Des opposants à la loi anti squat manifestent devant le Sénat
Mercredi 25 janvier, plusieurs associations pour la défense du droit au logement se sont réunies devant le Sénat. Elles se mobilisent contre la proposition de loi visant à protéger les logements contre l’occupation illicite.  

Des opposants à la loi anti squat manifestent devant le Sénat

Mercredi 25 janvier, plusieurs associations pour la défense du droit au logement se sont réunies devant le Sénat. Elles se mobilisent contre la proposition de loi visant à protéger les logements contre l’occupation illicite.  
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le thermomètre est sous la barre du zéro ce mercredi à Paris. Couverture de survie sur le dos, pancartes à la main, une centaine de militants pour le droit au logement font fi du froid devant le Sénat. « Nous, on a froid que pendant quelques minutes. D’autres sont à la rue tout le temps et en plein hiver », soulève une manifestante.

Mobilisés à l’appel du collectif des associations unies, plusieurs bénévoles dénoncent un texte de loi visant à protéger les logements contre l’occupation illicite. Porté par le député de la majorité présidentielle Guillaume Kasbarian, il a été examiné et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 2 décembre.

La proposition de loi dans le viseur de ces associations vise notamment à tripler les sanctions encourues en cas de squat d’un logement. Si elle est adoptée, la peine encourue pourra aller jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. « Cette loi est complètement disproportionnée », commente Benoît Reboul-Salze, délégué national ATD Quart Monde.

Une loi « complètement disproportionnée »

Parmi les associations mobilisées, ATD Quart Monde France. Ce mouvement entend lutter contre la précarité et accompagne quotidiennement des familles défavorisées. « Pour une centaine de cas identifiés, elle va punir des milliers de gens qui sont à la rue. On va se retrouver face à des situations catastrophiques », dénonce Benoît Reboul-Salze.

En amont de ce rassemblement, une lettre ouverte a été envoyée par ATD Quart Monde à tous les sénateurs. Objectif : dénoncer un texte de loi qui « stigmatise les plus pauvres et va toucher de plein fouet les locataires qui se retrouvent en difficulté ».

Engagé depuis plus de deux décennies, Benoît Reboul-Salze rappelle que « des lois existent déjà ». En France, le squat d’un logement par un tiers est déjà puni par le Code pénal. À ce jour, l’occupant illégal d’un bien encourt jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende s’il est entré dans le logement par effraction. Il risque également d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende pour avoir occupé ce même logement.

La constitutionnalité de la loi en question

Présent devant le Sénat aux côtés des manifestants, le sénateur de l’Isère et président du groupe Écologiste, solidarités et territoires Guillaume Gontard. Opposé à un texte de loi « inadmissible » qui « va aggraver la précarité de personnes fragiles », l’élu isérois s’interroge sur la constitutionnalité du texte. « Il me semble bien qu’il contrevient au droit au logement en vigueur. En France, se loger est un droit fondamental. Alors avec ce texte, je pense bien qu’on va bel et bien à l’encontre de la loi ». La mobilisation de ce mercredi coïncide avec la présentation en commission du rapport sur le texte de loi, avant une discussion en séance publique prévue le 31 janvier prochain.

« On continue de se battre. On sait qu’on n’est pas majoritaire mais on sait aussi qu’on a encore les moyens de lutter », insiste le sénateur de gauche Guillaume Gontard. « Ce texte, on n’en veut pas », achève-t-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

Mouvement ‘bloquons le pays le 10 septembre 2025’
5min

Société

« Bloquons tout » le 10 septembre : qui la soutient, qui s’en tient à distance ?

Prévue comme un temps fort de la rentrée politique et sociale, la journée d’action du 10 septembre, baptisée “Bloquons tout”, divise syndicats et partis. L’appel, né d’une réaction aux mesures budgétaires annoncées par le Premier ministre François Bayrou, peine encore à rassembler. La gauche politique s’aligne progressivement, mais plusieurs organisations syndicales restent prudentes.

Le

Pause dejeuner, Paris la Defense.
4min

Société

Suppression de jours fériés : « Même un seul jour, ça ne passera pas », selon le sondeur Gaël Sliman

Pour économiser près de 44 milliards d’euros, François Bayrou a annoncé une série de propositions pour le budget 2026. Parmi ces mesures, il propose notamment la suppression de deux jours fériés, et s’oriente vers le lundi de Pâques et le 8 mai. Objectif : 4,2 milliards d’économies. Mais les Français refusent à 84% cette mesure selon un sondage Odoxa (pour le Parisien) . Entretien avec Gaël Sliman, Président d’Odoxa

Le

Des opposants à la loi anti squat manifestent devant le Sénat
4min

Société

Interdire la corrida aux mineurs : le combat de Samantha Cazebonne

Considérée comme un « art » par les afficionados, la corrida reste un « acte de cruauté », selon Samantha Cazebonne. La sénatrice Renaissance représentant les Français établis hors de France a rédigé une proposition de loi pour interdire la corrida aux mineurs de moins de 16 ans. Si sa proposition de loi a été rejetée en novembre 2024, la sénatrice poursuit son combat pour protéger les enfants de ce qu’elle considère comme un « acte de barbarie » envers les taureaux.

Le

Des opposants à la loi anti squat manifestent devant le Sénat
3min

Société

Intelligence artificielle : l’audition de Luc Julia, le créateur de Siri, qui a enflammé les réseaux sociaux

Le 18 juin dernier, devant les sénateurs de la commission des affaires économiques, l’informaticien et concepteur de l’assistant vocal Siri, Luc Julia a démystifié les idées reçues sur l’intelligence artificielle soulignant le manque de fiabilité et la nécessité de vérification. Retour sur une audition dont la portée a dépassé le palais du Luxembourg et conquis des millions d’internautes sur les réseaux sociaux.

Le