Déçu, le FN veut maintenir son unité jusqu’à la fin des législatives
Au lendemain d'un premier tour des législatives jugé décevant, les frontistes s'interrogeaient lundi sur cette nouvelle contre...

Déçu, le FN veut maintenir son unité jusqu’à la fin des législatives

Au lendemain d'un premier tour des législatives jugé décevant, les frontistes s'interrogeaient lundi sur cette nouvelle contre...
Public Sénat

Par Guillaume DAUDIN

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Au lendemain d'un premier tour des législatives jugé décevant, les frontistes s'interrogeaient lundi sur cette nouvelle contre-performance électorale, tout en gardant à ce stade leurs critiques mezza voce dans l'attente du second tour dimanche.

Sur le papier, le bilan comptable est mitigé: d'un côté, 538.000 voix et 0,4% de moins par rapport à 2012, et pour la première fois sous l'ère Marine Le Pen présidente du FN, c'est-à-dire depuis 2011, un recul électoral d'une même élection à une autre.

D'un autre, 120 frontistes qualifiés au second tour, dont 20 en tête, contre respectivement 61 et cinq en en 2012.

Mais à cause de la forte abstention, les frontistes auront 119 duels à mener, dont 102 contre des candidats de la majorité présidentielle, des configurations particulièrement difficiles pour le parti d'extrême droite qui préfère les triangulaires.

Dans ce contexte, le FN a fait parvenir à ses troupes dès lundi, selon un message consulté par l'AFP, une série de visuels de campagne à diffuser concernant uniquement les mesures à prendre contre le terrorisme.

Pour le second tour, il y a l'exception Marine Le Pen: comme en 2007 et 2012, la présidente du FN a réalisé le meilleur score FN au 1er tour avec plus de 46% des voix, et semble promise à la victoire dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, celle de la mairie FN d'Hénin-Beaumont.

Ailleurs, quelques cas semblent encore jouables, notamment Emmanuelle Ménard (Hérault), Bruno Bilde et José Evrard (Pas-de-Calais), Sébastien Chenu (Nord).

Mais sauf surprise, Florian Philippot (Moselle) et Louis Aliot (Pyrénées-Orientales) ne gagneront pas, Gilbert Collard (Gard) perdra son mandat acquis en 2012 tandis que Marion Maréchal-Le Pen (Vaucluse) avait renoncé à être à nouveau candidate et que d'autres ténors sont déjà éliminés.

- "Grosse période de ténèbres" -

La grande explication interne promise de toutes parts attendra pourtant encore, malgré la déception électorale d'un parti se voyant il y a encore quelques semaines arriver par dizaines au Palais Bourbon. Une déception qui vient s'ajouter à un mois de tensions inhérentes à la ligne du parti, au conflit autour de la personnalité de Florian Philippot et au débat "raté" de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron.

Il y a bien eu une petite escarmouche lundi matin entre Nicolas Bay, patron de la campagne des législatives, et M. Philippot sur les plateaux. Le premier s'en est pris aux "voix discordantes" pendant la campagne des législatives, visant le vice-président du FN qui a créé son association, Les Patriotes. Le second a répliqué : "Chacun a sa part de responsabilité, y compris ceux qui ont dirigé la campagne de cette législatives", coordonnée par M. Bay.

"Si par extraordinaire, il y avait du linge sale à laver au FN, il faut toujours le faire en famille" a mis en garde le trésorier Wallerand de Saint Just sur France Inter.

Pour l'instant, les maux, parfois radicaux, s'expriment en "off". Les frontistes attendent que passe le second tour, le 18 juin, et qu'arrive le bureau politique FN prévu le 20 juin, le premier depuis plus de six mois.

"Tous les débats, sans tabous, auront lieu après les législatives", prévient M. Bay, sur BFMTV.

A ce moment, "nous devrons nous demander comment rebondir et capitaliser sur le fort rejet à venir d'Emmanuel Macron", anticipe un dirigeant auprès de l'AFP. "Il faut en finir avec l'amateurisme", bouillonne un ténor de la campagne présidentielle.

Le parti sera en outre confronté à des difficultés financières, alors que sa subvention publique annuelle va baisser, et judiciaires, le FN attendant son renvoi en procès dans l'enquête sur le financement de ses campagnes 2012. Marine Le Pen devrait elle être convoquée dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires européens FN.

Tant d'éléments qui indiffèrent officiellement M. de Saint Just: "J'en suis à ma 17e ou 18e candidature, j'en ai déjà vu des vertes et des pas mûres, ça reviendra", veut-il croire.

Plus préoccupé, un partisan de Marion Maréchal-Le Pen avertit de "l"énorme frustration interne" et de la "disqualification" de Marine Le Pen comme meneuse du parti: "Une grosse période de ténèbres" s'annonce selon lui pour le FN.

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