Décès de Jean-François Hory, ancien patron des radicaux de gauche
Jean-François Hory, président des radicaux de gauche dans les années 90, compagnon de route politique de Bernard Tapie et...

Décès de Jean-François Hory, ancien patron des radicaux de gauche

Jean-François Hory, président des radicaux de gauche dans les années 90, compagnon de route politique de Bernard Tapie et...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Jean-François Hory, président des radicaux de gauche dans les années 90, compagnon de route politique de Bernard Tapie et éphémère candidat à la présidentielle de 1995, est mort jeudi à 68 ans, a-t-on appris auprès de l'ex-ministre Sylvia Pinel.

Cet ancien député européen est décédé dans la matinée en Bourgogne des suites d'un cancer, a précisé à l'AFP Mme Pinel, ministre du Logement de François Hollande et actuelle co-présidente du Mouvement radical. Ce mouvement est né de la fusion début décembre du PRG et des radicaux valoisiens.

"Ce juriste et humaniste lettré restait le mentor de bien des dirigeants et des militants radicaux", lui a rendu hommage dans un communiqué Mme Pinel en rappelant que ce "farouche partisan de la départementalisation de Mayotte" s'était également consacré "à la défense de l'agriculture européenne au Parlement européen".

"Esprit supérieur, grand érudit et travailleur, il a pensé et mis en acte le radicalisme moderne", a réagi sur Twitter Guillaume Lacroix, ancien numéro deux du PRG.

Jean-François Hory "aura consacré une partie importante de sa vie au développement de Mayotte", a également salué la ministre des Outre-mer Annick Girardin dans un communiqué.

Né le 15 mai 1949 à Neufchâteau (Vosges), Jean-François Hory a été élu en 1981 député de Mayotte dans la majorité présidentielle de François Mitterrand. Suscitant la méfiance des socialistes, qui lui soupçonnaient des accointances giscardiennes pour avoir été secrétaire général du conseil départemental de l'île, acquis à VGE, il avait rejoint le Mouvement des radicaux de gauche (MRG).

L'alliance de ce parti avec le PS lui a permis d'être élu député européen en 1989, puis de prendre la tête du parti en 1992.

En février 1993, il a réalisé un coup politique majeur en faisant adhérer au MRG le ministre de la Ville Bernard Tapie, auréolé d'un succès électoral l'année précédente lors des régionales en PACA.

L'attelage Hory-Tapie a connu son plus grand succès aux élections européennes de 1994, lorsque leur liste "Énergie radicale" a talonné celle du PS et permis à Jean-François Hory de conserver son siège d'eurodéputé.

M. Hory a alors gagné en notoriété et visibilité médiatique - jusqu'à obtenir une marionnette aux Guignols - alors que Bernard Tapie était mis hors-jeu par les affaires. Son charisme et ses capacités à lever les foules restaient pourtant à démontrer: lui-même se définissait comme "chef de clan" et reconnaissait en Bernard Tapie un "chef de guerre".

Face à un PS divisé et marqué par une laborieuse primaire qui a désigné Lionel Jospin, Hory avait déclaré sa candidature à la présidentielle en février 1995. Mais, sans le soutien de Tapie ni des anciens patrons du MRG, Emile Zuccarelli, Michel Crépeau ou Roger-Gérard Schwartzenberg, qui lui préféraient Jospin, il a été contraint à renoncer.

Poussé à quitter la tête du parti, entre-temps rebaptisé Radical !, il était revenu en grâce après avoir participé à la campagne présidentielle de Christiane Taubira en 2002.

Marié et père de deux enfants, M. Hory avait étudié le droit à Strasbourg où il se disait proche des situationnistes de Guy Debord.

En 2008, il avait été nommé au Conseil d'État, dont il s'était mis en disponibilité deux ans plus tard pour devenir avocat à Mayotte pendant quelques mois, avant de réintégrer la haute juridiction.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le