Européennes 2019 : la méthode Macron va-t-elle payer ?
En mai 2019, les électeurs européens seront appelés aux urnes. À un an de cette échéance électorale, les partis politiques européens se mettent en branle. Et le Président Macron lance sa campagne. Europe Hebdo a fait réagir plusieurs eurodéputés.

Européennes 2019 : la méthode Macron va-t-elle payer ?

En mai 2019, les électeurs européens seront appelés aux urnes. À un an de cette échéance électorale, les partis politiques européens se mettent en branle. Et le Président Macron lance sa campagne. Europe Hebdo a fait réagir plusieurs eurodéputés.
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Le 17 avril dernier, Emmanuel Macron s’exprimait dans l’enceinte du Parlement européen. Il donnait sa vision de l’Europe, de la souveraineté européenne, et appelait à construire dans l’année à venir « un débat structuré sur des convictions », une façon de poser une première pierre de campagne.

Le Président français tente de reproduire au niveau européen ce qui l’a porté au pouvoir en France. Refusant pour l’instant de s’allier avec le groupe des libéraux démocrates, pourtant le plus proche de sa ligne politique, il essaie d’ouvrir sa propre voie au centre, hors des partis politiques traditionnels.

En effet, alors que les partis des extrêmes se mettent en mouvement :d’un côté, La France Insoumise s’affiche avec Podemos (Espagne) et le Bloco (Portugal), trois formations de gauche radicale ; et de l’autre, le Front national annonce sa volonté de mener des actions communes avec d’autres formations d’extrême droite comme le Ligue du Nord, de Matteo Salvini en Italie ; les partis traditionnels semblent patiner. Sylvie Guillaume, membre du Parti socialiste, admet ainsi pudiquement que sa formation politique est dans une « phase de redémarrage ».

Macron à la conquête de l’Europe ?

Alors Emmanuel Macron peut-il profiter de cette situation et faire du macronisme une force politique au niveau européen ?

Pas si simple selon les invités de l’émission Europe Hebdo. Pour le député luxembourgeois Frank Engel, s’il est clair que le Président français « essaie de marquer de son empreinte plus que le sol français, cela sera sans doute plus difficile au niveau européen ».

Un constat que partage le Français Dominique Riquet, pourtant centriste et donc proche du mouvement En Marche. « Le paysage politique des différents pays est assez différent du paysage politique en France. Donc je pense que la stratégie du président a été excellente en France mais qu’elle s’appliquait à un paysage qui a été d’ailleurs lui-même qualifié d’extraordinaire […]. En réalité, dans beaucoup de pays, même s’il y a une montée des extrêmes, le paysage politique est resté beaucoup plus stable ».

Extrait Europe Hebdo - Dominique Riquet - 02/05/2018
00:26

La députée européenne Sylvie Guillaume insiste quant à elle sur la nécessité d’adopter une grille de lecture adaptée au niveau européen. « En France, l’élection [présidentielle] s’est beaucoup basée sur le "on dégage tout le monde" et je pense que ce registre-là n’est pas exactement adapté à l’enjeu européen ».

Une nécessaire « lisibilité »

Au-delà du contexte politique et des spécificités nationales, c’est la lisibilité politique d’Emmanuel Macron que tacle sévèrement le député Frank Engel en se demandant : « Au fond, En Marche, c’est quoi ? ça veut quoi ? Je ne l’ai pas encore tout à fait saisi ». Il interroge aussi la longévité d’un tel mouvement. Un parti centré sur un seul homme ne peut pas s’installer dans la durée selon lui.

Extrait Europe Hebdo - Frank Engel - 02/05/2018
00:38

Là encore, Dominique Riquet ne s’inscrit pas totalement en faux et admet un « problème de tactique ». Mais il explique que les citoyens sont en attente de « quelque chose d’équilibré ». « Il y a nécessité d’une union entre les démocrates sociaux et les sociaux-démocrates » : en clair, centre droit et centre gauche doivent pouvoir trouver une voie de discussion et d’action commune. La voie centrale et novatrice proposée par Emmanuel Macron serait donc bien en adéquation avec les aspirations des électeurs.

Mais si la discussion est importante pour l’eurodéputée socialiste Sylvie Guillaume, les lignes de démarcations le sont aussi. « Discuter ne veut pas dire qu’on partage » explique-t-elle. La discussion entre forces politiques aux idées et aux philosophies différentes est un moyen d’avancer, un moyen d’ailleurs couramment loué au sein du Parlement européen. Mais avec un bémol : « l’illisibilité, le côté statique de cette politique et de son application qui n’est pas toujours perçu par les citoyens », un enjeu majeur pour les élections européennes à venir.

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