Edouard Philippe: une nouvelle baisse des cotisations devra attendre
Edouard Philippe s'est dit ouvert lundi à une possible nouvelle baisse des cotisations sociales sur le travail, suggérée par son...

Edouard Philippe: une nouvelle baisse des cotisations devra attendre

Edouard Philippe s'est dit ouvert lundi à une possible nouvelle baisse des cotisations sociales sur le travail, suggérée par son...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Edouard Philippe s'est dit ouvert lundi à une possible nouvelle baisse des cotisations sociales sur le travail, suggérée par son ministre Bruno Le Maire, mais un tel allègement ne pourra intervenir que lorsque la France aura "rétabli" ses finances publiques, a-t-il prévenu.

"Nous sommes prêts à poursuivre la baisse des charges, y compris pour les salariés au-dessus de 2,5 SMIC, comme le ministre de l'Economie et des Finances l'a évoqué, mais seulement, seulement, lorsque nous aurons rétabli la situation des comptes publics", a déclaré le Premier ministre lors d'un discours sur la stratégie industrielle du gouvernement à Bobigny (Seine-Saint-Denis).

"Il y a une impatience sur ce sujet, je la comprends et à bien des égards je la partage", a poursuivi M. Philippe.

"Mais si nous devons rétablir la compétitivité française, engager un processus de transformation, il faut le faire avec un souci constant de préserver l'équilibre de nos finances publiques et de les ramener à un niveau supportable de tension", a-t-il plaidé.

"Nous avancerons, nous réfléchirons sur ce sujet, mais je veux le dire, nous réfléchirons au rythme qui convient pour respecter l'équilibre des finances publiques", a-t-il insisté.

L'exécutif Macron va pérenniser l'importante baisse du coût du travail décidée en 2014 par François Hollande sous la forme du Crédit d'impôt pour la croissance et l'emploi (CICE), en transformant en 2019 ce crédit d'impôt en baisse directe des cotisations, à hauteur de 6% de la masse salariale (contre 7% pour le CICE).

Mais cette baisse des cotisations s'arrête à 2,5 fois le SMIC, poussant certains, à droite notamment, à demander un élargissement aux salaires autour de 3 ou 3,5 SMIC.

Dimanche, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a dit vouloir "réfléchir à un allégement de charges au-dessus de 2,5 SMIC". "Je pense que ça vaut le coup d'étudier cette question", a-t-il insisté lundi à l'occasion d'une table ronde avant le discours de M. Philippe.

Mais cette mesure coûterait des milliards d'euros, expliquant la prudence affichée par le Premier ministre lundi.

Le gouvernement prévoit un déficit public à 2,8% du PIB l'an prochain. Le déficit devrait toutefois remonter à 3% du PIB en 2019, en raison d'un double effet du CICE avec la baisse pérenne de cotisations.

Cette augmentation devrait être temporaire : d'après Bercy, le déficit refluera à 1,5% en 2020, puis 0,9% en 2021, l'objectif étant un quasi équilibre (0,2%) en 2022.

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe: une nouvelle baisse des cotisations devra attendre
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le