Ils passaient des appels "confidentiels", envoyaient des faux documents et revêtaient un masque du ministre: sept hommes soupçonnés d'avoir...
Escroquerie au « faux Le Drian »: sept hommes devant la justice
Ils passaient des appels "confidentiels", envoyaient des faux documents et revêtaient un masque du ministre: sept hommes soupçonnés d'avoir...
Par Anne LEC'HVIEN
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Ils passaient des appels "confidentiels", envoyaient des faux documents et revêtaient un masque du ministre: sept hommes soupçonnés d'avoir empoché plus de 50 millions d'euros en se faisant passer pour Jean-Yves Le Drian auprès de riches personnalités sont jugés à partir de mardi à Paris.
Le téléphone sonne. Au bout du fil, le ministre alors chargé de la Défense demande des fonds en urgence pour une "opération secrète" et promet un remboursement de l'État français: telle est la fable servie par des hommes qui ont usurpé, à partir de l'été 2015, l'identité de M. Le Drian, devenu depuis ministre des Affaires étrangères.
Le chef spirituel des musulmans chiites ismaéliens, Karim Aga Khan IV, tombe dans le piège en 2016. Il transfère 20 millions d'euros sur des comptes en Pologne et en Chine. Trois virements sur cinq sont gelés mais 7,7 millions disparaissent.
Quelques mois plus tard, l'une des plus grandes fortunes turques, Inan Kirac, pense avoir été sollicité afin de réunir une rançon pour deux journalistes otages en Syrie. 47,4 millions de dollars (45 millions d'euros au cours de l'époque) se volatilisent.
Le président du Gabon Ali Bongo (C) passe ses troupes en revue à Libreville 16 août 2019
AFP/Archives
En tout, trois victimes de cette audacieuse escroquerie seront identifiées mais plus de 150 cibles seront approchées, dont le président du Gabon Ali Bongo, le Sidaction, le PDG du groupe Lafarge ou encore l'archevêque de Paris.
Sous la fausse identité du ministre, les malfaiteurs tentent aussi, sans succès, de vendre quatre hélicoptères Tigre à la Tunisie pour 19,4 millions d'euros. Ils n'hésitent pas à organiser des vidéoconférences, enfilant un costume et un masque, ni à contacter l'Assemblée nationale et un préfet pour crédibiliser leur scénario.
Dimanche, M. Le Drian a expliqué avoir été d'abord "surpris" par cette affaire avant d'être "atterré" et "scandalisé". "J'espère que la justice va aller au bout de cette démarche et faire en sorte que ces escrocs soient punis comme ils doivent l'être", a-t-il expliqué au micro du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.
Une fois la justice saisie en 2015, les enquêteurs partent sur les traces de l'argent disparu. Mais l'affaire prend un tournant décisif avec l'extradition d'un homme connu de la justice française: Gilbert Chikli.
- Masque d'Albert II de Monaco -
Gilbert Chikli, le 26 septembre 2017, à Kiev
AFP/Archives
Ce Franco-israélien de 54 ans, qui clame son innocence dans ce dossier, est considéré comme l'inventeur de l'arnaque dite du "faux président", selon laquelle des escrocs se font passer pour des chefs d'entreprises afin de se faire transférer de l'argent par des collaborateurs.
Cet homme, dont l'histoire a inspiré un film ("Je compte sur vous"), est alors en fuite. Il a été condamné en 2015, par contumace, à sept ans de prison et un million d'euros d'amende pour avoir escroqué plusieurs grandes entreprises.
En août 2017, il est interpellé en Ukraine aux côtés d'Anthony Lasarevitsch, lui aussi recherché dans le cadre d'une autre information judiciaire.
Sur leurs téléphones, la police découvre des éléments faisant penser à une nouvelle arnaque: des messages autour d'un appartement pour "travailler", une "belle liste" et une photo d'un masque d'Albert II de Monaco.
Au-delà des similitudes, les investigations, en particulier des expertises vocales, permettent selon l'accusation d'impliquer ces deux hommes dans l'escroquerie au "faux Le Drian".
Les sommes disparues, versées sur des comptes "taxis" rapidement vidés, n'ont cependant pas été retrouvées. L'instruction se poursuit sur ce volet.
Albert II de Monaco, le 27 janvier 2020
AFP/Archives
Cinq autres prévenus, âgés de 27 à 49 ans, sont soupçonnés d'avoir tenu un rôle, à des degrés divers, dans cette escroquerie ou dans la tentative liée à Albert II.
M. Lasarevitsch, 35 ans, "conteste avec force toute participation à l'escroquerie commise au préjudice du prince Aga Khan en utilisant la fausse identité de Jean-Yves Le Drian", a déclaré son avocat, David-Olivier Kaminski.
Sollicité par l'AFP, l'avocat de M. Chikli, Stéphane Sebag, n'a pas souhaité s'exprimer avant le procès, qui doit se tenir sur cinq demi-journées pour s'achever le 12 février.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.