Le président français Emmanuel Macron a été accueilli mardi matin pour la première fois par le pape François, une rencontre forcément centrée...
Emmanuel Macron pour la première fois chez le pape François
Le président français Emmanuel Macron a été accueilli mardi matin pour la première fois par le pape François, une rencontre forcément centrée...
Par Laurence BENHAMOU, Catherine MARCIANO
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Le président français Emmanuel Macron a été accueilli mardi matin pour la première fois par le pape François, une rencontre forcément centrée sur la question des migrants à l'heure où ce dossier déchire les Européens.
M. Macron est apparu souriant en serrant la main de François à l'entrée de la bibliothèque où ils s'entretiendront pendant au moins une demi-heure.Il était accompagnée de son épouse Brigitte, vêtue d'un discret tailleur noir.
Le président français devait offrir au pape une édition ancienne en italien du "Journal d’un curé de campagne" de Georges Bernanos, écrivain catholique fervent que son hôte apprécie beaucoup.
Avant ce tête-à-tête, Emmanuel Macron avait pris son petit-déjeuner avec la communauté de laïcs catholiques Sant'Egidio, très impliquée dans l'accueil de migrants et organisatrice de "couloirs humanitaires" acheminant des réfugiés syriens en Europe dont la France.
Cette rencontre avec une organisation très introduite dans les sphères politiques italiennes pourrait être l'occasion de faire passer des messages au nouveau pouvoir, qui a déclaré la guerre aux ONG positionnant leurs bateaux au large des côtes libyennes.
Emmanuel Macron est à couteaux tirés avec le gouvernement italien, notamment avec son ministre de l'Intérieur Matteo Salvini qui ne cesse de fustiger son arrogance et son égoïsme sur le dossier des migrants.
Le pape interpelle régulièrement les dirigeants de l'UE pour qu'ils maintiennent des idéaux fondateurs comme "la solidarité".
A propos des migrants arrivant en Europe qu'il faut "accueillir, accompagner, loger et intégrer" dans la limite des capacités de chaque pays, le pape a estimé la semaine dernière qu'il était nécessaire aussi "d'investir intelligemment pour leur donner du travail et une éducation" dans leurs pays d'origine, notamment africains.
S'il fustige souvent "les populismes qui prospèrent à partir de l'égoïsme", François s'est abstenu jusqu'à présent de commenter les annonces du nouveau gouvernement italien, au pouvoir depuis le 1er juin.
- laïcité à la française -
Emmanuel Macron et François ne devraient pas échapper au thème de la laïcité à la française.
Dans un long discours lyrique devant la Conférence des évêques de France (CEF) début avril, Emmanuel Macron avait dit vouloir "réparer" le "lien" entre l'Église catholique et la République française, "abîmé" notamment depuis l'adoption du mariage homosexuel en 2013.
Le président français Emmanuel Macron (C) arrive au Vatican avec son épouse Brigitte (3eD), accueilli par l'archevêque Georg Gaenswein, préfet de la maison pontificale (D), le 26 juin 2018
AFP
Ce discours du président avait suscité les critiques de la gauche et du Rassemblement national (extrême droite), dans un pays où le respect de la laïcité fait l'objet de débats épidermiques, souvent incompréhensibles hors des frontières. L'épiscopat français avait pour sa part salué un discours refondateur des relations entre les catholiques et la République.
"En France, la laïcité a une coloration héritée des Lumières beaucoup trop forte, qui construit un imaginaire collectif dans lequel les religions sont vues comme une sous-culture", a déploré le pape François dans un livre d'entretiens avec le sociologue français Dominique Wolton.
"La France devrait dire que les religions font elles aussi partie de la culture", plaide le pape.
Baptisé à 12 ans dans la foi catholique, ancien élève d'un collège jésuite où il a rencontré son épouse Brigitte, son ancien professeur alors femme mariée, Emmanuel Macron se définit aujourd'hui comme "agnostique".
Des chrétiens d'Orient au changement climatique, en passant par l'aide au développement, les autres sujets de discussions potentiels sont nombreux.
- Chanoine d'honneur -
M. Macron devrait profiter de son audience au Saint-Siège pour inviter le pape en France, en particulier dans la ville multiculturelle de Marseille, qui aurait ses faveurs. Mais si un voyage est aujourd'hui "envisagé" selon le président de la CEF Georges Pontier, la France ne semble pas faire partie des priorités du pape argentin.
Le président français vient aussi à Rome chercher son titre de "premier et unique chanoine d'honneur" de la cathédrale du pape, une tradition remontant au 17e siècle et au roi Henri IV.
Nicolas Sarkozy fut le dernier chef d'Etat, en décembre 2007, à se plier à cette tradition honorifique dans l'immense basilique majeure de Saint-Jean-de-Latran, attitrée à l'évêque de Rome (le pape). Il avait alots suscité un tollé, à gauche, pour son discours d'éloge de la foi et des racines chrétiennes de la France.
Le président Macron devrait s'abstenir prudemment mardi après-midi de tout discours sur le terrain miné de la laïcité.
Il assistera à une célébration liturgique, comprenant une prière et la lecture d'un texte biblique, avant de prendre possession de sa stalle (virtuelle) dans une chapelle. Il rencontrera ensuite la communauté catholique française réunie dans le palais attenant du Latran, avant un "temps réservé", à l'heure précise du match de foot France-Danemark, puis une conférence de presse à l'ambassade de France auprès du Saint-Siège.
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