Emmanuelle Wargon : les déçus de l’union des gauches « ont toute leur place dans une coalition de progrès » autour d’Emmanuel Macron
Invitée de notre matinale lundi, la ministre du Logement Emmanuelle Wargon a dénoncé le rassemblement des gauches derrière Jean-Luc Mélenchon. Elle appelle les socialistes tenants d’une aile sociale-démocrate, qui ont refusé l’accord avec La France insoumise, à rallier Emmanuel Macron.

Emmanuelle Wargon : les déçus de l’union des gauches « ont toute leur place dans une coalition de progrès » autour d’Emmanuel Macron

Invitée de notre matinale lundi, la ministre du Logement Emmanuelle Wargon a dénoncé le rassemblement des gauches derrière Jean-Luc Mélenchon. Elle appelle les socialistes tenants d’une aile sociale-démocrate, qui ont refusé l’accord avec La France insoumise, à rallier Emmanuel Macron.
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Socialistes, écologistes, communistes et insoumis se sont retrouvés samedi à Aubervilliers pour célébrer l’unité retrouvée de la gauche, dont les principales composantes ont décidé de s’unir pour les élections législatives. Un grand raout boudé par l’aile modérée du parti socialiste ; François Hollande et plusieurs figures de son quinquennat, telles Stéphane Le Foll, Jean-Christophe Cambadélis ou Bernard Cazeneuve, ont dénoncé ce rapprochement avec l’extrême gauche. « Il y a deux gauches irréconciliables, contrairement à ce que dit Jean-Luc Mélenchon. Il y a la gauche qui se compromet avec l’extrême gauche de LFI, et il y a la gauche qui garde ses valeurs, la gauche rocardiste, la gauche de Jacques Delors, sociale-démocrate, qui est très proche d’Emmanuel Macron », a commenté lundi, au micro de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat, la ministre du Logement Emmanuelle Wargon, qui a notamment travaillé pour Bernard Kouchner sous le gouvernement Jospin.

« Alexis Corbière qui a qualifié Bernard Cazeneuve d’horloge parlante, j’ai trouvé ça scandaleux »

« Je les appelle à travailler avec nous ! Ils ont toute leur place dans une coalition de progrès et dans une réflexion avec les hommes et les femmes de bonne volonté qui travaillent autour du président. On a des valeurs extrêmement proches », assure notre invitée qui fait notamment valoir sa proximité avec François Rebsamen. Le maire de Dijon, ancien ministre du Travail de François Hollande, a accordé son soutien à Emmanuel Macron sans pour autant rejoindre l’un des partis de la majorité.

« J’appelle Bernard Cazeneuve en particulier, pour qui j’ai beaucoup de respect [à venir travailler avec nous] », lance Emmanuelle Wargon. « Je crois que c’est Alexis Corbière qui l’a qualifié d’horloge parlante, j’ai trouvé ça scandaleux. C’est une marque de mépris. » Sur CNews et dans un tweet, le député LFI de Seine-Saint-Denis a raillé l’éphémère Premier ministre de François Hollande, qui a indiqué qu’il allait rendre sa carte du PS, en réaction à l’accord électoral conclu avec La France insoumise. « Le départ du PS de Monsieur Cazeneuve a autant d’effet que la disparition de l’horloge parlante », a écrit Alexis Corbière.

« Sur le plan des idées, des valeurs, du combat politique […], cette gauche est une gauche qui [nous] ressemble beaucoup, qui est attachée à la valeur travail, à l’équilibre des comptes, qui pense qu’il faut à la fois produire et redistribuer, qui est attachée à la justice sociale, à l’idéal européen », énumère Emmanuelle Wargon.

Mener « une campagne très énergique » face à la NUPES

Concernant la Nouvelle union populaire, sociale et écologiste (NUPES), Emmanuelle Wargon dénonce « une alliance démagogique, sur un projet de fond qui ne tient pas la route. » Elle cible notamment « un programme anti-européen », qui, selon elle, « n’est pas clair sur le plan international ».

Fort de ses 22 % à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, qui espère imposer une cohabitation à Emmanuel Macron à l’issue des scrutins des 12 et 19 juin prochains, apparaît désormais comme le principal adversaire de la majorité sortante. Il a énuméré samedi les grands axes du programme commun de gouvernement qui sera défendu pendant la campagne : une revalorisation du smic à 1 400 euros, le gel des prix des biens de première nécessité et le retour de la retraite à 60 ans. « C’est une proposition politique nouvelle », admet Emmanuelle Wargon. « Nous devons faire une campagne très énergique pour dire aux électeurs qu’ils ont un vrai choix politique à faire. »

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