Enregistrement Benalla: l’opposition dénonce la tentative de perquisition visant Mediapart
L'opposition est montée au front mardi pour dénoncer la tentative de perquisition de Mediapart la veille dans le cadre de la...

Enregistrement Benalla: l’opposition dénonce la tentative de perquisition visant Mediapart

L'opposition est montée au front mardi pour dénoncer la tentative de perquisition de Mediapart la veille dans le cadre de la...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'opposition est montée au front mardi pour dénoncer la tentative de perquisition de Mediapart la veille dans le cadre de la tentaculaire affaire Benalla, accusant le pouvoir d'"utilisation de la justice à des fins politiques" ou de "dérive autoritaire".

"J'aimerais savoir qui a demandé au parquet d'ouvrir une enquête préliminaire; aujourd'hui on ne peut pas répondre", a noté le député RN et membre du bureau exécutif du parti Louis Aliot sur BFMTV/RMC.

"J'ai du mal à soutenir Mediapart alors qu'il se réjouit des perquisitions des autres. Mais sur cette perquisition-là, si l'enquête préliminaire a été ouverte sans plainte de M. Benalla ou des gens mis en cause, c'est là que ça devient grave et qu'on voit que le pouvoir utilise les services de l'Etat et de la justice à des fins politiques", a-t-il accusé.

Le parquet de Paris a tenté de perquisitionner Mediapart lundi après la diffusion fin janvier d'une conversation entre l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron et Vincent Crase, ex-employé de LREM et gendarme réserviste, quelques jours après leur mise en examen en juillet.

Cette nouvelle enquête a été ouverte pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations", autrement dit sur les conditions dans lesquelles cet enregistrement a été réalisé, selon une source judiciaire.

Si "ça s'est vu sous Vichy", "aller perquisitionner une rédaction, ça ne se fait pas, pas dans une démocratie", a critiqué l'ancien ministre et actuel président de l'Assemblée des départements de France Dominique Bussereau (ex-LR) mardi sur LCI.

Un des porte-parole des Républicains, Gilles Platret, avait exprimé lundi dans un tweet son "sentiment de malaise profond".

Le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a dressé mardi sur Twitter un parallèle entre les perquisitions visant son parti à l'automne et celle de Mediapart.

"Ce qui est fait à Mediapart prépare d'autres mauvais coups de même nature contre d'autres médias ou d'autres formations politiques", avait-il écrit lundi sur son blog, en estimant que "la Macronie est devenue dangereuse pour la liberté".

Les députés communistes ont "condamné solennellement" mardi la tentative de perquisition au siège de Mediapart, l'un de leur porte-parole Sébastien Jumel dénonçant au cours d'une conférence de presse une "atteinte inquiétante" à la liberté de la presse et rappelant la nécessité de "sanctuariser le secret des sources".

Yannick Jadot, tête de liste EELV, avait aussi défendu lundi "la protection des sources" des journalistes, et le premier secrétaire du PS Olivier Faure considéré que "la violation de ce principe est une entame grave à la liberté de la presse et à son indépendance".

"L'ingérence du pouvoir dans le travail de Mediapart est une nouvelle dérive autoritaire", s'est inquiété le chef de file de Générations Benoît Hamon.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le