affiché leur soutien au jeune ministre issu de LR. Matignon avait alors fait savoir que M. Darmanin avait "toute la confiance" du Premier ministre.

Interrogé sur franceinfo jeudi, le député LREM Gabriel Attal a cependant refusé de voir une évolution de la position de l'exécutif: "Je pense que si le Premier ministre ne faisait plus confiance à Gérald Darmanin, Gérald Darmanin ne serait plus ministre ce matin", a-t-il dit.

"Je suis très heureux d’avoir de nouveau la confiance de M. le Premier ministre et du gouvernement", a d'ailleurs affirmé l'intéressé jeudi matin à l'AFP.

- Les ministres "sont au travail" -

Cette nouvelle procédure contre M. Darmanin a été rendue publique moins d'une semaine après l'offensive de Nicolas Hulot pour se défendre contre des rumeurs de harcèlement sexuel. Là encore, l'exécutif avait écarté toute démission du ministre de la Transition écologique, en l'absence de mise en examen.

"Est-ce que ça vient perturber le débat public ? Evidemment oui", a reconnu Gabriel Attal. Mais selon lui, "la question c'est +est-ce que les ministres peuvent agir ?+, la réponse est oui, ils agissent, ils sont au travail".

Porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée, Aurore Bergé a éludé sur France 2 une question sur sa confiance envers M. Darmanin: "je ne m'exprime pas sur des affaires en cours".

Le parti Les Républicains (LR) a réitéré mercredi son appel à la démission de M. Darmanin, "considérant que son maintien au gouvernement dans le contexte non plus d'une, mais de deux affaires qui le concernent apporte du discrédit et de la gêne dans son action ministérielle".

Pour Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, "il faut évidemment respecter la parole des plaignantes, et des douleurs qui peuvent être révélées dans le cadre de ces mises en cause, mais elles ne valent pas mise en examen". "Donc la règle elle est simple: c'est le droit, rien que le droit", a-t-il poursuivi jeudi sur Sud Radio pour justifier le maintien de M. Darmanin au gouvernement.

"S'il est mis en examen, la règle sera appliquée comme elle l'a toujours été", a-t-il ajouté.

"Quand on est un gouvernement qui se veut exemplaire, et qu'on l'a été sur la question de François Bayrou, Richard Ferrand, Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez, il faut que dans le cas des plaintes pour abus sexuel il ait la même attitude", a pour sa part considéré le patron des députés Nouvelle Gauche Olivier Faure.

Rappelant qu'on est sur des faits présumés "extrêmement graves", l'ex ministre PS Stéphane Le Foll a jugé lui que "c’est un problème politique à partir du moment où on passe du soupçon ou de la plainte, de la dénonciation, à quelque chose d’avéré".

Emmanuel Macron avait mis en garde mardi contre une "forme de République du soupçon" à propos des accusations d'agression sexuelle contre ses ministres, avant que la seconde procédure visant M. Darmanin ne soit révélée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
9min

Politique

« Elle est capable de tout, de balancer un scud » : la présence de Ségolène Royal dans la primaire PS va-t-elle rebattre les cartes pour Raphaël Glucksmann ?

Candidate à la primaire PS/Place Publique, Ségolène Royal va-t-elle bousculer le scénario où Raphaël Glucksmann serait désigné ? « Il y a deux lignes politiques différentes dans la primaire : celle de l’union de la gauche », défendue par Ségolène Royal, et celle « d’union avec le centre droit » de Raphaël Glucksmann, pointe le directeur de campagne de la candidate, Luc Carvounas. Un point commun avec Olivier Faure, qui pourrait faire sens en cas de second tour face au candidat Place Publique…

Le

Paris : Rassemblement Loi Intégrale et Lyhanna
5min

Politique

Loi intégrale : les 1,5 milliard d’euros annoncés par le gouvernement sont-ils à la hauteur des besoins revendiqués par les associations ?

Dans une tribune publiée mardi 15 septembre dans Le Monde, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé près de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles en 2027, auxquels s’ajouteraient 2,6 milliards d’euros pour la protection de l’enfance. Des montants que les associations jugent insuffisants pour financer l’ensemble des mesures prévues par la « loi intégrale ».

Le

Paris: Conference de presse Bruno Retailleau pouvoir d achat
4min

Politique

Budget : Bruno Retailleau demande au gouvernement le retour de la réforme des retraites

Sur franceinfo, le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau a développé un peu plus la ligne de responsabilité qu'il entend incarner en indiquant que sa famille politique allait demander le retour de la réforme des retraites dans le prochain budget. Une réforme que le gouvernement avait suspendue l'année dernière, dans le cadre d'un compromis avec les socialistes.

Le

Rachida Dati and Carlos Ghosn Face Corruption Trial in Paris
5min

Politique

Ouverture du procès pour corruption de Rachida Dati : retour sur l’affaire

Rachida Dati a-t-elle touché 900 000 euros pour soutenir les intérêts de Renault au Parlement européen ? L'ex-ministre de la Justice comparaît à partir de ce mercredi 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris dans un retentissant procès pour corruption et trafic d'influence, jugée avec l'ex-PDG de Renault-Nissan CV (RNCV), Carlos Ghosn, absent à son procès aujourd’hui, pour avoir perçu de l'argent du constructeur lorsqu'elle était eurodéputée.

Le