Emmanuel Macron  « ne change rien » juge le comédien Jacques Weber
Invité de l’émission « On va plus loin », le comédien Jacques Weber distribue ses coups de griffes et ses coups de cœur politiques.

Emmanuel Macron « ne change rien » juge le comédien Jacques Weber

Invité de l’émission « On va plus loin », le comédien Jacques Weber distribue ses coups de griffes et ses coups de cœur politiques.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Invité pour parler de son livre « Vivre en bourgeois, penser en demi-dieu » (éditions Fayard), qui le raconte au travers de sa passion pour Flaubert, le comédien Jacques Weber discute bien volontiers de politique, quand on le lance sur le sujet. Il faut dire que l’homme public a souvent évoqué ses choix politiques - il a soutenu François Hollande en 2012, puis Jean-Luc Mélenchon en 2017 - et ses indignations.  

Quand on l’interroge sur le Président Macron, Jacques Weber répond que « c’est un homme qui respecte sa fonction et par là même nous respecte » et parle de ne pas vouloir « remettre en question [s]a personnalité » « tout à fait respectable ». Toutefois, le comédien est direct et catégorique ; il se voit en opposant au Président de la République : « C’est un homme auquel le minuscule citoyen que je suis, s’oppose. J’ai le droit, j’ai le droit de vote (…) Alors qu’[Emmanuel Macron] dit «  Tout va mal, mais tout va changer, je change tout » (…), il ne change rien. »

Et l’homme de théâtre d’ajouter : « Et puis j’aimerais bien que Monsieur Macron nous parle un peu de ce qu’il pense de ce qui est en train de se révéler, c'est-à-dire repenser totalement la place de la femme dans la société et l’identité féminine. Là, il y a pour l’instant, un grand silence radio ».  

Le comédien se dit « très triste » d’une « guerre de chefs » à gauche. Mais il reste confiant quant à la vivacité de la gauche citoyenne : « On confond exprès (…), la déchéance du parti socialiste et le peuple de gauche. Le peuple de gauche existe encore. Et quand on nous dit que tout le monde est derrière Macron, je ne suis pas si sûr que ce soit vrai ».

Jacques Weber ne manque pas de critiquer la société actuelle, qu’il trouve totalement inégalitaire : « Ce système sur lequel nous vivons depuis des années a créé un fossé entre des gens de plus en plus riches, une misère de plus en plus importante et une classe moyenne qui se casse la figure. Ça personne ne peut le nier ».

Pourtant, il lui reste des raisons d’espérer lorsqu’il voit et entend des intellectuels comme l’écrivain Le Clezio prendre fait et cause pour les réfugiés : « C’est très encourageant. Il y a encore des leaders, et des leaders qui viennent de la littérature, pour nous bouger la conscience, pour nous remuer (…) Les réfugiés, ce n’est pas une entité bizarroïde. Ce sont des hommes, des femmes, qui souffrent. Des enfants qui sont à deux doigts de crever la faim, qui sont malades. On ne peut pas faire autrement que de les aider (…) comme ce coup de génie de Coluche, un peu comme l’hiver 52 [54, NDLR] de l’Abbé Pierre, un peu comme Joseph Wresinski, le créateur d’ATD Quart Monde (…) [et] qu’on arrête de dire éternellement la phrase de Rocard, que l’on ampute en plus méchamment,  et qui me saoule complètement. Ça veut dire quoi « la misère, la misère » ? Ce n’est pas une voiture que l’on refuse. Ce sont des êtres humains. »

 

Vous pouvez voir l'entretien avec Jacques Weber, en intégralité :

Interview de Jacques Weber (en intégralité)
09:30

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Emmanuel Macron  « ne change rien » juge le comédien Jacques Weber
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Emmanuel Macron  « ne change rien » juge le comédien Jacques Weber
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le