Emploi : que proposent Emmanuel Macron et Marine Le Pen ?
Dans un sondage Elabe, réalisé entre le 15 et le 16 mars 2022, l’emploi arrive en 7e position dans la liste des principales préoccupations des Français. Mercredi 13 avril, dans les Hauts-de-Seine, Marine Le Pen a affirmé être du côté de la « France qui travaille » tandis qu’Emmanuel Macron a, lui, fixé comme cap « le plein-emploi ». Les deux finalistes font des propositions diamétralement opposées tout en ayant quelques cibles similaires, comme l’insertion des jeunes.

Emploi : que proposent Emmanuel Macron et Marine Le Pen ?

Dans un sondage Elabe, réalisé entre le 15 et le 16 mars 2022, l’emploi arrive en 7e position dans la liste des principales préoccupations des Français. Mercredi 13 avril, dans les Hauts-de-Seine, Marine Le Pen a affirmé être du côté de la « France qui travaille » tandis qu’Emmanuel Macron a, lui, fixé comme cap « le plein-emploi ». Les deux finalistes font des propositions diamétralement opposées tout en ayant quelques cibles similaires, comme l’insertion des jeunes.
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Par Klara Durand

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« On a réussi collectivement à baisser de deux points le taux de chômage. On est passé de 9,6 % à 7,4 %. Si nous continuons cet effort, nous pouvons arriver au plein-emploi », a déclaré Emmanuel Macron, lundi 11 avril, au micro de Bruce Toussaint sur BFMTV. Le président sortant a donc fixé son objectif : « Le plein-emploi », durant son éventuel second quinquennat. Dans son programme, il souligne que le taux de chômage est au plus bas depuis 15 ans et commence par faire un bilan de ses années à l’Elysée. Il rappelle, en particulier, que l’apprentissage a « plus que doublé » et que trois millions de jeunes ont trouvé une formation ou un emploi grâce au dispositif « 1 jeune, 1 solution », mis en place à l’été 2020. Le candidat estime qu’il faut « poursuivre l’effort » et ajoute : « Le plein-emploi est à portée de main, allons ensemble au bout de ce qui fonctionne ». Pour ce faire, il développe 4 axes : mieux vivre de son travail, renforcer les droits et devoirs, travailler plus longtemps mais travailler mieux.

Emmanuel Macron : « Des droits et devoirs renforcés »

Concernant spécifiquement l’élargissement de l’accès à emploi, celui-ci est développé dans ce second axe programmatique. Intitulé « Des droits et devoirs renforcés », Emmanuel Macron y explique sa volonté d’aller plus vite dans la (ré) insertion des chômeurs en conditionnant notamment le RSA a une activité effective. Ce point, très critiqué par l’opposition, prévoit que la personne doit exercer une activité facilitant l'insertion professionnelle « 15 à 20 heures par semaine ». Dans le même temps, l’assurance chômage sera « plus stricte » quand trop d’emplois seront non pourvus et « plus généreuse » quand le chômage sera élevé, indique le programme du président sortant. Toute cette réforme doit être encadrée par la transformation de Pôle emploi en « France Travail », visant à mettre en commun les forces de l’Etat et des collectivités locales dans ce domaine pour une planification au plus près des territoires.

Le président candidat souhaite approfondir la réforme de la formation professionnelle pour mieux cibler les besoins des entreprises.

Afin d’éviter tout éloignement de l’emploi, Emmanuel Macron propose également, de « travailler mieux » et de garantir une solution de garde accessible pour tout parent d’enfants de moins de trois ans, une mesure qui vise aussi les familles monoparentales, en particulier les mères isolées à qui il avait promis, lors de la présentation de son programme en mars dernier, de « faciliter la garde de leurs enfants ». Le candidat avait notamment insisté sur le dossier du droit opposable à la garde d’enfants pour les mères ou les pères seuls. Celui-ci consiste à accueillir, à partir de 2 ans, et en accueil collectif, les enfants qui ne bénéficient d’aucune solution d’accueil extérieure à la famille. Le but étant, in fine, de permettre aux jeunes parents de retrouver le plus rapidement possible le chemin de l’emploi.

Marine Le Pen : la « préférence nationale » et un Fonds souverain français

« La France de Macron, c’est la France qui s’arrête », a déclaré de son côté Marine Le Pen, ce mercredi 13 avril, lors d’une visite dans une cimenterie de Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine. En effet, la candidate d’extrême-droite est bien décidée à se distinguer du programme pour l’emploi que propose le président sortant. Dans son propre programme, elle affirme vouloir assurer « une croissance forte » de l’économie, au service notamment de l’emploi. Pour ce faire, Marine Le Pen entend mettre en place un « patriotisme » économique via le principe du localisme qui doit permettre la souveraineté de la France en termes d’emploi. Afin de le financer, elle propose de mobiliser l’épargne des Français en créant le « Fonds Souverain Français » avec un taux d’intérêt à 2 % pour les personnes qui y investiraient. Au niveau local, elle prévoit une « démétropolisation » avec le renforcement des infrastructures de transports mais aussi numériques et énergétiques. Celui-ci permettrait, selon la candidate, le retour des services publics et le développement d’entreprises créatrices d’activités et d’emplois. Ces deux mesures sont couplées à une baisse des impôts de production des PME-TPE et à la suppression des impôts sur les transmissions d’entreprises pour inciter à l’embauche.

Enfin, la candidate confirme régulièrement son projet de « préférence nationale », idée portée de longue date par l’extrême droite et qui prévoit de prioriser l’accès au logement social et à l’emploi aux citoyens français, par rapport aux étrangers vivant sur le sol hexagonal, même si ces derniers travaillent et cotisent en France.

L’insertion des jeunes dans le viseur des deux candidats

Dans les deux programmes, au niveau de l’emploi, les jeunes sont ciblés. Si le chef de l’Etat ne veut pas étendre le RSA aux 18-25 ans, il souhaite poursuivre le contrat d’engagement jeune mis en place début 2022. Ce contrat est destiné aux 16-25 ans, n’ayant ni études ni emploi et fixe des engagements obligatoires en contrepartie d’une allocation financière de 200 à 500 euros, sur six à douze mois.

De son côté, la candidate du Rassemblement National souhaite créer un chèque-formation mensuel de 200 à 300 euros pour les apprentis alternants et leurs employeurs. Elle promet également d’exonérer d’impôt sur le revenu les jeunes jusqu’à 30 ans et exonérer d’impôt sur les sociétés les entrepreneurs de moins de 30 ans pendant les 5 premières années, afin de faciliter la recherche d’emploi ou le développement d’une activité.

 

 

 

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