Édouard Philippe : « Nous héritons d’un dérapage de 8 milliards d’euros, c’est inacceptable »
Ce jeudi, le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a présenté les résultats de l’audit des finances publiques commandé par le Premier ministre. Le constat est amer : le déficit devrait s’élever à 3,2% du PIB, soit 0,4 point de plus que prévu dans la Loi de finance initiale. Édouard Philippe a réagi avec fermeté, fustigeant le gouvernement précédent.

Édouard Philippe : « Nous héritons d’un dérapage de 8 milliards d’euros, c’est inacceptable »

Ce jeudi, le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a présenté les résultats de l’audit des finances publiques commandé par le Premier ministre. Le constat est amer : le déficit devrait s’élever à 3,2% du PIB, soit 0,4 point de plus que prévu dans la Loi de finance initiale. Édouard Philippe a réagi avec fermeté, fustigeant le gouvernement précédent.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« Nous sommes les derniers », déplore Édouard Philippe. Ou plutôt avant-derniers puisque la France est, après l’Espagne, le pays ayant le déficit le plus élevé de l’Union européenne. Le gouvernement précédent avait tablé sur un retour en dessous de la barre des 3%, mais force est de constater que cet objectif semble compromis.

« Nous héritons d’un dérapage de 8 milliards d’euros, c’est inacceptable. C’est comme si le gouvernement précédent avait construit un budget en oubliant celui de la Justice, et cela représente près de trois fois celui de la Culture. » Le Premier ministre mise sur la dramatisation, peut-être pour mieux faire passer la pilule des économies à venir : « Nous nous engageons à contenir le déficit à 3% dès cette année et nous ne le ferons pas en augmentant les impôts. »

Les promesses d’Emmanuel Macron telle la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, la transformation du CICE en baisse de charges, ou encore la réforme de l’impôt sur la fortune risquent donc d’être retardées voire annulées pour respecter la sacro-sainte règle des 3%.

Mais Édouard Philippe rappelle qu’ « au moment où (il) parle, la dette augmente à chaque seconde ». « Nous n’avons pas le droit de faire ça à nos enfants », poursuit-il. Et il n’y a pas qu’eux qui risquent de payer l’addition : « C’est aussi la souveraineté de notre pays qui est en jeu. » La Commission européenne a d’ores et déjà prévenu qu’elle n’accorderait pas de délai supplémentaire à la France, qui est encore sous le coup d’une procédure pour déficit excessif. La facture pourrait être salée si elle ne tient pas l’engagement des 3% : une amende pouvant atteindre 0,2% du PIB. Pas de quoi arranger les finances publiques.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: discussion on the adoption of the special bill at the National Assembly
5min

Politique

Encadrement du temps de parole sur les réseaux sociaux : « Une très mauvaise réponse à une très bonne question » 

A travers une proposition de loi, le député Renaissance Paul Midy souhaite encadrer le temps de parole sur les réseaux sociaux durant les périodes électorales et leur appliquer des règles similaires à celles que respectent les médias audiovisuels. Le texte suscite un certain scepticisme, tant sur le plan juridique que sur le plan technique.

Le

Philippe
7min

Politique

Présidentielle : Edouard Philippe met en place son organigramme pour « élargir au maximum le socle » et dépasser Horizons

Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…

Le

Controles au Poste Frontiere Franco-Italien de Menton
6min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : les sénateurs alertent le gouvernement sur le « défi logistique et financier » de sa transposition dans le droit français

A quelques jours de l’examen, au Sénat, du projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration, la commission des affaires européennes a remis plusieurs recommandations, ce jeudi 7 mai. L’occasion pour les élus de rappeler à l’exécutif son insatisfaction sur la méthode employée.

Le