Publication des dépenses pendant les campagnes, limitation des mandats dans le temps, indépendance de la justice: les candidats à l'Elysée ont pris une série d'engagements auprès de l'ONG anti-corruption Transparency, à l'exception de François Fillon, à 30 jours du premier tour.
"C'était une question de délai" et "nous allons leur répondre", a-t-on assuré dans l'entourage du candidat de la droite, empêtré dans les affaires notamment d'emplois présumés fictifs de sa famille. Transparency International France a "regretté" cette absence, malgré "de multiples relances".
Le député centriste des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle a quant à lui envoyé ses engagements in extremis.
Comme depuis dix ans pour les principaux scrutins, l'association, qui se pose en "vigie citoyenne", avait envoyé le 10 février un questionnaire aux candidats "pour qu’ils s’engagent à renforcer la transparence et l’éthique de la vie publique sur la base de onze recommandations".
Ces sujets "ont pris une place très importante" dans la campagne: "bonne nouvelle", estime Daniel Lebègue, président de la branche française de Transparency.
Des réponses, il ressort un "quasi consensus" sur près de la moitié des points, dont l'obligation d'un casier judiciaire vierge pour se présenter à la plupart des élections, la publication mensuelle des comptes des candidats et partis pendant les campagnes, et une vérification de la situation fiscale des ministres et responsables publics avant leur nomination.
La plupart des candidats s'accordent aussi sur la nécessité de mettre en place des plans anti-corruption dans les grandes collectivités territoriales, et sur la publication des dépenses réglées avec l'IRFM, l'indemnité représentative de frais de mandat des parlementaires, objet de polémiques régulières.
- Arthaud et Le Pen en queue de peloton -
Propositions sur la transparence et l'éthique des élus
AFP
Les autres recommandations de Transparency font l'objet de débats, notamment sur l'indépendance des magistrats du parquet, l'encadrement du lobbying, le non-cumul de mandats simultanés et dans le temps, ainsi que la participation citoyenne (droit de pétition national, et consultation sur les textes de loi).
Concernant la justice, seuls Benoît Hamon, Emmanuel Macron, François Asselineau et Jacques Cheminade souscrivent à la réforme préconisée. Marine Le Pen veut supprimer l'Ecole nationale de la magistrature et Jean-Luc Mélenchon placer l'autorité judiciaire sous le contrôle du pouvoir législatif.
Les candidats FN, de La France insoumise et du NPA Philippe Poutou veulent "interdire le lobbying", alors que Transparency voit dans l'activité des représentants d'intérêts "un rouage de la démocratie".
L'ONG se défend de "décerner des médailles", mais a attribué 11 points verts au socialiste Benoît Hamon, qui coche toutes les cases. Philippe Poutou et Jacques Cheminade le talonnent, avec chacun 10 points verts et un point orange signifiant un engagement partiel sur une recommandation.
Nathalie Arthaud se voit accoler le plus grand nombre de points rouges, marquant un désaccord ou une absence de réponse à une proposition, au nombre de 7 pour la candidate LO. Celle-ci soutient "le contrôle et la transparence", mais rejette le système capitaliste actuel.
En queue de peloton également, Marine Le Pen a trois points rouges: la candidate FN ne soutient pas une limitation à trois mandats identiques successifs pour les élus, et elle veut garder la possibilité de cumul des mandats pour les sénateurs.
Transparency promet de suivre le respect des engagements pris par celui qui accèdera à l'Elysée. "La culture politique est en train de changer", assure le président de Transparency France, au lendemain de la publication des déclarations de patrimoine des candidats.
Quelque 57% des Français ont le sentiment que les personnes ayant du pouvoir sont pour une grande partie d'entre elles corrompues, un chiffre en progression de trois points depuis août 2016, selon un sondage commandé par son association.
M. Lebègue le martèle: avec les affaires, "nos concitoyens ont l'impression de s'enfoncer dans le marécage du +tous pourris+", mais "l'immense majorité des élus et responsables publics sont honnêtes".
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