Drapeaux en berne : Louis Aliot dénonce le « manque de respect » d’un exécutif corse « qui prend ses distances avec notre République »
Invité de notre matinale vendredi, le maire RN de Perpignan, Louis Aliot, a regretté les honneurs réservés en Corse à la dépouille d’Yvan Colonna, l’assassin du préfet Erignac. Ce proche de Marine Le Pen fustige aussi le silence de l’Etat face à certaines revendications locales.

Drapeaux en berne : Louis Aliot dénonce le « manque de respect » d’un exécutif corse « qui prend ses distances avec notre République »

Invité de notre matinale vendredi, le maire RN de Perpignan, Louis Aliot, a regretté les honneurs réservés en Corse à la dépouille d’Yvan Colonna, l’assassin du préfet Erignac. Ce proche de Marine Le Pen fustige aussi le silence de l’Etat face à certaines revendications locales.
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Arrivé en Corse mercredi soir, la dépouille du militant indépendantiste Yvan Colonna, mort lundi des suites de sa très violente agression par un codétenu à la prison d’Arles, a été accueillie par une haie d’honneur à Ajaccio. Dans le même temps, la collectivité territoriale de Corse, aux mains des autonomistes, a fait mettre ses drapeaux en berne. Cette initiative a soulevé de très nombreuses condamnations politiques sur le continent, mais aussi des avertissements sur une éventuelle flambée des violences une fois passé le temps du deuil. Invité vendredi matin de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat, Louis Aliot, le maire RN de Perpignan a renvoyé dos à dos l’Etat et les autorités locales.

« Pendant longtemps le gouvernement n’a pas trop écouté les revendications légitimes des familles des détenus corses. Il n’y a aucune raison qu’ils ne puissent pas purger leur peine sur l’île. C’est une nécessité. De l’autre côté, il y a cet exécutif corse qui, petit à petit, prend ses distances avec notre République, notre pays, ce qui n’est pas très sain car la Corse, c’est la France », martèle Louis Aliot.

« Monsieur Darmanin s’est précipité en proposant tout de suite un statut d’autonomie »

Sur la question des drapeaux, « je ne comprends pas l’exécutif corse qui gère l’île », poursuit notre invité. « C’est un manque de respect par rapport à la famille Erignac, ce n’était pas nécessaire », regrette l’édile. « Il faut respecter le deuil de la famille Colonna, c’est évident, et respecter nos amis corses, qui ont été très nombreux à condamner l’assassinat du préfet Erignac. Ce n’est pas la peine de jeter de l’huile sur le feu, d’agrandir les fractures qui existent déjà entre la Corse et le continent », explique-t-il.

Louis Aliot dénonce également « les promesses inconsidérées » de l’Etat, reprochant au gouvernement sa gestion chaotique de ce dossier. « Quand je vois que Monsieur Darmanin [le ministre de l’Intérieur, ndlr] s’est précipité en proposant tout de suite un statut d’autonomie, sans en parler à personne, sans mettre autour de la table d’autres personnes que ceux qui le demandent en Corse, je trouve ça un peu cavalier, ce n’est pas faire preuve de responsabilité dans la gestion d’un territoire particulièrement fragile de notre pays », tacle ce proche de Marine Le Pen.

Le silence d’Éric Dupond-Moretti

Surtout, il estime que l’agression d’Yvan Colonna représente un « scandale d’Etat ». « Comment, dans une prison française, un détenu aussi sensible que Monsieur Colonna peut être laissé à la merci d’un islamiste, d’une personnalité particulièrement dangereuse, sans surveillance, et autant de temps ? », interroge-t-il. « Très honnêtement, les explications du directeur de l’administration pénitentiaire n’ont convaincu personne ». Louis Aliot pointe aussi le silence du garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, ancien avocat d’Yvan Colonna, et qui n’a pas encore pris la parole dans ce dossier. « Cela pose un problème par rapport à sa mission. »

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