Elections régionales : les élus locaux s’opposent à un nouveau report
Territoires unis, le collectif qui regroupe les trois grandes associations d’élus locaux, appelle au respect du calendrier électoral. Leurs voix viennent s’ajouter à celles de plusieurs présidents de conseils départementaux ou régionaux, fermement opposés à l’éventualité d’un deuxième report des élections.

Elections régionales : les élus locaux s’opposent à un nouveau report

Territoires unis, le collectif qui regroupe les trois grandes associations d’élus locaux, appelle au respect du calendrier électoral. Leurs voix viennent s’ajouter à celles de plusieurs présidents de conseils départementaux ou régionaux, fermement opposés à l’éventualité d’un deuxième report des élections.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

On saura très exactement dans dix jours si le Conseil scientifique préconise ou non de maintenir les élections départements et régionales du 13 et du 20 juin. L’avis devrait servir de boussole à l’exécutif, dans une période où le nombre de cas de covid-19 ne cesse d’augmenter et où les restrictions ont été durcies dans seize départements.

Déjà reportées une première fois en février, ces élections pourraient, vu l’aggravation de la situation sanitaire, être reportées une nouvelle fois après l’été. La semaine dernière, face à des parlementaires, le Premier ministre Jean Castex avait indiqué que l’option n’était pas « écartée ». Si rien n’est encore acté, dans un sens comme dans l’autre, l’option d’un nouveau chamboulement du calendrier est accueillie avec une levée de boucliers du côté des élus locaux.

« Si le Conseil scientifique dicte le calendrier des élections, alors nous avons changé de régime politique »

Ce lundi, Territoires unis s’est fermement opposé à ce scénario. Le collectif, qui réunit Régions de France, l’Assemblée des départements de France (ADF), et l’Association des maires de France (AMF) estime qu’un report serait « incompréhensible », dans la perspective d’une amélioration de la situation sanitaire à la fin du printemps. « Si le Conseil scientifique dicte le calendrier des élections, alors nous avons changé de régime politique sans l’avouer », se sont-ils insurgés.

Rappelant que les Etats-Unis ou le Portugal ont récemment organisé des scrutins présidentiels, le trio d’associations considère que le respect des échéances électorales devrait être une « évidence démocratique qui doit faire consensus ». Une nouvelle révision du calendrier serait par ailleurs vue comme une contradiction avec les prévisions du gouvernement, qui table sur 30 millions de vaccinés à la veille du premier tour.

Dix présidents de régions, de toutes tendances, contre un « confinement » de la démocratie

La veille, ce sont dix présidents de conseils régionaux, de droite, de gauche ou du centre, qui ont appelé au maintien du calendrier, dans une tribune publiée dans Le Figaro. Ce 21 mars aurait dû être le second tour des élections départementales et régionales. « Toutes les élections sont essentielles. Ce n’est pas au Conseil scientifique de confiner la démocratie ! » proclament ses signataires, parmi lesquels Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Renaud Muselier, pour la droite, ou encore Carole Delga et Alain Rousset pour la gauche. Selon eux, les craintes du gouvernement sur le bon déroulement de la campagne électorale ne sont pas recevables. « Voilà un an que nous vivons avec cette crise sanitaire, et la société ne s’est pas arrêtée pour autant », argumentent-ils.

Au Sénat, la chambre des collectivités locales, la droite majoritaire est aussi vent debout contre un éventuel report (relire notre article). Dans une interview à L’Opinion, ce lundi, le président du groupe LR, Bruno Retailleau en a remis une couche, en déclarant qu’un nouveau report serait « une dérive autocratique ». Se disant convaincu que le gouvernement maintiendra le calendrier actuel, le patron des marcheurs au Sénat, François Patriat, a lui estimé qu’il y avait des « arrière-pensées deux côtés ». A presque un an de la présidentielle, le débat sur les régionales, desquelles pourraient émerger des candidats comme Xavier Bertrand (Hauts-de-France), est devenu plus politique que jamais.

Partager cet article

Dans la même thématique

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
6min

Politique

Election présidentielle : qui sont les candidats à gauche ?

La course à la présidentielle est bien lancée à gauche. Certains, comme la France Insoumise, ont déjà leur candidat ; d’autres, comme le PS et Place publique, attendent les résultats d’une primaire ; d’autres encore, comme les Ecologistes, se divisent en interne sur la stratégie à adopter. Vous n’avez rien suivi pendant l’été ? Nous résumons ici qui sont les candidats à gauche en cette rentrée.

Le

Chateauneuf-sur-Isere: Jean-Luc Melenchon delivers a speech
6min

Politique

Présidentielle 2027 : le duel Le Pen-Mélenchon devient-il crédible ?

À huit mois de la présidentielle, un sondage Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL place Jean-Luc Mélenchon en position de se qualifier pour le second tour dans trois scénarios sur cinq. Marine Le Pen domine toujours très largement les intentions de vote. Les politologues invitent toutefois à relativiser ces résultats, alors que le « casting » de 2027 est loin d’être arrêté.

Le

Paris : Press conference and signature during the Summit of the Coalition of the Willing
4min

Politique

« Les frappes ukrainiennes font mal parce qu’elles touchent le tissu économique russe » 

Ce lundi, les Etats membres de la "Coalition des volontaires" se réunissent à Kiev dans un contexte d'intensification de la guerre contre la Russie, quatre ans et demi après son déclenchement en 2022. Alors que l'Ukraine cherche à acquérir davantage d'armes pour frapper loin en Russie, le Général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, fait un point sur l’état des forces en présence.

Le