Lors d’une allocution télévisée, le chef de l’Etat a annoncé l’extension des restrictions sanitaires à l’ensemble du « territoire métropolitain », ainsi que la fermeture des établissements scolaires pour une durée de trois semaines. Des mesures qu’appelaient de leurs vœux les sénateurs, qui goûtent peu la « méthode » de décision.
Emmanuel Macron fait le choix de « la confiance », mais pas dans le Parlement, fustigent les sénateurs
Lors d’une allocution télévisée, le chef de l’Etat a annoncé l’extension des restrictions sanitaires à l’ensemble du « territoire métropolitain », ainsi que la fermeture des établissements scolaires pour une durée de trois semaines. Des mesures qu’appelaient de leurs vœux les sénateurs, qui goûtent peu la « méthode » de décision.
Par Pierre Maurer
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« L’épidémie dans l’épidémie », autrement dit le variant britannique, l’a contraint à revenir s’exprimer devant les Français. Sous pression face à la flambée de la troisième vague, Emmanuel Macron s’est résigné à un nouveau durcissement des mesures sanitaires tout en faisant le choix de « la confiance », appelant à un « effort collectif » pour les mois à venir. Pas de confinement dur comme en mars 2020, mais une extension des mesures de restrictions à tout le territoire « métropolitain » et une fermeture des crèches, écoles, collèges et lycées pour une durée de trois semaines, a dévoilé le Président de la République dans une allocution télévisée ce mercredi soir.
Des mesures de « bon sens »
Dans leur ensemble, les sénateurs saluent les décisions d’Emmanuel Macron. « Sur le fond, les mesures annoncées peuvent apparaître nécessaires au regard de la situation. Elles sont assez peu discutables », réagit le patron des sénateurs centristes Hervé Marseille, soulignant qu’il n’est pas « épidémiologiste ». Concernant les établissements scolaires, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer l’avait laissé entendre dès ce mercredi après-midi au Sénat : « C’est une chance pour la France que d’avoir eu ses écoles ouvertes de septembre à aujourd’hui ». « Très peu de pays ont fait cela », avait-il ajouté.
« On ne pouvait pas éviter un nouveau confinement global. Et puis s’appuyer sur les vacances en fermant les écoles me parait une bonne solution. Tellement bonne que mon groupe avait fait cette proposition lors des questions au gouvernement la semaine dernière ! On avait eu une fin de non-recevoir… », rappelle le président des sénateurs écologistes Guillaume Gontard. « Enfin ! », s’exclame Patrick Kanner. Le chef du groupe socialiste juge les « mesures absolument utiles, et nécessaires ». « Mais c’est trop tard, au moins de deux mois, par rapport à ce que l’on savait fin janvier. Donc le pari du Président de pouvoir vivre normalement n’est pas tenu. Il a échoué sur des décisions personnelles… », égratigne-t-il dans la foulée. Il renchérit : « Cette solution relève du bon sens mais il faudra rendre des comptes sur les délais qui ont été mis en œuvre. Et c’est une responsabilité qui lui appartient ». « Notre retard dans tous les domaines, sur les tests, le traçage, la vaccination ou dans l’augmentation du nombre de lits de réanimation entraîne la prise de mesures radicales. Espérons que celles décidées ce soir suffisent à améliorer la situation sanitaire », a tweeté de son côté Bruno Retailleau, le président des sénateurs LR.
Fidèle macroniste parmi les fidèles, François Patriat a, lui, répété ses gammes, égrenant un triptyque au parfum gouvernemental. « Lucidité, sécurité, efficacité », se réjouit le président du groupe RDPI (LREM). Et reste effaré par les coups de griffes de l’opposition. « Je suis surpris : les gens ne font que douter, critiquer. Le président n’a pas dit que les jours heureux étaient pour maintenant ! »
« Humiliation » pour le Parlement
Là où le bat blesse, c’est sur la méthode, cinglent en chœur les présidents des groupes d’opposition. Hervé Marseille s’étrangle : « Combien de temps ça va durer ? Combien de temps encore Emmanuel Macron va prendre des décisions unilatérales sans consulter les institutions ? » Jeudi, le Premier ministre Jean Castex prononcera une déclaration, qui sera suivie d’un débat et d’un vote devant les deux chambres du parlement, « sur l’évolution de la situation sanitaire et les mesures nécessaires pour y répondre ». Il se déroulera au Sénat l’après-midi à 15 heures, a précisé Matignon, en ajoutant qu’il s’effectuait sur la base de l’article 50-1 de la Constitution qui n’engage pas la responsabilité du gouvernement. « Un débat sur quoi ? Tout vient d’être dit à la télévision… L’outil du parlementaire devient la télévision… On suit ça comme un feuilleton », ironise le centriste. Et cogne : « Le Président en appelle à la confiance. Mais s’il y a bien un endroit dans lequel il n’a pas confiance, c’est le Parlement ! »
Patrick Kanner le déplore. « Notre rôle depuis un an pèse peu. Tout se décide ailleurs et pourtant nous représentons les Français. Nous représentons aussi leurs souffrances et leurs espoirs. Demain, nous n’aurons qu’à approuver ou non sur une forme de mascarade parlementaire… », regrette-t-il. Il en vient à rappeler le rôle des parlementaires : « Si les choses avaient été mises en œuvre normalement, nous aurions dû avoir ce débat il y a deux jours. Et permettre ainsi au Président de prendre ses décisions à partir du débat. Dans une démocratie normale, il y a d’abord le Parlement, et ensuite l’exécutif. L’exécutif exécute les décisions du Parlement. Nous vivons une décision inverse… » « Tout est concentré dans les mains d’un seul homme », avait raillé plus tôt dans la journée Bruno Retailleau.
Guillaume Gontard s’insurge. « Demain je vais intervenir en tenant que président de groupe et on va nous demander de voter. C’est quelque chose d’assez saugrenu ! Le Président de la République vient annoncer un protocole tout seul à la télé et puis, demain, le Parlement va discuter sur les choix de ce Président… », poursuit-il. Et rit jaune : « On va même voter alors que les choses sont déjà en place ! C’est un problème démocratique et on touche au bout du fonctionnement présidentiel ». Consterné, il termine : « Le respect du parlement est balayé. C’est une humiliation ! »
En vieux compagnon de route du chef de l’Etat, François Patriat démine. « À chaque fois qu’on a consulté les gens, ils n’ont rien proposé ! », oppose-t-il. Et tente de défendre l’utilité du débat parlementaire. « Le débat de demain va servir à ce que le Premier ministre décline les mesures, et puis chacun pourra s’exprimer », fait-il valoir. Mais Hervé Marseille reste interloqué : « Imaginez si Sarkozy avait fait ça ? Qu’est-ce qu’on n’aurait pas dit… »
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