Déradicalisation : un rapport sénatorial pointe le « fiasco »
Un rapport parlementaire pointe les défaillances des dispositifs de déradicalisation. « Fiasco », « échec », pour Les sénatrices Catherine Troendlé (LR) et Esther Benbassa (EELV) la précipitation et l’absence de prévention expliquent ce manque de résultats.

Déradicalisation : un rapport sénatorial pointe le « fiasco »

Un rapport parlementaire pointe les défaillances des dispositifs de déradicalisation. « Fiasco », « échec », pour Les sénatrices Catherine Troendlé (LR) et Esther Benbassa (EELV) la précipitation et l’absence de prévention expliquent ce manque de résultats.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« Un fiasco, oui. Mais, dans les circonstances où la déradicalisation s’est faite, n’importe quel gouvernement aurait abouti aux mêmes résultats » affirme la sénatrice EELV, Esther Benbassa. Intitulé, « Désendoctrinement, désenbrigadement et réinsertion des djihadistes en France et Europe » le rapport d’information  mené conjointement avec la sénatrice LR Catherine Troendlé (LR) dresse un sévère bilan d’étape des dispositifs de prise en charge de la radicalisation violente. Depuis mai 2016, les deux sénatrices se sont déplacées dans les maisons d’arrêt, au centre  expérimental de Pontourny et ont auditionné une trentaine d’acteurs, associatifs et institutionnels.

Symptomatique de ces défaillances, le centre de Pontourny en Indre-et-Loire, ouvert à l’automne dernier est actuellement vide. Avec une capacité d’accueil de 25 places, seulement 9 personnes y résidaient, au plus fort de son activité. « On a ouvert un centre dans un lieu idyllique avec 2 millions et demi de frais de fonctionnement (…) mais il ne peut fonctionner qu’avec des pensionnaires » pointe Catherine Troendlé. Malgré une sélection effectuée sur 60% des préfectures, le centre de Pontourny  « a démontré l'échec d'une politique de prise en charge de la déradicalisation fondée uniquement sur le volontariat de personnes ne faisant pas l'objet d'une procédure judiciaire » complète la sénatrice LR.

Déradicalisation: Catherine Troendlé "il y a une pression énorme sur le gouvernement d'apporter une réponse"
00:44

Pour autant, les deux sénatrices nuancent la responsabilité de l’action précipitée l’exécutif. « Cette précipitation  peut se comprendre, il y a une pression énorme sur le gouvernement quel qu’il soit, d’apporter une réponse à l’anxiété de la population face aux actes terroristes, face aux 13000 signalements qui ont été médiatisés » explique Catherine Troendlé.  Effet pervers de cet urgence, « un business de la déradicalisation» s’est créé. « Malgré leur bonne volonté, plusieurs associations, recherchant des financements publics en période de pénurie budgétaire, se sont tournées sans réelle expérience vers le secteur de la déradicalisation » déplore Esther Benbassa. « Il ne faut pas être pessimiste. Il faut simplement changer de mode de réflexion et se dire que la déradicalisation pourrait être remplacée par l’accompagnement individualisé, par la socialisation, par la réinsertion professionnelle et sociale. On ne peut pas faire l’impasse sur la prévention » (…) Le terme (déradicalisation) est impropre. Nous avons plutôt opté pour embrigadement, endoctrinement et réinsertion » ajoute-elle.

Le rapport définitif de la mission d'information doit être rendu en juillet, ont annoncé les sénatrices.

Images et Itw: Héloise Grégoire

Partager cet article

Dans la même thématique

Déradicalisation : un rapport sénatorial pointe le « fiasco »
7min

Société

« Ce n’est pas une crise passagère ! » : les démographes alertent sur la rupture historique de la natalité

Pour la première fois depuis 1945, la France enregistre plus de décès que de naissances. Auditionnés par la commission des affaires sociales du Sénat, les démographes de l’Ined et de l’Insee ont décrit une baisse durable, générale et profondément sociétale de la fécondité, loin des seuls effets économiques ou des politiques natalistes.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
5min

Société

Fin de vie : suspense au Sénat autour du scrutin sur un texte vidé de sa substance

Mercredi après-midi, le Sénat est amené se prononcer sur la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Un scrutin à l’enjeu incertain, car si la ligne la plus conservatrice du groupe LR du Sénat, incarnée par Bruno Retailleau, est parvenue à rendre le texte inopérant, une autre partie de la majorité sénatoriale aimerait qu’un texte sorte de la chambre haute, pour conforter le rôle du Sénat dans le processus législatif.

Le

Déradicalisation : un rapport sénatorial pointe le « fiasco »
5min

Société

Fin de vie : après avoir refusé l’aide à mourir, le Sénat adopte un texte pour renforcer un égal accès aux soins palliatifs 

Après les tensions de la semaine dernière lors de l’examen du texte sur l’aide à la fin de vie, les débats se sont poursuivis dans le calme, au Sénat, sur la proposition de loi plus consensuelle visant à permettre un égal accès aux soins palliatifs sur tout le territoire. Les sénateurs ont néanmoins alerté sur les moyens financiers nécessaires à cette réforme.

Le