Débat : Parcoursup, le risque de la sélection ?
La nouvelle plateforme d’orientation des lycéens vers l’enseignement supérieur, dont le cadre législatif est examiné au Sénat, est loin de faire l’unanimité. Sénateurs et syndicats ont confronté leurs argumentaires dans Sénat 360.

Débat : Parcoursup, le risque de la sélection ?

La nouvelle plateforme d’orientation des lycéens vers l’enseignement supérieur, dont le cadre législatif est examiné au Sénat, est loin de faire l’unanimité. Sénateurs et syndicats ont confronté leurs argumentaires dans Sénat 360.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est le nouveau dispositif d’orientation, mis en place il y a deux semaines, en lieu et place d’APB, Admission Post-Bac, décrié pour son tirage au sort dans les filières en tension. Parcoursup, qui sera sanctuarisé dans un projet de loi, actuellement examiné au Sénat, suscite parfois des inquiétudes, et des débats passionnés, comme l’a illustré notre débat organisé dans Sénat 360.

Martin Lévrier, sénateur La République en marche, a d’abord précisé que Parcoursup était « juste lancé sous une logique d’information ». « On n’est pas encore dans la logique définitive », déclare-t-il. « Cette loi est centrée sur les élèves, ce n’est pas APB […] On invite le jeune à mieux choisir, il saura beaucoup plus de choses, il sera mieux accompagné, pour faire ses choix avec un meilleur discernement, ce qui n’empêchera pas les parcours atypiques et les passerelles. » Le sénateur rappelle que 22.000 places seront créées dans l’optique de la prochaine rentrée.

« Ces places on ne les retrouve même pas dans Parcoursup », contredit Hervé Christofol, secrétaire général du SNESUP-FSU, syndicat d’enseignants. « Aujourd’hui, c’est une désinformation qu’on donne aux lycéens, les capacités d’accueil sont fausses ».

« La sélection par manque de places », « sélection sociale » ou « sélection par l’échec » ?

Autre point d’inquiétude soulevé par le responsable les : « attendus », ces critères requis par les établissements pour rendre leur décision. « Ils sont complètement fantaisistes quand ils sont déclinés au niveau local. Dans certains établissements, on va demander le Bafa, alors que la ministre affirme qu’aucune certification payante ne peut être exigée. En droit, on va demande des séjours linguistiques à l’étranger. Voilà la sélection sociale qui est en train d’être organisée », déplore-t-il.

« Sélection sociale », c’est aussi une conséquence que redoute le sénateur communiste Fabien Gay. « Ce sera une sélection de classe, on le sait », dit-il, évoquant des cas de demandes de lettres de recommandation.

Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat chez les étudiants (qui soutient le Plan étudiants du gouvernement), ne l’entend pas de la même manière. « Cette réforme n’introduit pas de forme de sélection. La seule sélection qui existe, c’est la sélection par manque de places, la loi ne règle pas ce problème. […] C’est une bonne réforme car elle met en place de l’accompagnement personnalisé, mais ça ne sera qu’une victoire pour les étudiants et les lycéens que quand il y a suffisamment d’argent sur la table ».

Ce « nerf de la guerre », c’est aussi ce que propose Fabien Gay face aux effets démographiques. « On sait qu’il y a un besoin énorme, on propose 500 millions d’euros sur 5 ans pour que chacun et chacune puisse s’épanouir. »

Insistant sur le besoin de bien orienter les lycéens, Martin Lévrier précise quant à lui que la forme de sélection actuelle se fait par « l’échec ». « Quand on a 60% d’échec des jeunes qui n’arrivent pas à sortir de licence [en 3 ans, NDLR], on les conduit dans l’échec, et ça, c’est de la sélection ». « Sélection par l’échec », un terme dont la droite sénatoriale a fait d’ailleurs la marque de son diagnostic.

Partager cet article

Dans la même thématique

LA ROCHELLE : French socialist party summer camp.
5min

Politique

Le sénateur Ronan Dantec à pied d’œuvre pour faire de la social-écologie le socle du rassemblement de la gauche en 2027

À l’initiative d’Ensemble sur nos territoires (ESNT), un mouvement d’élus locaux lancé par le sénateur écologiste Ronan Dantec, plusieurs responsables de gauche sont conviés à Montreuil, le 11 avril, pour se prononcer sur la mise en place d’une plateforme programmatique commune. L’objectif : faire de la « social-écologie » un instrument de rassemblement et de reconquête des classes populaires en vue de 2027.

Le

Clairefontaine: Celebration of French Training Model’s 50 Years
3min

Politique

Municipales à Lyon : l’écart se resserre entre Jean-Michel Aulas et le maire sortant Grégory Doucet, selon un nouveau sondage

A trois jours du premier tour des élections municipales, un sondage Opinionway commandé par CNews, Europe 1 et le JDD l’ancien président de l’Olympique lyonnais seraît en tête du premier tour avec 43 % des suffrages exprimés. Cependant, le maire écologiste sortant rattrape du terrain en remportant 3 points supplémentaires par rapport au mois dernier. Un duel qui s’annonce serré dans la quatrième ville la plus peuplée de France.

Le

PARIS, RASSEMBLEMENT DU PERSONNEL PERISCOLAIRE.
8min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : la crise enflamme la campagne municipale à Paris

À quelques jours du premier tour des élections municipales, une nouvelle affaire de violences sexuelles présumées impliquant un animateur du périscolaire relance une crise qui secoue les écoles parisiennes depuis plusieurs mois. Entre révélations judiciaires, colère des familles et affrontements politiques, le dossier est devenu l’un des sujets les plus sensibles de la campagne dans la capitale.

Le

VISITE BRUNO RETAILLEAU LE HAVRE
8min

Politique

Présidentielle 2027 : l’idée d’une primaire ouverte à droite fait son chemin

Dans la perspective de la présidentielle, Gérard Larcher a appelé à un rassemblement du centre et de la droite républicaine derrière un candidat unique. Le président du Sénat a même indiqué qu’il pourrait soutenir Gabriel Attal s’il sortait vainqueur d’une primaire ouverte à l’automne face à un candidat LR.

Le