Européennes: cacophonie à gauche sur le climat
Cinq têtes de listes de gauche pour les élections européennes, Manon Aubry (LFI), Yannick Jadot (EELV), Raphaël Glucksamnn (PS)...

Européennes: cacophonie à gauche sur le climat

Cinq têtes de listes de gauche pour les élections européennes, Manon Aubry (LFI), Yannick Jadot (EELV), Raphaël Glucksamnn (PS)...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Cinq têtes de listes de gauche pour les élections européennes, Manon Aubry (LFI), Yannick Jadot (EELV), Raphaël Glucksamnn (PS) Ian Brossat (PCF) et Benoît Hamon (Générations) ont toutes défilé pour le climat, vendredi à Paris, mais chacune de leur côté et en s'évitant soigneusement.

À deux jours du scrutin européen, alors que l'écologie s'est imposée comme l'un des thèmes centraux de la fin de campagne, les leaders de la gauche française se sont renvoyés la responsabilité de l'impossible union: "Pas de notre fait", selon M. Brossat ; "Les autres sont ceux qui nous ont gouvernés pendant tant d'années, et le PCF est pour le nucléaire", pour Mme Aubry ; Claire Nouvian, l'un des co-listières de la liste PS-Place publique a elle rappelé avoir "proposé à deux reprises à Yannick Jadot d'être à la tête d'une liste d'union, ce qu'il a refusé à chaque fois".

"S'il y a un mouvement politique qu'on ne peut pas accuser de récupération, c'est les écologistes. Pour les autres, reconnaissons qu'en période électorale ils sont plus écologistes que quand la période électorale est terminée", leur a répondu le leader EELV, à quelques dizaines de mètres.

Au milieu de plusieurs centaines de lycéens et étudiants, à la faveur d'une "grève" des jeunes prévue dans plusieurs pays pour l'action climatique, les candidats ont pourtant tous défendu leur présence, le candidat communiste reconnaissant par ailleurs "des éléments de convergence entre nous".

"Je fais le vœu que, dès le lendemain des élections européennes, nous soyons capables de nous reconstruire. Je ne veux pas insulter l'avenir: demain, nous sommes condamnés à travailler ensemble", a encore avancé Ian Brossat, dont la liste est créditée par les études d'opinion d'environ 3,5% d'intentions de vote, sous le seuil des 5% pour envoyer des parlementaires à Strasbourg.

"Tout le monde propose des mesures écologistes, mais personne ne dit qui paie: la transformation écologique ne fonctionnera que si elle est juste socialement", a pour sa part taclé Raphaël Glucksmann, dont la liste est elle-aussi menacée de ne pas atteindre les 5%.

Benoît Hamon a pour sa part vu dans ce défilé "la démonstration qu'il eut été sans doute beaucoup plus simple de faire une grande liste de l'écologie et de gauche". "Mais on ne va pas pleurer et passer son temps à le regretter", a ajouté celui qui a quitté le PS pour fonder son propre parti, Générations, il y a deux ans.

En creux, c'est l'ordre d'arrivée des listes, dimanche soir, qui est en jeu, LFI disputant à EELV la première place à gauche, derrière LREM, le RN et LR. Quitte à essuyer un procès en récupération du mouvement lycéen? "On n'a pas attendu les élections pour être dans les marches pour le climat", jure Yannick Jadot.

Mme Aubry lui rendu a la pareille: "Jadot, il était pour la taxe carbone. Cette marche climat, ça n'est pas la première, pas la dernière. Nous serons présents bien après le 26 mai".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

Taxi de Cannes le carburant a plus de 2 euros le litre
7min

Politique

Prix du carburant : avec les aides ciblés, le gouvernement acte la fin du quoi qu’il en coûte

Le plan d’aides aux entreprises de 70 millions pour face à la hausse des prix des carburants, annoncé par le gouvernement vendredi ne satisfait ni les agriculteurs, ni les transporteurs, ni les pêcheurs concernés. 5 ans après le quoi qu’il en coûte de la crise Covid et trois ans après le bouclier tarifaire de la guerre en Ukraine, le gouvernement a-t-il les moyens de faire autrement qu’avoir recours à des aides ciblées ?

Le