En Afrique de l’est, Macron joue sa carte face à la Chine en prônant des partenariats « respectueux »
En tournée pour trois jours en Afrique de l'Est où l'influence chinoise est grandissante, Emmanuel Macron a prôné mardi à...

En Afrique de l’est, Macron joue sa carte face à la Chine en prônant des partenariats « respectueux »

En tournée pour trois jours en Afrique de l'Est où l'influence chinoise est grandissante, Emmanuel Macron a prôné mardi à...
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Par Laurence BENHAMOU

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En tournée pour trois jours en Afrique de l'Est où l'influence chinoise est grandissante, Emmanuel Macron a prôné mardi à Djibouti puis en Ethiopie des partenariats "équilibrés" et "respectueux" en annonçant des accords économiques, culturels et de défense, avant de signer de gros contrats au Kenya mercredi.

Alors que dans toute la région la Chine multiplie les investissements à grande échelle, le président français a voulu proposer une approche différente, dans une région où la France a des atouts mais qu'elle a largement délaissée.

A Djibouti, le président français a insisté sur la situation stratégique de cette ancienne colonie française, nichée à l'entrée de la mer Rouge sur une des routes maritimes les plus empruntées au monde.

Ce pays de la Corne de l'Afrique abrite la plus importante base militaire française à l'étranger et constitue "le point d'entrée" de la région, a insisté M. Macron lors d'une conférence de presse avec son homologue, Ismaïl Omar Guelleh.

"Djibouti a joué un rôle majeur dans la sécurisation de la Somalie. Notre souhait est de poursuivre cette coopération (...) et d'intensifier la lutte contre la piraterie", a-t-il ajouté, avant de se rendre à la base militaire française.

L'enjeu pour la France est de conserver son influence dans un pays qui suscite les convoitises des grandes puissances, notamment de la Chine, qui y a ouvert en 2017 sa première base à l'étranger.

Djibouti est situé le long de la route maritime censée permettre à la Chine de rejoindre l'Afrique et l'Europe par la mer de Chine et l'océan Indien, dans le cadre du projet pharaonique des nouvelles routes de la Soie.

Pour cette initiative majeure, Pékin a prêté des sommes importantes à plusieurs pays en développement d'Asie et d'Afrique pour améliorer leurs infrastructures et faciliter le commerce.

A Djibouti, la Chine a notamment financé la construction de ports et d'une ligne ferroviaire jusqu'à Addis Abeba.

Des experts ont mis en garde ces pays sur leur capacité à rembourser leur dette à la Chine, mais ceux-ci considèrent cet endettement comme un pari sur l'avenir. La Chine, elle, cherche en échange à prendre des parts dans ces infrastructures, dans des contrats de "debt-for-equity" (dette contre capital).

"Je ne voudrais pas que des investissements internationaux viennent affaiblir la souveraineté de nos partenaires", a averti M. Macron, au sujet de la stratégie chinoise. "Les entreprises (françaises) sont en mesure de proposer un partenariat respectueux".

Actualité internationale oblige, le chef de l'Etat français a par ailleurs salué la décision de son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika de renoncer à un cinquième mandat, qui "signe une nouvelle page dans le développement de la démocratie algérienne".

- 'Erreurs du passé' -

A la mi-journée, le chef de l'État français s'est envolé pour Lalibela, à 680 km au nord d'Addis Abeba, où il a visité des églises rupestres du XIIIe siècle, classées par l'Unesco au patrimoine mondial, en compagnie du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.

Emmanuel Macron a promis de "financer et accompagner le travail avec les Ethiopiens pour restaurer ces églises" menacées par l'érosion, taillées dans une roche fragile qui se désagrège sous la pluie. Un modèle de "la diplomatie culturelle à laquelle je crois" faite de "partenariats équilibrés", a souligné le président français.

Les archéologues français, présents en Ethiopie depuis les années 50, font partie des meilleurs spécialistes mondiaux de ce patrimoine emblématique des chrétiens d'Orient.

Le travail consistera principalement à remplacer les "parapluies" et leurs piliers massifs installés en 2008 par l'Union européenne sur des critères de l'Unesco, qui protègent cinq églises et auxquels la population locale est hostile.

"On apprend des erreurs du passé, et quand on fait des choses sans que les gens le comprennent, l'acceptent et se l'approprient, ça ne marche pas. Et cela s'applique à tout", a dit le président à Lalibela, après avoir admiré l'église Saint-Georges, la plus célèbre du site.

Lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé un accord-cadre de défense pour "un accompagnement spécifique de la France" sur la mise en place d'une marine éthiopienne, dans un pays qui pourtant n'a pas accès à la mer. L'AFD va lui accorder un prêt de 85 millions d'euros pour aider ses réformes.

Mercredi matin, il devait rencontrer les dirigeants de l'Union africaine puis se rendre au Kenya jusqu'à jeudi, une première pour un président français. Accompagné d'un délégation de patrons français, il y assistera au sommet pour le climat One Planet Summit et devrait annoncer, depuis la gare centrale de Nairobi, des contrats de quelque 3 milliards d'euros ainsi qu'un projet de prolongation de la ligne entre Nairobi et l'aéroport.

burs-ndy-leb/jh

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