Enquête assistants FN: partie civile, le Parlement européen veut « récupérer les fonds »
Le Parlement européen s'est constitué partie civile dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs visant des assistants d...

Enquête assistants FN: partie civile, le Parlement européen veut « récupérer les fonds »

Le Parlement européen s'est constitué partie civile dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs visant des assistants d...
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Le Parlement européen s'est constitué partie civile dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs visant des assistants d'eurodéputés frontistes, avec l'intention affichée de "récupérer les fonds des contribuables", a déclaré jeudi à l'AFP son avocat, Me Patrick Maisonneuve.

Le Parlement a lancé plusieurs procédures de recouvrement de salaires versés aux assistants rattachés à certains élus frontistes, dont Marine Le Pen. Ces décisions font l'objet de recours devant la justice européenne.

En parallèle, l'institution s'est constituée partie civile dans l'enquête menée en France par des juges d'instruction du pôle financier, qui ont convoqué Mme Le Pen en vue d'une possible mise en examen pour abus de confiance vendredi. Un rendez-vous auquel elle ne compte pas se rendre.

"Le Parlement européen souhaite être associé et présent dans la procédure. Son devoir est de rendre des comptes sur l'utilisation de ses fonds. Il ne s'agira pas d'une présence symbolique", a expliqué jeudi à l'AFP Me Maisonneuve, avocat de l'institution.

"Cet argent appartient aux contribuables européens, donc aussi aux contribuables français. Pour nous, le but est de le récupérer", a-t-il ajouté.

L'information judiciaire a été ouverte en décembre par le parquet de Paris, qui menait une enquête préliminaire depuis mars 2015. Les juges d'instruction tentent de déterminer si le FN a mis en place un système pour rémunérer ses cadres ou employés avec des fonds publics de l'Union européenne, via des contrats d'assistants de députés.

Le Parlement européen avait saisi la justice française sur les cas d'une vingtaine d'assistants parlementaires. En cause, leur présence à des postes figurant dans le dernier organigramme du parti en France, qui peut faire douter de leur emploi effectif à l'assemblée siégeant à Strasbourg.

Les juges d'instruction ont mis en examen la cheffe de cabinet de Mme Le Pen, Catherine Griset, pour recel d'abus de confiance. Elle est soupçonnée d'avoir été salariée comme assistante parlementaire "accréditée" de Mme Le Pen au Parlement européen de décembre 2010 à février 2016, un statut qui suppose une présence effective à Strasbourg ou Bruxelles, alors qu'elle exerçait en fait ses activités au sein du parti.

A ce titre, mais également pour des salaires versés à son garde du corps Thierry Légier, le Parlement européen réclame environ 340.000 euros à Mme Le Pen, en tête dans les sondages consacrés au premier tour de la présidentielle.

"C'est paradoxal d'être antieuropéen, de profiter financièrement de l'Europe et de se retrancher derrière l'immunité qu'offre le Parlement européen pour ne pas se rendre à une convocation en justice", a relevé Me Maisonneuve.

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