Du service national à la Syrie, Macron face à la presse sur tous les fronts
Neuf mois après son élection, Emmanuel Macron a clarifié mardi ses projets sur tous les dossiers chauds -- service national,...

Du service national à la Syrie, Macron face à la presse sur tous les fronts

Neuf mois après son élection, Emmanuel Macron a clarifié mardi ses projets sur tous les dossiers chauds -- service national,...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Neuf mois après son élection, Emmanuel Macron a clarifié mardi ses projets sur tous les dossiers chauds -- service national, Syrie, pouvoir d'achat, Europe, Hulot et Darmanin -- lors d'une séance de questions-réponses transformée en toute première conférence de presse.

Cette rencontre avec 120 journalistes de l'Association de la presse présidentielle a duré presque deux heures, au cours desquelles le président a répondu sur tous les sujets, livrant même quelques confidences sur l'exercice du pouvoir.

Admettant en souriant que la position du gouvernement sur le service national n'était "pas très claire", il a ainsi annoncé qu'il souhaitait un service national avec "une partie obligatoire de 3 à 6 mois", "ouvert sur la chose militaire" mais pouvant être plus long si l'on intégrait une partie civique.

Interrogé sur les craintes des Français sur leur pouvoir d'achat, une inquiétude visible dans les sondages, il a écarté catégoriquement toute "réponse rapide" par la "dépense publique".

"Je ne suis pas prisonnier des sondages. Je ne suis pas obsédé par ce qu'à ce stade on me fasse confiance ou pas sur le pouvoir d'achat, car quand on vous pose la question, nous sommes tous pareils, ce n'est jamais assez", a-t-il dit. "Il faut convaincre nos concitoyens au moment où il faut savoir s'ils vous font confiance ou non", a-t-il précisé, en allusion aux échéances électorales.

Il a admis par ailleurs avoir "échoué" à tenir sa promesse de l'automne qu'il n'y ait plus personne dans la rue pour la fin de l'année, rejetant la faute sur un afflux de migrants.

"On a échoué là-dessus car il y a eu une pression migratoire forte en fin de trimestre", a-t-il dit, demandant d'éviter toute polémique face au "devoir d'humanité". Il a aussi expliqué qu'il avait chargé le gouvernement de mieux compter le nombre de sans-abri.

Il a par ailleurs défendu ses ministres Gérald Darmanin et Nicolas Hulot, s'insurgeant contre la "République du soupçon" qui imposerait d'écarter des ministres pour des "plaintes classées sans suite". "Cela devient une forme de République du soupçon où tout se vaut", a déploré le chef de l'Etat.

M. Macron a assuré n'avoir pas eu connaissance de l'existence de la plainte qui avait été déposée contre Nicolas Hulot lorsqu'il l'avait fait entrer au gouvernement.

Mais à ses yeux, le but des contre-pouvoirs comme la presse ne doit pas être de "détruire ceux qui exercent le pouvoir".

Il a aussi évoqué la révision constitutionnelle, misant sur un projet de loi prêt "au début du printemps" qui ferait l'objet, "dans l'idéal", d'une première lecture à l'Assemblée comme au Sénat avant l'été.

Interrogé sur le recours au référendum pour tout ou partie de cette réforme, notamment face à un blocage du Sénat, Emmanuel Macron a assuré qu'il n'avait pas fait de "choix" donc qu'il n'avait "pas d'annonce" à faire en ce sens.

- "Nous frapperons" en Syrie -

Côté international, il s'est engagé avec fermeté à frapper le régime syrien si l’utilisation des armes chimiques est "avérée". "Dès que la preuve sera établie, je ferai ce que j'ai dit. Nous frapperons", a-t-il martelé, ajoutant que pour l'instant les services français n'en avaient pas la preuve.

Le chef de l'Etat a également détaillé sa stratégie pour les futures élections européennes de 2019, expliquant vouloir recomposer le paysage politique de l'UE en créant une nouvelle force politique progressiste qui puisse mobiliser y compris au sein des partis européens actuels.

Car ces derniers sont traversés selon lui par des "divergences de vues assez fondamentales", que ce soit au sein du Parti populaire européen ou du Parti socialiste européen.

"L'Europe gagnerait à une recomposition politique", qui est "possible et souhaitable si on veut donner un mandat clair à la commission", a-t-il expliqué.

Il faut "essayer une clarification idéologique, il y a la place pour un réformisme et un progressisme européens. Il peut y avoir une initiative" au moment des européennes pour, après les élections, "structurer son propre groupe" en "fédérant d'autres mouvements".

Emmanuel Macron a enfin confié que, pour lui, l'exercice du pouvoir, qui n'est "pas une épreuve" mais "une ascèse", une fonction qui marque "la fin de l'innocence" et où "il n'y a pas de temps pour le répit". "Je ne suis pas l'enfant naturel de temps calmes de la vie politique, je suis le fruit d'une forme de brutalité de l'Histoire, une effraction", a-t-il commenté.

Partager cet article

Dans la même thématique

Du service national à la Syrie, Macron face à la presse sur tous les fronts
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
9min

Politique

« Je serai le Président de l’ordre, de la justice et de la fierté française » : Bruno Retailleau se déclare candidat à la présidentielle de 2027

Le président des LR se lance dans la course pour 2027. « J’ai pris la décision d’être candidat à l’élection présidentielle » a annoncé l’ancien ministre de l’Intérieur, assurant ne pas vouloir être chef de l’Etat « par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir ». Une décision que l’ancien président du groupe LR du Sénat a « mûri » petit à petit. Mais selon ses proches, il a en réalité décidé d’y aller « il y a déjà plusieurs mois ».

Le

« Regards croisés allemand et polonais sur les grands dossiers européens »
4min

Politique

Union européenne : au Sénat, des acteurs allemands et polonais appellent à « améliorer notre capacité à se défendre sans divorcer avec les Etats-Unis »

L’année 2026 célèbre le 35e anniversaire du Triangle de Weimar, une coopération entre la France, l’Allemagne et la Pologne basée sur le renforcement du dialogue politique entre les trois pays. Pour l’occasion, la commission des affaires européennes du Sénat a invité deux représentants de think tanks allemand et polonais, ce jeudi 12 février, pour croiser leurs regards sur une actualité européenne sous tension : les offensives de Donald Trump et la montée de l’extrême-droite sur le Vieux Continent.

Le