Enquête Fillon: le parquet n’envisage pas « en l’état » de classement sans suite
Le rapport de la police concernant l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de Penelope Fillon a été remis mercredi au parquet national financier (PNF), qui n'envisage pas « en l'état » de classement sans suite, a annoncé jeudi le parquet.

Enquête Fillon: le parquet n’envisage pas « en l’état » de classement sans suite

Le rapport de la police concernant l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de Penelope Fillon a été remis mercredi au parquet national financier (PNF), qui n'envisage pas « en l'état » de classement sans suite, a annoncé jeudi le parquet.
Public Sénat

Par AFP

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« Les nombreux éléments déjà recueillis ne permettent pas d'envisager, en l'état, un classement sans suite de la procédure », a indiqué le procureur Eliane Houlette dans un communiqué.

« Les investigations vont se poursuivre dans le strict respect des règles qui gouvernent le code de procédure pénale », a-t-elle ajouté.

Le PNF a ouvert le 25 janvier une enquête préliminaire pour détournements de fonds publics et abus de biens sociaux à la suite de soupçons d'emplois fictifs de l'épouse de François Fillon, le candidat de la droite à la présidentielle.

Deux options restent donc offertes au ministère public: citer directement des protagonistes devant un tribunal correctionnel ou ouvrir une information judiciaire en confiant la poursuite des investigations à des juges d'instruction, seuls habilités à placer un acteur du dossier sous le statut intermédiaire de témoin assisté ou à prononcer d'éventuelles mises en examen.

L'ancien Premier ministre, dont la campagne est plombée par cette enquête, s'est engagé à se retirer de la course à la présidentielle en cas de mise en examen.

Au cœur des investigations, les postes occupés par Penelope Fillon comme assistante parlementaire de son mari et de son suppléant, Marc Joulaud. Sur environ 15 ans, de 1986 à 2013 avec plusieurs interruptions, elle a perçu 680.380 euros nets.

L'enquête porte également sur l'emploi de Penelope Fillon comme salariée de la Revue des deux mondes de mai 2012 à décembre 2013, dont le propriétaire, l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, est un proche de M. Fillon.

Autre sujet d'investigations, les emplois d'assistants parlementaires de deux enfants du couple, Charles et Marie Fillon, auprès de leur père quand ce dernier était sénateur de 2005 à 2007.

En trois semaines, les enquêteurs ont enchaîné les auditions des principaux acteurs de l'affaire, notamment les époux Fillon et leurs deux enfants, Marc Joulaud, plusieurs anciens collaborateurs du député, Marc Ladreit de Lacharrière et le directeur à l'époque de La Revue des deux mondes, Michel Crépu.

Pour les avocats du couple Fillon, cette enquête est « illégale » car le délit de détournement de fonds publics ne peut, à leurs yeux, concerner un parlementaire.

Partager cet article

Dans la même thématique

Limoges Town Hall Partially Destroyed by Fire During Violent Protests
6min

Politique

Incendie de la mairie de Limoges : qu’est-ce que « l’ultragauche », mouvance dont le suspect arrêté serait issu ?

Le parquet de Limoges a annoncé ce mardi l’interpellation d’un suspect dans le cadre de l’incendie de la mairie de Limoges samedi 17 octobre. Cet homme de 34 ans appartiendrait, d’après les autorités, à « l’ultragauche », sans que son rôle éventuel dans l’incendie n'ait été précisé. Mais quelles réalités recouvre ce vocabulaire « d’ultragauche », souvent utilisé par les renseignements et l’antiterrorisme ?

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
3min

Politique

Violences du 17 octobre : Sébastien Lecornu reconnaît les failles du renseignement et promet « un dispositif massif » samedi prochain

Devant les députés ce mercredi, le Premier ministre a reconnu un manque d'anticipation de la part des services de renseignement sur l’ampleur des manifestations du 17 octobre. Il a, en revanche, réfuté toute instrumentalisation des services à des fins politiques contre LFI, ainsi que le laisse entendre des témoignages recueillis par Mediapart.

Le