Edouard Philippe ne « sait pas » s’il est Charlie, mais défend la « liberté fondamentale » de caricaturer
 « Si j’osais, je dirais que je ne sais pas si je suis Charlie. Mais je sais que je suis Français et je sais que je suis républicain » a affirmé lors des questions d’actualité du Sénat le premier ministre, qui entend « défendre à tout prix » la liberté de caricaturer.

Edouard Philippe ne « sait pas » s’il est Charlie, mais défend la « liberté fondamentale » de caricaturer

 « Si j’osais, je dirais que je ne sais pas si je suis Charlie. Mais je sais que je suis Français et je sais que je suis républicain » a affirmé lors des questions d’actualité du Sénat le premier ministre, qui entend « défendre à tout prix » la liberté de caricaturer.
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Edouard Philippe prend la défense de Charlie Hebdo, après les menaces de mort diffusées sur les réseaux sociaux visant l’hebdomadaire, après la publication d’une caricature en Une de Tariq Ramadan. Mais le premier ministre ne se dit pas pourtant « Charlie ».

« Si j’osais, je dirais que je ne sais pas si je suis Charlie. Mais je sais que je suis Français et je sais que je suis républicain, au sens le plus noble du terme » a affirmé Edouard Philippe (voir la vidéo ci-dessus), en réponse à la sénatrice PS Laurence Rossignol, lors des questions d’actualité au gouvernement au Sénat, ce jeudi.

Laurence Rossignol : « Face à la confusion, nous devons réaffirmer que plus que jamais, nous sommes Charlie »

L’ancienne ministre du quinquennat Hollande a rappelé le contexte. « Comme après la publication des caricatures danoises, on entend les mêmes phrases : « Charlie en fait trop », « Charlie provoque », « Charlie ne respecte rien ». « Je ne suis pas Charlie », revendiquaient après la tuerie de janvier 2015 ceux qui considéraient que par leur excès, somme toute, les journalistes de Charlie l’avaient peut-être un peu cherché. Face à la confusion, nous devons réaffirmer que plus que jamais, nous sommes Charlie, nous restons toujours Charlie » a lancé Laurence Rossignol. Regardez :

QAG de Laurence Rossignol à Edouard Philippe sur les menaces contre Charlie Hebdo
01:48

S’il n’est pas sûr de se dire Charlie, le premier ministre entend défendre « la liberté fondamentale » de caricaturer. Et de citer l’article 11 de la déclaration de Droits de l’Homme et du Citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions et l’un des droits les plus précieux de l’Homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cadres déterminés par la loi ».

« Nous sommes libres de penser, libres de nous exprimer, libres de publier et libres de caricaturer »

« Nous sommes libres de penser, libres de nous exprimer, libres de publier et libres de caricaturer » insiste Edouard Philippe, qui ajoute :

« Et Charlie Hebdo s’est fait une spécialité de la caricaturer. (…) Cet hebdomadaire satirique est féroce, avec tout le monde. Personne n’est épargné. On peut ne pas trouver drôle les caricatures publiées dans cet hebdomadaire satirique. On peut les trouver parfois savoureuses, mais on peut ne pas les trouver drôles. On peut les trouver choquantes, cela m’arrive. Mais elles sont des caricatures et sont donc l’expression d’une liberté fondamentale. Il faut la défendre à tout prix ».

« Nous devons, tous ensemble, sans polémique, continuer à nous engager » dans ce domaine, a-t-il ajouté devant le Sénat, rendant hommage à l’action de Manuel Valls, de Bernard Cazeneuve et auparavant à celle de Nicolas Sarkozy.

Mardi, lors des questions d’actualité à l’Assemblée, Edouard Philippe avait affirmé qu’il souhaitait « des poursuites », « afin que des sanctions puissent être prononcées » à l'encontre des auteurs de menaces anonymes sur Twitter contre Charlie Hebdo.

Si le premier ministre défend bien la liberté de caricaturer, la sénatrice Laurence Rossignol a voulu réagir après ses propos sur Charlie : « Pour ma part, je n’ai aucune hésitation, car je suis républicaine et française, à dire que je suis  Charlie, et que les caricatures de Charlie sont indispensables à la liberté d’opinion en France » (voir à la fin de la première vidéo).

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