Des économistes conseillant Matignon appellent à légaliser le cannabis
Légaliser le cannabis et réinvestir les profits générés dans la prévention et la lutte contre le trafic: dans un rapport...

Des économistes conseillant Matignon appellent à légaliser le cannabis

Légaliser le cannabis et réinvestir les profits générés dans la prévention et la lutte contre le trafic: dans un rapport...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Légaliser le cannabis et réinvestir les profits générés dans la prévention et la lutte contre le trafic: dans un rapport iconoclaste publié jeudi, des économistes chargés de conseiller le Premier ministre fournissent un vademecum pour en finir avec "l'échec" de la prohibition.

Cette note, intitulée "Cannabis: comment reprendre le contrôle ?", émane du Conseil d'analyse économique (CAE), un groupement d'économistes rattaché à Matignon et dirigé par Philippe Martin, réputé proche d'Emmanuel Macron.

Purement consultatif, le document étrille 50 ans de politiques gouvernementales et appelle à créer un "monopole public de production et de distribution du cannabis".

Un débat nouveau dans les allées du pouvoir, porté quelques mois après la légalisation du cannabis par le Canada fin 2018. Mardi, plusieurs députés, dont cinq "marcheurs", ont également dévoilé une proposition de loi transpartisane pour une "légalisation contrôlée".

"Le système de prohibition promu par la France depuis 50 ans est un échec", estiment les auteurs de la note du CAE, Emmanuelle Auriol et Pierre-Yves Geoffard.

Malgré une des législations les plus répressives du Vieux continent, la France est championne d'Europe de la consommation de cannabis: avec 5 millions d'usagers en 2017 et une consommation "préoccupante" chez les mineurs.

Selon la littérature scientifique, une "consommation modérée" de cannabis n'a "pas d'effets nocifs sérieux avérés" sur la santé des adultes, rappelle la note. Cette drogue augmente en revanche le risque de schizophrénie "des plus jeunes". Le CAE recommande donc une légalisation accompagnée d'une interdiction de vente aux mineurs.

Pour cela, les économistes souhaitent une "gestion étatique centralisée". Concrètement, l'État délivrerait des licences à des "producteurs et distributeurs agréés", comme pour le tabac. Mais contrairement à la cigarette, le cannabis serait vendu dans des boutiques spécialisées, interdites aux mineurs et plus faciles à surveiller.

Ce système serait chapeauté par une "autorité administrative indépendante", chargée de réguler le marché et de créer les conditions pour assécher le marché noir. La note recommande un prix final de neuf euros pour un gramme d'herbe, contre environ 11 euros dans la rue.

Le CAE a aussi estimé les retombées économiques d'une telle légalisation. En émettant l'hypothèse d'une consommation annuelle de cannabis de 500 à 700 tonnes par an, les économistes estiment qu'une légalisation pourrait créer entre 27.500 et 80.000 emplois en France et générer des recettes fiscales de 2 à 2,8 milliards d'euros.

Une manne qu'ils recommandent de réinvestir dans la prévention, la politique en faveur des quartiers populaires et la lutte contre le trafic.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sens: debat F. Hollande et E. Philippe Universite d ete Laboratoire de la Republique
7min

Politique

« C’est le choc des titans » : à Sens, le duel Hollande-Philippe prend des airs de répétition présidentielle

Ils n’ont pas encore le même statut dans la course à l’Élysée, mais ils en ont déjà les allures. À Sens, dans l’Yonne, François Hollande et Édouard Philippe se sont retrouvés samedi pour un débat consacré à la présidentielle de 2027, lors des universités d’été du Laboratoire de la République de Jean-Michel Blanquer. À droite comme à gauche, certains y voient déjà un avant-goût du match qui pourrait se jouer pour accéder au second tour face au Rassemblement national.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
7min

Politique

Primaire socialiste : des jeux plus ouverts que prévu ?

Rassemblés à Blois pour leurs universités d’été, les socialistes s’apprêtent à départager les candidats pour trouver leur champion à l’élection présidentielle. Alors que l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann est favori sur le papier, le scrutin est encore ouvert. Le premier secrétaire socialiste Olivier Faure, qui devrait se déclarer candidat en septembre, pourrait surprendre.

Le