Devant les maires normands, Macron annonce un grand débat sans « tabou »
Emmanuel Macron a lancé mardi le grand débat national devant répondre à la crise des "gilets jaunes" en demandant une discussion sans "tabou",...

Devant les maires normands, Macron annonce un grand débat sans « tabou »

Emmanuel Macron a lancé mardi le grand débat national devant répondre à la crise des "gilets jaunes" en demandant une discussion sans "tabou",...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a lancé mardi le grand débat national devant répondre à la crise des "gilets jaunes" en demandant une discussion sans "tabou", dans une allocution devant les maires normands à Grand Bourgtheroulde (Eure).

"Il y a 35 questions" dans la lettre aux Français, mais "au-delà de celles qui sont écrites, toutes les questions sont ouvertes", a expliqué le président. "S'il y a des questions intelligentes, des sujets que je n'ai pas vus qui émergent, ils seront aussi pris. Il ne doit pas y avoir de tabou au moment où l'on se parle".

Le chef de l'Etat prenait la parole brièvement en ouverture du premier de la dizaine de rendez-vous qu'il compte se ménager dans les régions pendant la période du grand débat.

Emmanuel Macron écoute une élue lors du lancement du grand débat national devant les maires normands à Grand Bourgtheroulde, dans l'Eure, le 15 janvier 2018
Emmanuel Macron écoute une élue lors du lancement du grand débat national devant les maires normands à Grand Bourgtheroulde, dans l'Eure, le 15 janvier 2018
AFP

Il a énuméré, citant la "fracture sociale" sur laquelle son prédécesseur Jacques Chirac avait bâti sa campagne présidentielle en 1995, une série de "fractures" -"territoriale", "économique", "démocratique" - qui ont fragilisé les classes moyennes et préparé, selon lui, l'éruption de la crise des "gilets jaunes" depuis novembre 2018.

"Toutes ces fractures, on les a devant nous, et d'un seul coup, les choses s'effritent", a-t-il expliqué devant les 600 maires réunis dans un gymnase.

"Je pense qu'il ne faut pas du tout en avoir peur. Il faut refuser la violence parce qu'il ne sort rien de la violence. Il faut refuser la démagogie parce que l'addition des colères n'a jamais fait une solution, mais il nous faut construire les voies et moyens de construire des solutions pour le pays."

Des maires ont ensuite pris la parole, s'appuyant sur les cahiers de doléances qu'ils ont reçus.

Emmanuel Macron salue les maires normands réunis à Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier 2018
Emmanuel Macron salue les maires normands réunis à Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier 2018
POOL/AFP

"Ces doléances sont un condensé de la souffrance, des colères, mais également de propositions de citoyens qui se considèrent comme les oubliés de la République", a relevé la présidente des maires ruraux de l'Eure, Laurence Bussière.

"Bon nombre de thèmes sont évoqués: pouvoir d'achat, retraites, fiscalité, réforme de nos institutions, suppression de services publics, etc", a-t-elle résumé.

"Je voudrais que, dans notre pays, on ne fasse pas d'amalgame facile entre les casseurs professionnels ou occasionnels, les voyous des banlieues, et tous ces gens que l'on connaît, ce sont nos administrés", a souligné le maire PCF de Brionne Valéry Beuriot.

"Les vraies questions qui minent notre pays, ce sont les questions de justice sociale, auxquelles on n'a pas apporté de réponse" depuis de nombreuses années, a-t-il estimé, demandant au chef de l'Etat de dire si la suppression de l'ISF pouvait être révisée ou non.

Autre inquiétude : la fermeture de certains services publics comme des hôpitaux en zone rurale : "Pourquoi éloigner les services publics de nos concitoyens", a interrogé le maire Alain Lenormand, président de l'association des maires de l'Orne, applaudis par ses pairs.

Partager cet article

Dans la même thématique

Devant les maires normands, Macron annonce un grand débat sans « tabou »
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Devant les maires normands, Macron annonce un grand débat sans « tabou »
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le