Erik Orsenna : « Comment peut-on dire que l’on va produire moins avec 1 milliard de personnes qui ne mangent pas à leur faim ? »
L’académicien Erik Orsenna, très engagé sur les questions d’écologie, et qui a notamment beaucoup travaillé sur la gestion de l’eau, alerte sur les excès des appels à la décroissance. Au micro de Public Sénat, il salue la transformation du modèle agricole français et dénonce l’agribashing.

Erik Orsenna : « Comment peut-on dire que l’on va produire moins avec 1 milliard de personnes qui ne mangent pas à leur faim ? »

L’académicien Erik Orsenna, très engagé sur les questions d’écologie, et qui a notamment beaucoup travaillé sur la gestion de l’eau, alerte sur les excès des appels à la décroissance. Au micro de Public Sénat, il salue la transformation du modèle agricole français et dénonce l’agribashing.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La polémique sur les super bassines et la gestion de l’eau pose, en filigrane, la question d’un modèle agricole de décroissance avec une gestion millimétrée des ressources. Invité ce vendredi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat, l’Académicien Erik Orsenna, qui a beaucoup travaillé sur la question de l’eau et préside notamment l’association Initiatives pour l’avenir des grands fleuves, a tenu à alerter sur les excès d’une vision décliniste. « Comment peut-on dire que l’on va produire moins alors qu’il y a quasiment 1 milliard de personnes qui ne mangent pas à leur faim ? Ça n’est pas possible. Comment peut-on dire que l’on va produire moins, alors que nous devons récupérer une sorte de souveraineté alimentaire ? », s’est agacé l’écrivain, auteur notamment de L’avenir de l’eau (Prix Joseph Kessel en 2009) et de La Terre à soif (2022)

« Est-ce que c’est avec la décroissance que l’on va trouver de nouveaux médicaments ? De nouvelles façons de produire de l’énergie ? », interroge encore celui qui occupe à l’Académie française le fauteuil de Louis Pasteur. « Supprimer l’eau à l’agriculture c’est supprimer la vie », rappelle Erik Orsenna, qui reconnaît qu’il n’est pas non plus question « de continuer l’agriculture comme avant », ni de « prélever de l’eau comme avant ».

« Quelle autre activité humaine et française s’est autant réformée que l’agriculture ? »

« Notre balance commerciale est complètement effondrée. Nos exportations agricoles nous rapportent plus que les airbus ! Il ne faut pas se foutre du monde », s’agace notre invité, qui dénonce les critiques récurrentes subies par les agriculteurs. « Quand on attaque les agriculteurs alors que le budget des ménages réservé à la consommation est passé de 30 à 10 %, quel mépris ! »

« Évidemment, on doit aider les agriculteurs à accélérer la transition, mais quelle autre activité humaine et française s’est autant réformée que l’agriculture ? On leur a dit : Produisez ! Produisez ! Produisez ! Et maintenant on leur dit : Respectez ! Respectez ! Respectez ! », poursuit Erik Orsenna. « On donne des leçons aux agriculteurs, mais qui sont les plus pauvres parmi les Français ? Les agriculteurs. Ou trouve-t-on le plus de menaces, d’inquiétudes, de suicides ? Chez les agriculteurs », relève encore l’écrivain.

Partager cet article

Dans la même thématique

INDRE : Pregnant and confined.
7min

Société

« Du plancher collant au plafond de mère » : la maternité, un des principaux facteurs d’inégalité entre les femmes et les hommes

Alors que les nombreux débats autour de la démographie et de la natalité en France ont émergé ces derniers mois, ce mercredi 9 septembre, le Haut Conseil à l’égalité (HCE) a publié un rapport de 166 pages rappelant que la maternité est aujourd’hui l’un des principaux facteurs de persistance des inégalités socio-économiques entre les femmes et les hommes.

Le

Erik Orsenna : « Comment peut-on dire que l’on va produire moins avec 1 milliard de personnes qui ne mangent pas à leur faim ? »
8min

Société

Périscolaire : à Paris, la procureure face à « une massification des signalements »

Face à la multiplication des affaires de violences sexuelles dans le périscolaire, à Paris, la procureure de la République du tribunal de Paris, Laure Beccuau, reconnaît qu’« il faut restaurer la confiance ». Avec « 2.900 enquêtes en cours » sur les violences sexuelles subies par les mineurs, « les violences périscolaires, c’est à peu près 10 % des dossiers », souligne-t-elle. Soit « 235 enquêtes pénales ouvertes par le parquet de Paris pour violences en milieu scolaire et périscolaire », précise la sénatrice LR, Agnès Evren.

Le

Erik Orsenna : « Comment peut-on dire que l’on va produire moins avec 1 milliard de personnes qui ne mangent pas à leur faim ? »
4min

Société

Handicap : « L’inclusivité doit être au cœur de cette campagne présidentielle », espère Emmanuel Macron

A l’occasion de la 7e Conférence national du handicap, Emmanuel Macron a dressé le bilan de son action en la matière, avec une école plus inclusive et un meilleur taux d’emploi des personnes en situation de handicap. Mais beaucoup reste à faire en matière d’accessibilité. Une « nouvelle stratégie nationale pour l’autisme et les troubles du neurodéveloppement » sera présentée d’ici la fin de l’année.

Le

France Macron
5min

Société

Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexuelles ...Toutes les nouveautés à l’école en cette rentrée 2026 

Ce sont au total 11 607 600 élèves qui ont effectué leur rentrée scolaire aujourd’hui, dans les 57 700 écoles et établissements scolaires de France. Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles : zoom sur toutes les nouveautés de ce mois de septembre 2026.

Le