Droit à l’erreur : les sénateurs voteront une partie du texte en commission pour aller plus vite
Douze articles du projet de loi pour « un Etat au service d'une société de confiance », qui inclut le droit à l’erreur, seront examinés selon la procédure de la législation en commission. Une manière d’adopter le texte plus rapidement.

Droit à l’erreur : les sénateurs voteront une partie du texte en commission pour aller plus vite

Douze articles du projet de loi pour « un Etat au service d'une société de confiance », qui inclut le droit à l’erreur, seront examinés selon la procédure de la législation en commission. Une manière d’adopter le texte plus rapidement.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

On parle de plus en plus de l’accélération de la procédure parlementaire. Pour réduire le temps d’examen de certains textes, le Sénat a déjà expérimenté le vote en commission depuis 2015. En décembre dernier, il a prolongé et pérennisé l’expérience. L’idée a été reprise par l’Assemblée nationale, dans le cadre des réflexions sur la réforme institutionnelle.

Le projet de loi pour « un Etat au service d'une société de confiance », qui inclut le droit à l’erreur, sera une mise en pratique grandeur nature. Douze articles du projet de loi seront adoptés selon cette procédure de la législation en commission. Une décision prise par la conférence des présidents, qui rassemble Gérard Larcher, les vice-présidents du Sénat, les présidents de groupes et de commissions.

Droit de véto des présidents de groupe

Il ne s’agit que d’articles consensuels, qui ont été adoptés à l’Assemblée nationale sans grand débat (voir la liste à la fin de l’article *), notamment sur les possibilités de porter réclamation devant un médiateur ou l’engagement du gouvernement de mettre en œuvre l’évaluation de la loi, avec à la clef un rapport remis au Parlement en 2022.

Concrètement, les amendements ne pourront être déposés et adoptés qu’en commission sur ces articles. Ils doivent encore être ensuite adoptés en séance, mais il n’est plus possible de déposer d’amendement (sauf pour modifier un problème mineur ou si l’amendement risque d’être contraire à la Constitution). Un président de groupe a cependant toujours la possibilité, s’il le désire, de revenir à l’examen classique en séance pour les articles concernés.

Les points forts du texte examinés dans l’hémicycle

Les points forts du texte seront eux examinés et adoptés selon la procédure classique, avec un examen en commission puis une adoption en séance publique, avec possibilité de déposer des amendements.

Comme pour les débats dans l’hémicycle, l’examen en commission sera filmé. L’ensemble des sénateurs peut déposer des amendements, participer aux débats, mais ne peut pas voter. Seuls les membres de la commission peuvent voter.

Comme à l’Assemblée, une commission spéciale a été constituée. Présidée par le sénateur LR de Meurthe-et-Moselle, Jean-François Husson, elle rassemble des membres de toutes les commissions. Les rapporteurs sont la sénatrice LR de l’Aisne, Pascale Gruny, et le sénateur UC de l’Aveyron, Jean-Claude Luche. L’examen selon la procédure du vote en commission est prévu le 22 février, en présence d’un membre du gouvernement. La veille, les sénateurs auront déjà examiné les autres articles. Le texte arrivera en séance le 13 mars.

* Les articles concernés sont les 15 ter, 17, 17 bis A, 17 bis B, 22, 22 bis, 27, 37, 41, 42 et 45.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le