Engagement et proximité: l’Assemblée nationale à son tour veille sur les maires
Après le Sénat, l'Assemblée nationale se penche à partir de lundi sur le sort des maires, réunis au même moment en Congrès à...

Engagement et proximité: l’Assemblée nationale à son tour veille sur les maires

Après le Sénat, l'Assemblée nationale se penche à partir de lundi sur le sort des maires, réunis au même moment en Congrès à...
Public Sénat

Par Anne Pascale REBOUL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Après le Sénat, l'Assemblée nationale se penche à partir de lundi sur le sort des maires, réunis au même moment en Congrès à Paris, auxquels un projet de loi est dédié dans la perspective des élections municipales de mars.

Défendu par le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu, ce texte devant faciliter la vie des élus locaux est au menu du Palais Bourbon jusqu'à vendredi, avec quelque 1.500 amendements à la clé.

"Des maires seront dans les tribunes", ce qui "évitera la démagogie", glisse un député, alors que le 102e congrès de l'Association des maires de France (AMF) se tiendra de mardi à jeudi à quelques encablures.

Après des mois de tensions avec l'exécutif, ce projet de loi Engagement et Proximité se veut une réponse concrète aux attentes des maires exprimées lors du Grand débat national, et tout particulièrement ceux des communes rurales.

Baisse de dotations, "marche forcée" vers les grandes intercommunalités et aussi, dans une certaine mesure, défiance vis-à-vis du politique: les maires et plus généralement les 600.000 élus locaux, très majoritairement bénévoles, se sentent dépossédés, déclassés, impuissants.

Voté à une très large majorité au Sénat, le projet de loi est plutôt bien accueilli à l'Assemblée mais plusieurs groupes politiques attendent de voir son évolution pour fixer leur position de vote.

Les Républicains souhaitent notamment inscrire le respect du "principe de laïcité" dans la charte de l’élu local, reprenant par là une proposition de Bruno Retailleau, président des sénateurs LR.

- Pas de "grand soir des compétences" -

Le texte gouvernemental repose sur deux piliers majeurs: redonner des libertés locales afin de répondre au sentiment d'impuissance des maires. Et décliner une série de mesures pour faciliter le quotidien des élus (revalorisation des indemnités, frais de garde des enfants, droit à la formation...), autant d'encouragements à s'investir ou renouveler son engagement dans la vie politique locale, à cinq mois des municipales.

"Les +marcheurs+ ne sont pas déracinés ou éloignés des réalités locales. Nous serons des aiguillons", promet Sacha Houlié, chef de file des députés LREM sur ce texte.

En octobre, les sénateurs, majoritairement de droite, ont largement réécrit le projet de loi, notamment en poussant un peu plus loin le rééquilibrage des relations communes/intercommunalité et en proposant une "intercommunalité à la carte".

"Le Sénat a voulu faire le grand soir des compétences. Nous allons retenir ce qui peut l'être", indique un responsable de la majorité à l'Assemblée.

Dès l'examen en commission, les députés sont revenus sur nombre d'ajouts de la chambre haute. Ils ont aussi esquissé des compromis, par exemple en aménageant le transfert obligatoire des compétences "eau" et "assainissement" des communes à l'intercommunalité, transfert dont le Sénat ne voulait pas.

Les députés ont aussi mis leur patte: alors que le scrutin de liste paritaire ne s'applique actuellement qu'aux communes de plus de 1.000 habitants, ils ont abaissé le seuil à 500 habitants à compter de 2026.

Certains élus dans la majorité plaident pour aller plus loin en faveur de l'entrée de femmes dans les conseils municipaux, mais avec le risque que des listes ne puissent se monter dans certaines communes, à l'heure de la crise des vocations.

Le gouvernement a aussi quelques amendements nouveaux pour la séance, sur les indemnités des élus, pour remettre en circulation des licences IV permettant la vente d'alcool dans les débits de boissons, dans les communes rurales en soutien au commerce. Ou encore pour prévoir, en cas de crise, une information des maires par le préfet, après l'incendie de Lubrizol, dans le sens souhaité par le Sénat.

Le gouvernement entend "bâtir un consensus le plus large possible" et souhaite une adoption définitive rapide du texte, pour une mise en oeuvre dès début 2020.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA: Exercice Orion 26 Armee de l Air
9min

Politique

« Signal très mitigé », « pas de vision globale » : l’actualisation de la loi de programmation militaire laisse les sénateurs sur leur faim

Avec 36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030, l’actualisation de la LPM portera la hausse du budget des armées à 449 milliards d’euros sur la période 2024/2030. « Ça va dans le bon sens, car c’est une nécessité absolue dans la période qu’on traverse », salue le président LR de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, Cédric Perrin. Mais il juge l’effort « frustrant », car « on n’augmente pas notre capacité ».

Le

FRA – RN VOTE BARDELLA MUNICIPALES 2EME TOUR
6min

Politique

Jordan Bardella dans Paris Match avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux- Siciles : « Est-ce que les Français vont acheter l’histoire du conte de fées » ?

A la Une de Paris Match, le président du RN, Jordan Bardella a officialisé sa relation amoureuse avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, une figure de la Jet-Set européenne. Pour Philippe Moreau Chevrolet, expert en communication politique et enseignant à Sciences Po Paris, le patron du Rassemblement national signe, avec cette couverture, « son entrée en campagne » pour la présidentielle de 2027. Mais l’opération de com n’est pas sans risque pour son image. Interview.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
10min

Politique

« Ce n’est pas non plus le Soviet suprême ! » : au groupe PS du Sénat, la présidence de Patrick Kanner suscite convoitises et crispations

Les sénateurs du groupe PS du Sénat ont modifié leur règlement intérieur. Patrick Kanner, à la tête du groupe, était menacé en cas d’adoption du principe de non-cumul dans le temps, proposition finalement rejetée. Mais l’ancien ministre, qui pourra se représenter en octobre prochain, après les sénatoriales, se retrouve contesté en interne.

Le

Engagement et proximité: l’Assemblée nationale à son tour veille sur les maires
3min

Politique

Cyberattaques : Roland Lescure annonce la feuille de route du gouvernement pour « protéger les données de l’État »

Le ministre de l’économie et des finances Roland Lescure a annoncé ce mercredi 8 avril que le Premier ministre allait détailler dès demain la feuille de route du gouvernement pour lutter contre le vol des données de l’État. Fermeture des sites obsolètes, authentification à double facteur… le ministre a déjà dessiné quelques pistes à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

Le