Devant le Sénat, le président de la Rada appelle la France à être « la première à donner des avions modernes » à l’Ukraine
Devant le Sénat, le président de la Rada, le parlement ukrainien, a longuement remercié la France pour son soutien dans la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie, tout en demandant aux Français de franchir de nouvelles étapes dans la livraison d’armements et les sanctions internationales.

Devant le Sénat, le président de la Rada appelle la France à être « la première à donner des avions modernes » à l’Ukraine

Devant le Sénat, le président de la Rada, le parlement ukrainien, a longuement remercié la France pour son soutien dans la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie, tout en demandant aux Français de franchir de nouvelles étapes dans la livraison d’armements et les sanctions internationales.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« De cette tribune parleront des millions d’Ukrainiens qui vivent une agression la plus insensée et la plus terrible depuis la Seconde Guerre mondiale », a prévenu Rouslan Stefantchouk. Le président de la Rada, le Parlement ukrainien, a aussi tenu à inscrire son intervention dans l’histoire de France, en dressant un parallèle avec la Révolution : « Nous avons entendu l’esprit invaincu de la France, l’esprit des Parisiens libres qui sont allés à l’assaut de la Bastille il y a 230 ans. Aujourd’hui, nous, les Ukrainiens, nous penons notre Bastille, aujourd’hui est en train de se créer la grande Nation ukrainienne. Je suis ravi de constater que dans cette confrontation civilisationnelle, le peuple français est à nos côtés. »

« Déposer les armes n’est pas notre voie »

Faisant de l’Ukraine le poste avancé et armé de l’Occident, Rouslan Stefantchouk, a dépeint l’Ukraine comme un « bouclier qui protège l’Europe et le monde civilisé » face à l’envahisseur russe : « Sous couvert de l’opération militaire spéciale, celui qui rêve de restaurer l’empire russe ou l’Union soviétique, fait fi du droit international. Déposer les armes n’est pas notre voie : notre voie est de riposter et de défendre notre terre. »

À ce titre, le président de la Rada a donc demandé à la France de nouvelles sanctions internationales contre la Fédération de Russie, en la reconnaissant notamment comme organisation terroriste, ou bien en l’excluant d’organisations et de manifestations internationales. « Tant que la Russie ne quitte pas le territoire ukrainien, elle n’a pas sa place dans les pays du G7, ni parmi le G20, ni aux JO de 2024 à Paris », a-t-il martelé.

« Nous devons fermer le ciel au-dessus de l’Ukraine »

Rentrant un peu plus dans le dur du sujet, Rouslan Stefantchouk a salué « le leadership de la France dans l’octroi des armes à l’Ukraine », mais a demandé à aller plus loin : « Beaucoup d’autres pays du monde nous aident. Nous obtiendrons des chars si nécessaires. Nous espérons que la France sera la première à donner à l’Ukraine des avions modernes. Nous devons fermer le ciel au-dessus de l’Ukraine. »

De même, le président de la Rada a salué le rôle de la France dans l’attribution à l’Ukraine du statut d’Etat-candidat à l’entrée dans l’UE : « Nous sommes reconnaissants à la France de nous avoir octroyé le statut de candidat. Nous sommes conscients que ce n’est pas un processus simple. Nous voulons remplir le plus rapidement possible les sept recommandations de la Commission et entamer les pourparlers. L’Ukraine peut et doit avoir le statut de membre à part entière de l’UE. » De même sur l’appartenance de l’Ukraine à l’OTAN, où Rouslan Stefantchouk « compte sur le soutien de la France », car l’Ukraine « ne peut pas rester en dehors du contexte transatlantique. »

Enfin, le président de la Rada a appelé à la reconnaissance des famines de 1932-1933 en Ukraine (l’épisode dit de « l’Holodomor ») comme génocide, suite aux « agissements criminels de Staline. » Un geste « extrêmement important » dans le contexte actuel, selon lui.

Partager cet article

Dans la même thématique

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le

Explosions in Tehran March 8
10min

Politique

Frappes en Iran : «  Les différentes lignes du régime sont aujourd'hui en train d'entrer en collision »

Ce mercredi, les Etats-Unis ont achevé une quatrième vague de bombardements visant les côtes iraniennes, alors que le régime islamique a de nouveau verrouillé le détroit d’Ormuz en promettant qu’il resterait fermé jusqu’à la fin des « agressions américaines ». Pour David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS), chercheur associé à l'EISMENA et rédacteur en chef de la revue Orients stratégiques, Washington mise désormais sur un effondrement du régime depuis l’intérieur.

Le

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le