Discours de Macron sur les Banlieues : « Un peu léger » estime Johanna Rolland
Johanna Roland, maire PS de Nantes et présidente de Nantes métropole n’a pas été entièrement convaincue par le Président de la République sur le sujet des banlieues. Elle explique pourquoi.

Discours de Macron sur les Banlieues : « Un peu léger » estime Johanna Rolland

Johanna Roland, maire PS de Nantes et présidente de Nantes métropole n’a pas été entièrement convaincue par le Président de la République sur le sujet des banlieues. Elle explique pourquoi.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

23 maires de banlieues dénoncent dans une tribune, publiée dans l’Obs, l’enterrement du rapport Borloo, sur les quartiers populaires. « Que le Président de la République fixe un cap, c’est bien normal, c’est ce qu’on attend de lui. Ce que les habitants des quartiers attendent, c’est du concret » estime Johanna Rolland, maire PS de Nantes et présidente de Nantes métropole.

«  La philosophie qui est choisie, les mots choisis, puisque les mots comptent, l’émancipation, la dignité… Ça me va plutôt bien. Parce que j’ai toujours pensé qu’il fallait sortir de cet espèce de paternalisme à l’ancienne, de cocooning des quartiers populaires » déclare-t-elle avant de nuancer : « Mais en termes concrets, en termes d’ambition aujourd’hui, qu’est ce qu’il y a ? La ré-annonce de mesures déjà annoncées, certaines très positives, dédoublement des classes en ZEP, en CP, c’est une belle mesure. (…) Mais au-delà de ça, la seule mesure concrète annoncée aujourd’hui, c’est la question du guichet unique des stages de troisième (…). Reconnaissez que c’est un peu léger quand même ».  

Emmanuel Macron avait laissé entendre que l’exécutif pourrait prendre des mesures pour laisser aux maires la possibilité d’avoir accès aux fichiers des personnes signalées pour radicalisation.  « Oui je crois que c’est nécessaire qu’il y ait cette information, mais effectivement, que les choses soient bien régulées, me paraît aussi utile » précise la socialiste.

Johanna Rolland rappelle que les quartiers, bien que concernés par la sécurité, représentent aussi « toute une partie de la jeunesse française, qui a envie d’entreprendre ». « Qu’est-ce qu’on dit à cette jeunesse ? Nos quartiers c’est aussi des jeunes diplômés, on oublie trop souvent de le dire, des bacs +4, des bacs +5, qui ensuite ne trouvent pas d’emplois, et là en termes d’annonce, à ce stade, il n’y a rien » tranche-t-elle avant de mettre en garde : « Autant dire que la pression pour le mois de juillet, est quand même très forte sur ce sujet ».  

Aides sociales

Bruno Le Maire a laissé entendre qu’il fallait s’attaquer aux aides sociales.

« Franchement, moi j’ai surtout entendu Monsieur Darmanin parler de « trappes à inactivité ». Je ne sais pas vous, mais moi quand je vois des gens aller faire de la mise en rayon à 5 heures du matin, qui vont nettoyer les bureaux, je ne vois pas bien où est l’inactivité » réplique Johanna Rolland.

« Il a dit deux choses. Il a dit qu’il y a des aides qui sont pour ceux qui à vie, sont dans des situations difficiles.  Et ce qu’il faut toucher, c’est les aides pour les situations intermédiaires. Justement non ! Quand on a en tête qu’il y a 30% de non-recourt par exemple sur le RSA, là on voit bien qu’il y a clichés, des représentations, qui sont tellement loin des hommes et des femmes concernées, et c’est assez peu respectueux d’employer ce type de mots » conclut-elle.

Discours de Macron sur les Banlieues : « Un peu léger » estime Johanna Rolland2
00:52

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Discours de Macron sur les Banlieues : « Un peu léger » estime Johanna Rolland
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le