Devant les patrons, Nicolas Sarkozy se moque de la nouvelle égérie climatique Greta Thunberg
L’ancien locataire de l’Elysée s’exprimait lundi 29 août devant le patronat français à l’occasion des universités d’été du MEDEF. L’occasion pour Nicolas Sarkozy de décocher quelques flèches.

Devant les patrons, Nicolas Sarkozy se moque de la nouvelle égérie climatique Greta Thunberg

L’ancien locataire de l’Elysée s’exprimait lundi 29 août devant le patronat français à l’occasion des universités d’été du MEDEF. L’occasion pour Nicolas Sarkozy de décocher quelques flèches.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

C’est Marion Maréchal qui devait être l’invitée d’honneur des universités d’été du MEDEF, rebaptisées les « Rencontres des entrepreneurs de France ». Devant la polémique, le syndicat patronal a rétropédalé et a choisi un profil plus consensuel, celui de Nicolas Sarkozy. L’ancien Président de la République a profité de cette tribune pour faire un tour d’horizon de l’actualité. 

Interrogé par plusieurs entrepreneurs, Nicolas Sarkozy n’a pas manié la langue de bois en commençant par évoquer l’état de la démocratie française dans un contexte de rentrée hautement inflammable pour Emmanuel Macron, entre réforme des retraites, extension de la PMA et un éventuel retour du mouvement des gilets jaunes.

« La démocratie, c’est un vote pour une organisation verticale. Ce n’est pas n’importe qui, qui dit n’importe quoi » a estimé l’ancien Président de la République. « Regardez, on fait des aéroports superbes partout en Asie et il a fallu quarante ans pour savoir qu’on n’allait pas construire à Notre-Dame-des-Landes. On ne peut pas arrêter des grands travaux dès qu’une association n’est pas d’accord. J’étais récemment à Abu Dhabi et j’ai visité le Louvre. Imaginez si on avait demandé l’avis des riverains. Si on faisait la Tour Eiffel aujourd’hui, il pourrait y avoir un trèfle à quatre feuilles qu’il faudrait protéger » a-t-il jugé.

« La si sympathique » Greta Thunberg

Si le ton se veut léger, Nicolas Sarkozy n’hésite pas non plus à décocher ses flèches en parlant d’environnement. Alors que les mobilisations contre le réchauffement climatique se sont multipliées ces derniers mois, il s’est moqué de la nouvelle égérie suédoise, Greta Thunberg. « Cette jeune suédoise si sympathique, si souriante, tellement originale dans sa pensée » a ainsi ironisé l’ancien Président. Et pour cause, il estime que « le plus grand choc mondial à venir est celui de la démographie mondiale, se déclarant « assez fasciné de voir la discussion sur le climat et la gêne quand on discute de l’évolution de la démographie mondiale. Dans trente ans, le Nigeria aura plus d’habitants que les Etats-Unis. Je veux bien qu’on fasse du tri sélectif à Lagos mais ce n’est pas ça qui va résoudre la crise migratoire. »

La politique, c’est fini

Autre cible des propos de l’ancien maire de Neuilly sur Seine, Donald Trump. « Nous avons aujourd’hui un pays qui ne veut plus assumer le leadership mondial et dont les décisions dépendent de la digestion du petit-déjeuner de la Maison Blanche ». Nicolas Sarkozy a également rendu un hommage appuyé à George Bush Jr qui l’avait invité en vacances en 2007 dans le New Hampshire. « Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il a fait mais c’est le dernier président américain avec une vraie conscience du rôle que peut jouer les Etats-Unis. »

Enfin, interrogé sur le Brexit, l’ancien Président a estimé que « nous n’avons pas assez pris au sérieux la campagne du référendum. Et puis, il faut le dire, vous poseriez la question de sortir de l’Union européenne, vous auriez la même réponse dans tous les pays. »

Autant d’analyses qu’il ne faut pourtant pas voir comme un retour en politique.  « Moi je n’en fais plus au sens où je n’ai plus d’ambition. C’est un passé que j’ai beaucoup aimé mais c’est un passé. » Ce qui n’a pas empêché Nicolas Sarkozy de se plier de bonne grâce à une dédicace de son dernier ouvrage, Passions, après son intervention.

Partager cet article

Dans la même thématique

Devant les patrons, Nicolas Sarkozy se moque de la nouvelle égérie climatique Greta Thunberg
8min

Politique

François-Xavier Bellamy : "Rétablir [des relations normales] avec le régime de Poutine serait une forme de trahison"

Au sortir d'un été marqué notamment par une intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine, et une crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et du groupe du PPE au Parlement européen, est l'invité de Caroline de Camaret dans Ici l’Europe sur France24, LCP et Public Sénat.

Le

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le